‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 40 sur 165 · COMBAT DE CHATEAUNEUF · texte numérisé non relu

COMBAT DE CHATEAUNEUF

menée avec plus d'ensemble, et si ^los troupes eussent montré plus d'élan et de solidité.

Après ce combat, Cremer revint à Bligny (4 décembre) ; le 5, la 1'* légion du Rhône, les mobiles de la Gironde et des corps francs étaient à Beaune ; la 2° légion, au sud de Nuits, avait ses avant-postes à JPremeaux. Cette situation se prolongea durant quelques jours \

La Délégation avait signalé à Garibaldi et à Cremer l'arrivée des troupes de Zastrow sur la haute Seine. Aussi redoutait-on, plus que jamais, un mouvement de Tennemî sur le Creuset; il eut été justifié par l'importance de ce centre industriel pour la défense nationale^ Dans cette prévision, Cremer ramenait une partie de ses troupes de Nuits à Beaune .

Mais Werder ne songeait nullement à prendre l'oflfensiva vers Lyon. L'objet de ses plus vives préoccupations était alors la difiiculté de faire vivre le XIV® corps, dans un pays ruiné par les réquisitions et manquant entièrement de fourrages à la suite d'une sécheresse exceptionnelle. Même les chevaux du quartier général étaient réduits à une demi-ratîon de foin, en attendant qu'ils le fussent à un quart. La paille faisait entièrement défaut. Aussi les chevaux dépérissaient-ils si rapidement qu'il fallait atteler les ambulances aux dépens des colonnes de munitions. La neige, qui tomba constamment du 6 au 10 décembre, accroissait encore ces difficultés, rendues déjà plus aiguës par l'insécurité des routes d'étapes. Les garnisons de Langres, de Besançon et d'Auxonne gênaient sensiblement la marche des convois. Ainsi, le 2 décembre, 109 prisonniers français furent délivrés entre Fresne et Vesoul par un détachement parti de Besançon. Le 12, d'autres coureurs de la même place dispersaient près de Vellexon une colonne de convalescents et étaient sur le point d'enlever le général v. Beyer qui rentrait en Allemagne^.

1. Un détail donnera une haute idée de radministratîon militaire d'alors. A Beaune, Cremer recevait son pain de Lyon (Télégramme de Cremer à Bressolies, 11 décembre).

2. Télégrammes de Brossollcs à Bordone et de Cremer à Garibaldi (5 décembre).

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