LES PREMIERS COMBATS DANS HES VOSGES
efc PAube, à désarmer la population, à faire remettre en servic3, s'il était possible, la ligne ferrée de Blaînville, Epinal, Faverney, Chaumont. En même temps, il tenterait un coup de main sur Langres.
Le rétablissement des communications ferrées entre Blainville et Chaumont avait une importance d'autant plus grande que les Allemands disposaient d'une seule ligne*, celle de Wissembourg à Nanteuil, surchargée parles immenses transports que nécessitaient les troupes concentrées sous Paris. Il est aisé de concevoir combien son interruption leur eût été préjudiciable, et quel intérêt s'attachait pour eux à l'ouverture de nouvelles voies.
Cependant la 4® division de réserve pas,sait le Rhin en amont de Neuf-Brisach. Le 3 octobre, elle réoccupait Mulhouse sans plus de résistance qu'il n'y en avait eu le 16 septembre et détruisait de nouveau la ligne ferrée de cette ville à Belfort. Elle commençait ensuite l'investissement de Schlestadt et de Neuf-Brisach. Son arrivée dans la Haute- Alsace permettait à Werder de se mettre en mouvement vers l'ouest. Le 2 octobre, une brigade de toutes armes, général V. Degenfeld, quittait Mutzîg et Barr en deux colonnes, dirigées l'une sur Raon-l'Etape par Schb'meck, l'autre sur Etival par Senones. Le gros de la division badoise était concentré autour de Barr et de Mutzig, avec ordre de suivre la brigade Degenfeld. Les troupes prussiennes du XIV* corps prendraient ensuite la même direction.
La délégation de Tours avait déjà tenté d'accroître les moyens d'action, bien insuffisants, dont disposait alors Cambrîels. Le 2 octobre , une «forte brigade du lô** corps , celle du général Dupré, quittait Vierzon et était aussitôt dirigée sur Epinal par voie ferrée ; elle atteignait cette ville le 4. A la même date, le général Cambriels partait de Belfort pour se rendre aussi à Epinal. Il laissait le commandement de Belfort au général de Chargèfe, destiné lui-même à être presque aussitôt (7 octobre) remplacé par le général Crouzat.
1. Depuis le 23 septembre seulement, dale de la prise de Toul.
Ce dernier devait aussi passer quelques jours seulement à Belfort.
Au moment où les colonnes de Degenfeld déboucliaient devant nos avant-postes, Cambriels venait d'accepter le programme d'opérations suivant, dû au capitaine du génie Varaigne : on surveillerait avec un eflfectif aussi restreint que possible les passages des Vosges ; la partie active des troupes prendmit pour objectif lé tunnel de Lutzelbourg, entre Saveme et Lunéville*. La destruction de cet ouvrage /d'art paraissait, à bon droit, devoir être des plus sensibles à l'ennemi.
Mais l'intervention de Werder frappait ces projets d'impuissance, du njoins pour l'instanti Les colonnes de Degenfeld s'emparaient le 5 octobre de Raon-l'Étape et d'Etival, après avoir refoulé des francs-tireurs. Le général Dupré, qui atteignait Bruyères à la même date , cherchait inutilement à arrêter l'ennemi à la Bourgonce (6 octobre). Ses 9,000 à 10,000 hommes, pour la plupart gardes mobiles ou francstireurs, opposaient pourtant une vive résistahce. Un moment la situation de Degenfeld était même assez critique pour qu'il pût craindre un désastre*. L'arrivée de renforts allemands modifiait entièrement la face des choses. Dupré était contraint de se retirer sur Mont-de-Repos et Bruyères, derrière la Vologne, où Cambriels venait le rejoindre (7 octobre). Nous disposions alors d'une quinzaine de mille hommes. Le général décida de continuer à tenir tête aux Allemands, en défendant le terrain pied à pied. Il appela vers lui tout ce que Belfort put lui fournir de troupes à peu près aptes à tenir la campagne. La difficulté du pays favorisait cette attitude. En outre, aucune liaison n'existait entre Degeiffeld et le gros de Werder. Ainsi, la nouvelle du combat de la Bourgonce dut être portée à Schirmeck, quartier gé-
1. Capilaine Dumas, La guerre sur les commvnieation s allemandes. Le capitaine Varaigne, nommé ensuite colonel au titre auxiliaire, fut chef d'étalmajor du 20« corps; il commande aujourd'hui le î8® corps d'armée.
8. LôhlelQ (capitaine v.), Die Operalionen des Korps des Gênerais v, Werder, p. 21. L'ennemi perdit 431 hommes; nous eûmes 807 tués ou blessés et 639 disparus (Dumas).