‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 49 sur 165 · Enquête, tome III, p · texte numérisé non relu

Enquête, tome III, p

3. A en croire Cremer et PoiiUet (p. 339), le général Cremer, informé de l'intenlion où était Werder de l'attaquer à Nuits,, aurait pris ses dispositions dans cette prévision. En réalité, il s'attendait si peu à être attaqué qu'il laissa le 57« à Beaune et ne l'appela Nuits à que pendant le combat du 18 décembre.

PROJETS d'expédition DANS l'eST. 69

aventurer en Tabsence de son chef d'état-major. Un moment, on put croire que les désirs de Bordone allaient être comblés. Le 16, il télégraphiait à Garibaldi : « Ministère désire que nous nous préparions à inarcher vers le? Vosges, et que nous le fassions en dehors de toute ingérence et dans une indépendance parfaite ; pour cela nous devrons utiliser, tant que nous pourrons, les voies ferrées, tandis que Cremer et BressoUes feront une démonstration vers Dijon et Langres, pour

couvrir notre mouvement * » L'état-major de Garibaldi

prenait même des mesures d'exécution, en informant M. de la Taille, inspecteur du chemin de fer à Autun, que, le 18 décembre, toute Tarmée devrait être transportée par voie ferrée sur Lons-le-Saulnier, Poligny, Arbois et Mouchard. Le matériel nécessaire fut aussitôt réuni à Autun, mais un contre-ordre survint le 17*.

En eflfet, la diversion projetée dans TEst allait prendre une bien autre importance, au détriment de Taction propre de Tarmée des Vosges. Garibaldi et surtout Bordone devaient en être cruellement atteints dans leur orgueil. Il ne faut pas chercher plus loin les motifs de leur attitude si singulière pendant la fin de décembre et la première quinzaine de janvier. Ils ne prennent part qu'à contre-cœur, en se portant sur Dijon, à notre mouvement général d'offensive. A Dijon même, ils restent inactifs au lieu de faire des démonstrations vers le nord, comme il ét.iit convenu. Enfin, ils laissent défiler sous leurs yeux les corps de Manteuflfel, sans rien tenter pour ralentir leur marche. C'est ainsi que de mesquines questions personnelles contribuèrent au désastre où allait sombrer l'armée de l'Est.

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