Enquête, tome III, p
qui avaient pu comparer la réalité aux bulletins, marcheraient sous ses ordres avec la plus extrême répugnance. Rolland terminait en insistant sur la nécessité de désigner un autre général pour l'expédition projetée*.
On doit ajouter que cette répugnance des troupes, fort explicable en soi, ne pouvait être telle qu'elle interdît au ministre de faire choix de Garîbaldi, si ce choix s'imposait à lui. L'intérêt de la défense nationale primait toute autre considération ; du moins il l'aurait dû. D'ailleurs, la Délégation ne renonça pas de prime abord à ses projets et, le 14 décembre, M. de Freycinet télégraphiait à Gambetta, alors à Bourges, auprès de la 1" armée : « J'ai reçu aujourd'hui le chef d'état-major de BressoUes. C'est prodigieux, même chez nos généraux les plus intelligents, le manque d'initiative !.... On peut espérer maintenant que, dans quelques jours, cette armée sera prête, mais c'est plus long que cela n'aurait dû être. . . . Vraiment le Sud-Est ne prend pas assez de part à la défense.
« Quant à Garibaldi, j'éprouve une difficulté toute spéciale à le renforcer. La plupart des mobilisés auxquels je m'adresse refusent absolument d'aller auprès du général. ... * »
Sur ces entrefaîtes, BressoUes prescrivait à Cremer de se concentrer, pour eflfectuer, de concert avec Garibaldi, une attaque sur Dijon, qui eût sans doute servi de prologue à la grande action oflfensive si instamment réclamée par la Délégation. La division Cremer fut donc réunie autour de Nuits, à l'exception du 57® de marche qui restait encore à Beaune. En même temps (14 décembre), Cremer demandait à Garibaldi sa coopération pour une attaque immédiate'. Mais à ce moment Bordene était à Bordeaux, cherchant à obtenir définitivement pour Garibaldi la direction du mouvement projeté dans l'Est, et le général ne voulait ni ne pouvait rien