‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 75 sur 165 · PROJET DE MOUVEMENT SUR M0NTARGI · texte numérisé non relu

PROJET DE MOUVEMENT SUR M0NTARGI

prescrire celle de ses troupes sur Bourges. Dès le 15 il donnait les ordres nécessaires, et le matin du 16 ses trois corps d'armée se mettaient en marche. Le 15* corps allait cantonner sur le Cher, vers Saint-Florent et Villeneuve ; le 20% au sud de Bourges, près Saint-.Tust; le 18*, à Test, vers Brécy. Ils devaient y rester, à part quelques modifications de détail, pendant les journées des 17 et 18 décembre.

A peine ces mouvements étaient-ils en voie d'exécution que se montraient à nouveau les conséquences du défaut d'entente entre Gambetta et Bourbaki. Sous la pression de M. de Freycinet, le ministre déclarait au général qu'il ne fallait songer ni à la retraite, ni au repos, mais à une forte diversion sur la rive droite de la Loire. Cette fois on marcherait dans la direction de Gien, afin de dégager Chanzy. Toutes les objections furent inutiles et Gambetta maintint cet ordre. Il fut convenu que l'armée se porterait sur la Loire, de La Charité à Nevers, et qu'elle irait de là vers Montargis, en essayant de prendre à revers les troupes allemandes qui remontaient le fleuve. Bourbaki donna des ordres en conséquence, mais les commandants de corps d'armée Jui firent observer aussitôt qu'il était indispensable d'accorder aux troupes une semaine de répits Bourbaki en rendit compte à Gambetta le lendemain de sa rentrée à Bourges (16 décembre, soir), ajoutant qu'il n'avait donné que deux jours de repos à l'armée, et qu'il avait provisoirement fixé au 19 le départ de la colonne ayant à parcourir le plus long itinéraire. Mais il demandait que cette date fût reportée au 20 ou même au 22.

Gambetta lui répondit le même jour (17 décembre), en faisant ressortir la situation critique de Chanzy, la nécessité de se hâter le plus possible. Aussi demandait-il que Bourbaki précipitât son mouvement sur Montargis plutôt que de le retarder. Il allait jusqu'à faire miroiter devant ses yeux la possibilité d'atteindre Fontainebleau presque sans coup férir. Il n'y avait pas un Allemand dans le département de Seineet-Marne, et Fontainebleau n'était qu'à deux étapes de Paris.

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