‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 8 sur 165 · LES PREMIERS COMBATS DANS LES VOSGES · texte numérisé non relu

LES PREMIERS COMBATS DANS LES VOSGES

nêral du commandant du XIV® corps, par un Allemand déguisé en franc-tireur \ Mais la supériorité numérique de Tennemi, venant s'ajouter à nos autres causes d'infériorité, ne nous laissait aucune chance de succès définitif. Nous ne pouvions que disputer le terrain aux avant-gardes de Werdfir. De plus, l'état moral et matériel de nos troupes laissait grandement à désirer, et Cambriels put rapidement s'en convaincre. Dans une visite aux avant-postes, il constata que beaucoup de cartouches, transportées dans les étuis-musettes à défaut de havresacs et de cartouchières, étaient détrempées par les pluies continuelles des derniers jours. La diversité des munitions rendait tout ravitaillement des plus pénibles. La gravité de ces circonstances provoqua la réunion d'un conseil de guerre; il opina pour la retraite. Cambriels crut devoir la prescrire, non sur Belfort, périlleuse éventualité que fit écarter une dépêche du ministre, mais sur la . Haute -Saône, dans la direction de Remiremont, Faucogney, Lure, Besançon. Du moins, celle-ci nous garantissait du danger d'être coupé du reste de la France.

Notre mouvement rétrograde commença le soir du 11 octobre, après un nouveau combat à Bruyères. Il fut loin de se faire avec toute la régularité désirable. On dirigea sur Lure les moins mauvaises de nos troupes; le reste gagna Bonchamp, y embarqua ses éclopés, ses malades, ses bagages et atteignit la vallée du Doubs par Belfort et Montbéliard. Dans la nuit du 14 au 15, cinq trains apportèrent de L'Isle-sur-le- Doubs à Baume -les -Dames ou même à Besançon une foulo de soldats de toutes armes, presque sans officiers. Pour les corps qui suivirent les routes de terre, la retraite se fit dans des conditions à peine meilleures. Le mécontentement était unanime; des cris de trahison se faisaient entendre, même des menaces de mort contre le malheureux Cambriels*.

Pendant que nos troupes se ralliaient, tant bien que mal, autour de Besançon (14 au 17 octobre), les Allemands ne

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