Télégramme du 19 [Appendice Poullet, p
4. Télégramme du 19, 6i»35 soir (Enquête, tome III, p. 344) ; ce télégramme est daté par erreur du 6 décembre.
90 NUITS, VILLEESEXEL.
d'une victoire 1 Dès le 20, Peiiissier iaformait Cremer de la retraite deTennemi; des reconnaissances poussées vers Nuits en rapportaient la confirmation. Néanmoins nous ne tentions aucun mouvement sur Dijon. Les préparatifs exigés par l'expédition du général Bourbaki dans TEst avaient déjà commencé, et il eût été inutile, peut-être dangereux, d'éveiller l'attention de l'ennemi. D'ailleurs, la coopération de l'armée des Vosges eût été indispensable, et l'organisme complexe qui portait ce nom traversait alors une de ses crises habituelles.
A la suite de difficultés survenues vers le 20 décembre avec le capitaine de vaisseau Pradier, qui commandait la subdivision de Saône -et- Loire, la santé de Garibaldi venait d'être grièvement atteinte. L'ingénieur Gauckler, le colonel Bordone rendaient compte à M. de Freycinet que le général était pour longtemps hors d'état d'exercer son commandement*. Bordone s'en acquittait pour lui, il est vrai, et cette situation n'avait rien qui pût surprendre. En réalité, la Délégation ne voyait dans Garibaldi qu'un nom universellement connu, l'une de ces bruyantes renommées faites pour imposer^à la foule. Elle redoutait de lui déplaire, de crainte de s'aliéner les sympathies des partis avancés, qu'elle s'efforçait toujours de ménager. Mais, suivant la forte expression du vieux condottiere lui-même, sa vaillante épée n'était plus qu'un bâton, et Bordone, nous l'avons dit, n'apportait pas à la direction de l'armée des Vosges un esprit dégagé de toute préoccupation personnelle. Il voyait avec regrets échapper à Garibaldi, c'est-à-dire à lui-même, la conduite de la grande expédition alors en préparation dans l'Est. Déjà M. de Freycinet s'étonnait de voir l'armée des Vosges rester enfermée dans Autun, sans qu'elle tentât de réoccuper Dijon. Il dépêchait auprès de Garibaldi l'un de ses confidents, M. de Serres, sur lequel nous aurons à revenir*. A la même date, Gambetta
1. Télégramme dus 20 et 81 décembre (Enquête, tome III, p. 850).
2. Télégramme du 2i décembre : « J'envoie prés de vous M. de Serres, pour examiner les questions pendantes et me proposer des solutions; mais, en attendant, il serait très utile que vous ne restiez pas enfermé dans Autun;