‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 38 sur 165 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

COMBAT DE CHATEAUNEUP

La âiviflion Cremer. — Crévisier. — l«r combat de Nnits (30 novembre). — Combat de Ohâteanacuf. — Projets de diversion dans l'Est.

Pendant que ces événements se pass«aient au sud-ouest de Dijon, Cremer concentrait quelques milliers d^hommes au sud de cette ville. Le 27 novembre, la !'• légion du Rhône était à Verdun-sur-Saône ; le bataillon des mobiles de la Gironde à Beaune, où arrivait également la 2* légion du Rhône. Enfin deux bataillons de mobilisés de Saône-et-Loire, ceuxci faisait partie des troupes du général Pellissier, étaient aussi à Beaune. Le corps franc des Vosges, indépendant à la fois de Garibaldi, de Cremer et de Pellissier, stationnait vers Gevrey depuis le 24.

Ainsi qu'il s'y était engagé, Cremer télégraphiait à Garibaldi que, le 28 au soir, il aurait un bataillon à Nuits et cinq à Beaune; le lendemain 29, la 1" légion du Rhône serait à Tart-le-Haut, au sud-est de Dijon, et Tattaque concentrique de cette ville pourrait avoir lieu à cette date.

En effet, le 28, la 1" légion du Rhône quittait Verdun pour aller cantonner à Touest de Saint -Jean-de-Losne. Le bataillon de la Gironde et la 2* légion du Rhône étaient concentrés à Nuits. Mais, dans la soirée survenait le général Crévisier auquel, on s'en souvient, Cremer était subordonné. Il crut devoir ordonner la retraite immédiate sur Beaune et, malgré la proximité de cette ville, 15 kilomètres environ, il fit monter, séance tenante, les troupes dans des trains qu'il amenait avec lui. De même, la 1'* légion du Rhône dut se replier, le 29, aux environs de Seurre.

Ces mouvements rétrogrades, survenus d'une façon aussi imprévue, soulevèrent de violentes protestations. Les mobilisés du Rhône, fort peu disciplinés, ne se firent pas faute « d'exprimer hautement leur mécontentement ».

56 KUITS, VILLEBSEXEL.

Le commandement des troupes de la Saône était alors livré à une véritable anarchie. « On ne savait ni qui commandait, ni à qui obéir*. » Les généraux BressoUes, Crévisier, Cremer et Peilissier avaient des attributions si confuses, si mal délimitées que des conflits étaient inévitables. Cremer en souleva un aussitôt. Il rendit compte au commandant du territoire, général BressoUes, des ordres de Crévisier et de leur déplorable eflfet, demandant à reprendre son grade dans les troupes régulières, s'il devait demeurer sous la dépendance de son chef actuel. BressoUes appela Crévisier à Lyon et confirma Cremer dans le commandement des deux légions du Rhône. Mais cette lamentable aflfaire ne s'arrêta pas là, et Crévisier refusa de s'incliner devant les ordres de BressoUes. Il infligea même quinze jours d'arrêt de rigueur à Cremer, qui dut recourir à ses mobilisés pour échapper aux gendarmes * ! Cependant, avec l'aide de la Délégation, Cremer finit par triompher dans la lutte qu'il avait engagée contre son chef direct. Dès le 29, il télégraphiait "à Garibaldi qu'il reprenait son commandement, et qu'il allait se reporter vers le nord pour le dégager. En effet, il prescrivit à la 1" légion de marcher sur Beaune, tandis que la 2^ et le bataillon de la Gironde réoccuperaient Nuits. Puis ces sept bataillons se porteraient simultanément sur Dijon.

Ces ordres furent exécutés, mais, au lieu de diriger sur Nuits les quatre derniers de ces bataillons, qui étaient répartis entre Beaune et Seurre, Cremer crut devoir les ramener à Beaune, pour les faire transporter à Nuits par voie ferrée. De cet ordre inexplicable résulta une grande perte de temps.

Cependant Werder ordonnait (30 novembre) un mouvement semblable sur Nuits. De Metz, le général v. Zastrow, commandant le VIP cofps prussien, l'informait (29 novembre) qu'il venait de recevoir (27 novembre) l'ordre do se porter

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