‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 63 sur 165 · Des Pallières, p · texte numérisé non relu

Des Pallières, p

a. Le divisionnaire Peylavin, des fractions des 16« de ligne, 33« de marclie, 320 mobiles (Puy-de-Dôme) et la 18® batterie du io(> régiment avaient suivi la retraite de Chanzy. A Tezception de Peylavin, qui rejoignit la i^* armée à Bourges, ces fractions partagèrent désormais le sort de la 2« armée. :

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sans même recevoir un coup de feu. C'est au retour seule- .ment qu'un soldat du 38* de ligne, nommé Grand, aidé de quelques camarades, fusilla au passage les cavaliers prussiens et en tua ou blessa plusieurs \ Mais deux compagnies d'infanterie et une batterie à cheval adjointes à la cavalerie prussienne intervinrent avec un tel succès que notre arrièregarde battit aussitôt en retraite, pour s'arrêter seulement au pont de Salbris où elle fut recueillie par le 2* zouaves de marche et le 29* mobiles (Maine-et-Loire). La 6* division, qui la poursuivait, ne put aller plus loin et revint cantonner à Nouan. Cette échauffourée faisait peu d'honneur à nos troupes; le 2" zouaves, notamment, avait brûlé, sans utilité, une infinité de cartouches.

Le combat de Nouan ralentit encore le mouvement du 15* coi'ps sur Aubigny ', qui dut se faire, en grande partie, de nuit. L'arrièrc-garde partit de Salbris à 6 heures du soir seulement. La neige tombait; le vent, très violent, soufflait de l'est, dans une direction opposée à la marche. On mit quatorze heures à atteindre Aubigny. Quantité d'hommes s'étaient couchés dans la neige pour ne plus se relever'.

La retraite de la 3" division sur Vierzon s'accomplissait dans des conditions encore plus lamentables. Dès le soir du 6, une cohue de fuyards emplissait cette ville; des détachements entiers de mobiles, comptant jusqu'à 300 hommes, figuraient parmi eux; dans un seul hôtel on trouva 34 officiers, dont un capitaine de chasseurs, qui prétendait représenter à lui seul les débris d'un bataillon.

Le commandant Laurent tenta le 7 de faire embarquer pour Tours les isolés du 16* corps ; ce fut l'occasion d'une

1. V Historique du 38^ (capitaine d'Izarny-Gargas), porte à tort ce combat comme étant du 6 (État-major prussien, tome IV , p. 638).

2. Bien que, d*apiès des Palliôres, ce mouvement ait été prescrit seulement le 7, après 5 lieures du «soir, les historiques des 38«, 39* de ligne et 29* de mobiles montrent qu une partie au moins des i^ et 8* divisions se mit en marche dans l'après-midi.

3. Dumas, les Mobiles de Maine-et-Loire. — Des Palliéres avait télégraphié à Crouzal de faire préparer 86,000 râlions pour le 15» corps à Aubigny. Crouzat répondit quMl y avait impossibilité absolue (7 décembre, 71^,05 soir) [des Pallibres, p. .281].

véritable émeuts ; même des officiers le menacèrent de mort. Il fallut recourir à la force pour le protéger. Cette évacuation n'était pas terminée quand survint une nouvelle cohue ; c'était la 3* division du 15® corps et les convois qu'elle escortait. Peu après le bruit courut que les Allemands étaient en vue. Aussitôt la gare se vida : personnel et matériel prirent la direction de Bourges. Quant à la ville, il n'y restait le lendemain matin (8 décembre) que des voitures de vivres déjà pillées par les maraudeurs ou par leurs conducteurs eux-mêmes. Le commandant Laurent ne crut pas devoir se maintenir davantage à Vierzon ou même* au sud, derrière le Cher. Il marcha sur Mehun, puis sur Bourges (8 décembre). Ainsi nous abandonnions à l'ennemi, sans brûler une amorce, l'importante gare de Vierzon et la route directe d'Orléans à Bourges \

Aux 18* et 20® corps les choses n'allaient pas mieux. Dans la matinée du 7, Bourbaki adressait au ministre un télégramme où l'idée de la retraite était, pour la première fois, nettement affirmée. Pour lui, il y avait lieu de se retirer sans retard sur Bourges ou sur Nevers par la rive gauche de la Loire, après avoir fait sauter le pont de Gien. Alors seulement on parviendrait à réorganiser les troupes, à leur donner un repos indispensable et à éviter un désastre*.

Bien que ce programme fût loin de satisfaire le Délégué, il crut devoir l'accepter, du moins pour l'instant. Il autorisa Bourbaki à replier ses troupes vers le sud de façon à couvrir Bourges et Nevers; le 18* corps passerait sur la rive gauche de la Loire, dès que le général le jugerait nécessaire. Enfin M. de Freycinet confirmait le passage du 20* corps sous les ordres de Bourbaki. « Une fois que vous aurez tout réuni «ous votre main, je compte que vous serez réellement prêt pour une action décisive », ajoutait-iP.

1. Dans la jouruée du 7, des Palliéres prescrixit de suspendre l'évacuation ■de Vierzon, le 16« corps devant s'y rendre. Ce détail, tiré du rapport du commandant Laurent, montre la succession des projets de des Palliéres. 11 prescrit 4l*abord la retraite sur Vierzon, puis sur Aubigny.

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