Enquête, tome IV, p
S. Garnier, Let volontaires du génie dans l'Est, p. isa.
Nolay à Autun Uofficier d'ordonnance du général Bossak. Un autre (14 janvier) conduit la brigade Bossak de Nolay à Epinac (13 kilomètres). Malgré les ordres du ministre qui réservait à Tannée de TEst les deux lignes d'Etang à Chagny, Bordone y requit des transports à plusieurs reprises, non sans menacer le personnel du chemin de fer. Le colonel Lobbia répondait à Tun des agents de celui-ci: « Le ministre n'a pas le droit d'empêcher un transport commandé par GaribaldiV>
Les causes qui viennent d'être énumérées devaient fatalement diminuer le rôle,^ déjà restreint, que la force numérique de l'armée des Vosges lui réservait dans la défense nationale. Au commencement de novembre, lorsque la Délégation prit le parti d'abandonner le Jura, Garibaldi ne disposait à Dole que de quelques milliers d'hommes. Sur l'invitation du Gouvernement, il résolut de se conformer au mouvement de Crouzat et de porter l'armée à Autun. Il y serait à proximité du Morvan, que la Délégation l'engageait à défendre. Il pourrait aisément marcher sur Dijon, Chagny, Chalon ou Nevers, c'est-à-dire intervenir sur la Loire ou la Saône.
L'armée des Vosges, laissant une faible arrière-garde à Dole, se mit en mouvement à la même date que Crouzat, le 8 novembre. Mais elle fut transportée presque tout entière par voie ferrée. Les 9 et 10 novembre, Garibaldi concentrait à Autun environ 6,000 hommes, partagés en deux brigades; celles-ci étaient commandées par un ancien officier russe, le général Bossak-Haucké, et par le colonel Delpech. Une 3' et une 4* brigade, celles de Menotti et de Ricciotti, deux fils de Garibaldi, étaient encore en formation. Vers le 14 novembre, Bossak et Delpech gardaient l'intervalle de Nolay à Amay-le-Duc par Epinac ; ils poussaient leurs reconnaissances jusqu'à Bligny-sur-Ouche et Sombernon.
La brigade Menotti était encore en formation à Autun,
1. Enquête, tome III, p. 189, Note sur les mouvements de V armée des Vosges, par M. de la Taille, inspecteur du chemin de fer P.-L.-M., à Autun.
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ainsi que d'autres troupes non embrigadées. Quant à celle de Ricciotti , 700 hommes seulement répartis en neuf corps différents', elle marchait déjà sur Château -Chinon, ayec ordre de pousser des pointes vers Saulieu, Montbard, Châtillon-sur-Seîne. Par ces démonstrations Garibaldi comptait attirer l'attention des Allemands; puis il se porterait rapidement sur Dijon avec le gros de ses forces et enlèverait cette ville par surprise. La faiblesse numérique de l'armée des Vosges rendait ce projet d'une exécution difficile.
Le 14 novembre, la brigade Bossak se dirigeait à son tour vers Montbard pour soutenir Ricciotti ; elle forçait sa marche, en faisant transporter son avant-garde en charrettes. Quant à Ricciotti, il menait très habilement sa pointe vers le nord. Dans la matinée du 19 novembre, il surprenait à Châtillonsur-Seine, à plus de 120 kilomètres de son point de départ, trois compagnies de landwehr et un escadron de réserve, environ 500 hommes et 250 chevaux. Deux colonnes pénétraient à la fois dans le bourg par les routes de Montbard et de Tonnerre, tandis qu'un corps franc les flanquait à droite. Les Allemands, qui se gardaient fort mal, étaient dispersés après un court combat. Les 400 Garibaldiens qui avaient pris part à Tattaque perdaient 6 morts et 10 blessés; l'ennemi laissait entre nos mains 10 officiers et 186 hommes, dont 167 prisonniers, 86 chevaux et 5 voitures.
Après ce brillant coup de main, Ricciotti battait en retraite sur Montbard, et les Allemands, revenus de Châteauvillain, reparaissaient à Châtillon. Fidèles à leurs traditions impitoyables, ils faisaient expier à une population tout à fait inoffensive la négligence de leur service de sûreté. Loin de prendre la moindre part au combat, elle avait plutôt cherché, par crainte de représailles, à faire évader les prisonniers*. Pourtant Tennemi brûla iroh maisons et en pilla plusieurs autres; 150 citoyens furent pris comme otages, parmi les-
i. Chasseurs des Alpes, de l'Isère ; francs-tireurs dauphinois , des Vosges, de Dôle ; éclaireurs du Doubs ; chasseurs du Havre; bataillon Nicolaï; cavaliers éclaireurs (Dumas).