‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 76 sur 165 · D'Eichlhal, p · texte numérisé non relu

D'Eichlhal, p

GAMPAONS DK L.'b8T. — I.

'T^'^ -IHUBIJI

Afin de stimuler davantage son énergie, Gambetta lui accordait pleins pouvoirs pour la réquisition des moyens de transport ou des vivres. « N'oubliez pas surtout le cantonnement que je vous ai recommandé. Je ne peux m'empêcher de vous presser, de vous tourmenter, tant je sens les minutes précieuses. Je suis convaincu qu'en le faisant, je mets d'accord les intérêts de la République, de la France, de votre renommée. Aujourd'hui il faut faire dix fois son devoir pour le faire une fois. Songeons à Paris, qui se dévoue depuis quatre mois pour la France et qu'il est de notre honneur de secourir à tout prix*. »

Telle était la situation le 17 décembre. Bourbakise préparait, non sans répugnance, à entreprendre un nouveau mouvement offensif vers Montargis. A ce moment même Frédéric- Charles, prévoyant une entreprise de ce genre, reportait vers l'Est la majeure partie de la II* armée afin de s'y opposer. La rapidité avec laquelle les Allemands opéraient leur changement de front ne nous laissait aucune chance de succès.

Comme il avait été convenu, nos troupes gardèrent une immobilité à peu près complète les 17 et 18 décembre. Le 19 elles se mirent en marche sur La Charité et Nevers, pour y passer la Loire. Le 15* corps bivouaqua* aux abords de Bourges, entre les routes de Saint-Florent et de Saint-Amand ; le 18" corps s'établit de même vers Marcilly et le 20" aux environs d'Avord.

Mais ce même jour, 19 décembre, Gambetta et Bourbaki prenaient une résolution grave, qui modifiait entièrement les projets adoptés par eux et dont les conséquences devaient être décisives pour l'issue de la guerre.

1. D'EiclUhal, p. 167. Lettre de Gambetta à Bourbalci, 17 décembre. Le môme jour, le général Crouzal adressait au général de Loverdo le télégramme suivant ; il lui fait trop d'honneur pour ne pas être cité :

« Depuis hier je ne commande plus le 20« corps. C'est le général Clinchant. J*ignore les motifs de ma révocation ; mais n'importe, vive la France ! Je transmets à M. le général Clinchant votre dépêche du matin.... » [Enquête, tome IV, p. 881)

2. Malgré les ordres formels de Gambetta, plusieurs fois répétés, nos gdOiS. raux ne pouvaient renoncer à la funeste tradition du bivouac. Il serait aisé d'en citer beaucoup d'autres exemples.

Page 1