‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 61 sur 165 · Des Pallières, p · texte numérisé non relu

Des Pallières, p

2. Télégramme du 7, 4 heures du matin (Génëral d*Aurelle, La première armée de la Loire, p. 356).

3. VArmee-Abiheilung (Voir Campagne de la Loire en 1870-1871. Josnes, Vendôme, Le Mans).

RETRAITE DE LA 1" ARMEE SUR BOURGES. 99t

moralisation de nos troupes en retraite vers Salbris était.telle que Frédéric-Charles jugea possible de jeter à leur poursuite la 6* division de cavalerie, soutenue à distance par la 18® division d'infanterie \ L'autre division du IX® corps, la 25', suivrait au sud de la Loire, avec une brigade de cavalerie, le mouvement du grand-duc sur la rive droite. Le IIP corps, couvert à gauche par la 1" division de cavalerie, pousserait le 6 jusqu'à Châteauneuf. La cavalerie allemande s'attacherait à détruire avant le 8 les voies ferrées autour de Vierzon.

Le 6 décembre ces ordres recevaient un commencement d'exécution. Le IIP corps, qui ne rencontrait que des traînards, poussait son avant-garde jusqu'à Saint- Aignan-des- Gués. A sa gauche, la P® division de cavalerie chassait de Montargis quelques francs -tireurs. Dans la direction de Vierzon, un régiment hessois, le V de cavalerie, trouvait évacué le village de la Ferté-Saint- Aubin, encore occupé la veille au soir par de l'infanterie en formation régulière. Il capturait des centaines de traînards, puis rejoignait vers Cléry la 25* division avec laquelle il allait descendre le val de la Loire. Le 6® dragons prussien, qui le remplaçait à Tavantgarde, pénétrait le soir du 6 jusque vers la Motte -Beuvron.

Le grand quartier général et l'état-major du 15* corps y avaient passé la nuit du 5 au 6; puis le gros de nos troupes en était parti pour Salbris dans la matinée. L'arrière-garde' occupait encore la Motte-Beuvron, quand déboucha l'avantgarde allemande. Celle-ci fit canonner le village par ses deux batteries, mais sans succès. Elle se retira ensuite jusqu'au Cosson, où était arrivé le reste de la 6® division de cavalerie. Quant à notre arrière-garde, elle passa la nuit à N ouan-le-Fuselier .

1. L'ordre du 5 au soir portait qu'une seule brigade de la 6« division prendrait pari à celte poursuite; le 6, à midi, Frédéric-Charles y affecta la division entière (État-major prussien, tome IV, p. 637; Monographies de l'État-major prussien. Opérations de la 6« division de cavalerie en Sologne).

3. Trois régiments de cavalerie, dont le 6« dragons; le 38^ de ligne, i batterie à cheval et 2 sections de la 18« batterie du 2» régiment (Des Pallières, p. 250).

A Salbris, des Pallières tenta de remettre un peu d*ordre dans rimmense cohue que formaient nos troupes. Par ses ordres, les fractions du 15* corps bivouaquèrent sur la route d' Aubigny- Ville ; celles des 16* et 17* corps sur celle de Romorantin. Il dirigea sur Vierzon un bataillon d'infanterie de marine, dont le chef, commandant Laurent, reçut les ordres les plus sévères : il devait débarrasser la ville des milliers de fuyards qui Tavaient envahie *•

De leur côté, les 18* et 20* corps rétrogradaient également sur Gien et Argent. Le gros du 18® remontait la Loire de Sully à Gien et bivouaquait autour de cette ville, couvert d'un détachement jeté sur la rive droite de la Loire. La 2* division, seule, marchait de Sully par Cerdon, sur Autry au sud de Gien; derrière elle, la légion bretonne brûlait le pont suspendu de Sully (nuit du 6 au 7).

Quant au 20* corps, il quittait Viglain dans la matinée pour se porter sur Argent.

Jusqu'alors notre retraite s'était accomplie avec un ordre relatif. Nos trois corps d'armée occupaient de Gien à Salbris un front de 50 kilomètres environ ; ils étaient poursuivis par des forces insignifiantes. Dans ces conditions il n'est pas exagéré de dire, comme le général d'Aurelle, que l'armée aurait pu être réorganisée et reprendre Tofifensive vers le 10 ou le 11 décembre. Il comptait concentrer les 15*, 16*, 17', 18* et 20* corps de Romorantin à Aubigny-Ville. Même après nos échecs, Tarmée eût encore présenté un front redoutable*. Il est vrai que Chanzy allait être trop vivement pressé par le grand-duc de Mecklembourg, pour risquer de traverser la Loire et de gagner Romorantin en sa présence. De plus, et surtout, ni des Pallières, ni Bourbaki n'étaient hommes à concevoir un projet énergique et à s'y tenir. Enfin, devant des difficultés d'exécution qu'il n'avait pas prévues, M. de Freycinet se voyait contraint de modifier à nouveau ses instructions de la veille, au risque d'accroître encore le désordre.

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