‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 42 sur 165 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

PKOJETS d'expédition DANS l'e^T

lastraetions de Moltke i Werder. — Oremer et Oaribaldi. — Oonférenee du 12 décembre. — KouveUes iustractions de Moltke. — Projets de diversion dans l'Est, — Gai ibaldi et la Délégation. •

A la suite du mouvement de Cremer sur Nuits, Werder concentrait de nouveau la plus grande partie du XIV* corps à Dijon. Puis la nécessité de renforcer les troupes laissées à Gray se fit sentir. Elles étaient trop faibles pour couvrir eflScacement la ligne d'étapes contre les entreprises des garnisons de Besançon et d'Auxonne. Werder reporta donc vers Gray les fractions de la 4® division de réserve (3 bataillons et demi, 1 escadron, 2 batteries), qui étaient venues à Dijon dans les premiers jours de décembre.

Sur les entrefaites (8 décembre), le général de Moltke invitait Werder à faire observer Langres , dont la garnison avait, elle aussi, dirigé plusieurs coups de main sur les gîtes d'étapes ou les convois allemands. A cette date même, deux compagnies de landwehr étaient attaquées à Château-Villaîn par quatre compagnies de mobiles de la Haute-Marne. Cellesci se retiraient après un vif combat, non sans avoir détruit une certaine quantité de matériel. Une nouvelle tentative, faîte le 9 sur la voie ferrée, était arrêtée par Tarrivée d'un bataillon venant de Chaumont *.

Par suite, Werder portait de nouveaux détachements sur Cômbeaufontaine , Champlitte et Thil-Châtel. Enfin, le VII" corps observait Langres vers l'ouest.

Comme nous Pavons dit, ce corps d'armée, resté tout d'abord autour de Metz, pour surveiller l'évacuation de la masse immense de prisonniers que la capitulation de Bazaine livrait aux Allemands, avait reçu (27 novembre) Tordre de se porter

1 . Étal-major prussien, tome V, p. 1349 ; Historique de Vartillerie de la mor rine. Celte tentative était dirigée par le capitaine d'artillerie Javouliey.

dans Tintervalle du XIV' corps et de la IP armée, sur la haute Seine et la haute Marne. La 13* division d'infanterie, Tartillerie de corps, sauf deux batteries, et un régiment de uhlans de réserve se dirigèrent sur Chaumont et Châtillonsur-Seine; leur gauche s'étendait jusqu'à Arc-en-Barrois.

Le 10 décembre, Zastrow reçut ordre de s'attacher surtout à couvrir la ligne ferrée qui va de ChâtîUon, par Nuits-sous- Ravières, à Joigny. Elle était destinée à servir de ligne d'étapes à la II** armée qui, jusqu'alors, avait utilisé dans ce but le chemin de fer de Wissembourg à Nanteuil, commun aux II®, IIP et IV*' armées. Zastrow concentra donc le gros de ses forces à Châtillon, avec un détachement à Ravières.

Cependant les troupes de Cremer et de Garibaldi gardaient une attitude purement défensive. A part des escarmouches au sud de Dijon contre des francs-tireurs, aucun incident ne survenait dans cette région et Werder pouvait accorder quelque repos au XIV* corps ^ .

De notre côté, les premiers jours qui suivirent le 5 décembre furent consacrés par Cremer à des mouvements sans but déterminé, qui n'eurent d'autre résultat que de fatiguer ses troupes*. Celles-ci recevaient des renforts : le 9 décembre, le 32** de marche, une batterie de 4, une compagnie de volontaires du Rhône, arrivaient à Beaune ; le 12, une nouvelle batterie de 4 et le 57" de marche ralliaient à Meursault le gros de la division*. L'organisation de ce dernier corps

1. Le général v. Glùmer reprenait le 10 décembre le commandement de la division badoîse, en remplacement de v. Beyer, qui redevenait le ministre de la guerre du grand-duché. Le colonel v. Willisen remplaçait (13 décembre) lo général v. La Roche à la brigade de cavalerie badoise. L'un des 3 régiments dû cette brigade, le s» dragons, était réparti entre les 3 briglEules d'infanterie ; chacune d'elle recevait une batterie et le reste formait une Àbtheilung divisionnaire (État-major prussien, tome IV, p. 636).

2. Le 7, sur un ordre de Bressolles, Cremer dirigea vers La Doix, par voie ferrée, la 2® légion du RhAne. Elle y demeura jusqu'au lo, puis rentra dans Beaune, mais pour en repartir 2 jours après. Elle marcha vers Nuits, n'atteignit pas cette ville, revint à Beaune, puis à La Doix, le 13, et alla, le 14, à Premeaux, Comblanchien et Quincey (Ferrer, Historique de la 2« légion du Rhône). L'effectif de la 2^ légion était do 75 officiers et 2,831 hommes, le 7.

3. Le ministre avait décidé de constituer pour Cremer une division qu'il destina d'abord à faire partie du corps d'armée de Bressolles (24« corps), et qui demeura indépendante.

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