‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 39 sur 165 · Peilissier, Les mobilisé» de Saône-et-Loire en · texte numérisé non relu

Peilissier, Les mobilisé» de Saône-et-Loire en

2. Ferrer, Historique de la 2« légion du Rh&ne, p. 39. Au lieu de se rendre à Lyon, Crévisier alla à Tours où il fut révoqué pour indiscipline le 6 décembre.

COMBAT DE CHATEAUNEUP. 57

sur Châtillon-sur-Seine, pour garder la ligne d'étapes de la II* armée et assurer la liaison entre celle-ci et le XIV' corps. Ce dernier allait être déchargé du soin de garder le flanc gauche de Frédéric -Charles, ce qui lui permettrait d'agir plus énergiquement sur la Saône*. Des francs -tireurs (du corps Bourras) ayant été vus vers Nuits , Werder prescrivit pour le 30 novembre une forte reconnaissance dans cette direction. Elle pourrait même être prolongée le 1*' décembre jusqu'à Beaune.

Le 30, dans la matinée, la colonne allemande (10 compagnies, 4 pelotons de cavalerie, 6 pièces) refoulait de Nuits, sans difficulté, les francs -tireurs des Pyrénées -Orientales. Ils se retirèrent sur le plateau de Chaux, à l'ouest de la ville. Sur ces entrefaites (t heure), la 2* légion du Rhône arrivait de Beaune à Comblanchien et était informée de la prise de Nuits. Elle poussait alors jusqu'à Fremeaux; puis deux de ses bataillons dirigeaient une attaque au sud de la ville ; le troisième et 1,300 hommes du corps Bourras attaquaient en même temps par l'ouest*. Quoique nous fussions sans artillerie, les Allemands fusillés à courte distance du plateau de Chaux se retirèrent rapidement, après avoir subi quelques pertes. Les nôtres étaient insignifiantes.

Nous avons vu que cet échec eut pour conséquence première l'abandon de l'attaque d'Autun' et le rappel de Keller à Dijon (1*' décembre). Naturellement Cremer ignorait encore ces faits. Il apprenait même le 1"' décembre seulement, à Nuits, la retraite de Garibaldi jusqu'à Autun, et la pointe de Keller à sa poursuite. Déjà il avait demandé au général

1. Un fort détachement (4 bataillons, l escadron, i batterie), colonel Osteu- Sacken, fut dirigé par chemin de fer sur Doi^eux, les 88 et 29 novembre. Le reste du VU" corps atteignit, avant le 9 décembre, la ligne Chaumont-Joinville (Lôhlein).

2. Les tirailleurs des Cévennes (Thibaud) et les francs-tireurs de la Mort d'Alger (Hérillier) marchaient avec la 2« légion du Rhône. L'ennemi perdit 8 officiers et 42 hommes ; la 2« légion, sans le corps Bourras, 2 tués et 2 blessés.

3. Avec une modestie qui ne leur est pas ordinaire, Cremer et PouUet attribuent la retraite de Keller uniquement à la résistance de Tarmée des Vosges. Mais le contraire résulte neltement de la dépêche de Werder que nous avons citée.

Pellissier (30 novembre) de porter tous les renforts dont il pourrait disposer sur la route de Beaune à Bligny-sur-Ouche ' . Mais la !'• légion du Rhône n'atteignît Beaune que le soir du 1*' décembre, ce qui obligea Cremer de remettre au 2 son mouvement sur les communications de Keller. Il donna à sa brigade, fractionnée en deux colonnes, Tordre de se porter vers Bligny et Lusigny. Pendant l'exécution de ce mouvement, il apprit la retraite de Keller sur Dijon (3 décembre).

L'ennemi suivait la route d'Autun à Dijon, par Arnayle-Duc et Sombernon. Cremer résolut de faire occuper par une partie.de ses troupes les abords de Châteauneuf, qui commandent cette route ; le reste attaquerait Keller en queue.

Le 3 décembre, de grand matin, la V^ légion du Rhône se portait sur Châteauneuf par Pont-d'Ouche, avec sa batterie ; en même temps la 2* légion, le bataillon de la Gironde, les chasseurs volontaires du Rhône (3 compagnies et 2 pièces de montagne), se dirigeaient surVandenesse par Sainte-Sabine. Cremer avait adjoint à cette dernière colonne des mobilisés de Saône-et-Loire, auxquels leur piteux aspect valait le nom de bataillon de la misère. A peu près sans uniformes, armés de fusils à piston, ils étaient presque tous en sabots.

Le projet de Cremer ne réussit qu'en partie. Après avoir quitté Amay-le-Duc, l'ennemi fut, il est vrai, accueilli par une vive canonnade partie des hauteurs de Châteauneuf, tandis qu'il était attaqué en queue par la 2" légion. Mais Keller jeta deux de ses bataillons à l'assaut de ces hauteurs; un troisième maintenait la 2" légion vers Sainte-Sabine. Grâce à cette attitude énergique, et surtout à leur supériorité en artillerie, les Allemands parvinrent à s'ouvrir passage ; leurs pertes, relativement considérables'*, étaient beaucoup moindres qu'elles n'auraient pu l'être, si notre attaque eût été

1. 2 bataillons de mobilisés de Saône-el -Loire étaient à Beaune el à Bessey;- 2 à Aulun; 2 à Chagny; i autre arriva à Autun le 3 décembre (Dumas).

2. 165 hommes dont 72 prisonniers. Nous eûmes 5 tués et 25 blessés, dont 1 blessé seulement à la 20 légion du Bhône (Dumas). D'après le colonel Poulie!, nous aurions eu 16 tués et 35 blessés (Enquête, tome VU, p. 3).

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