Juteau, Rapport sur la campagne de l'Est
ADOPTION d'un projet d'eXPÉDITION DANS L'EST. 133
région. Mais ce divisionnaire improvisé fut destitué peu après, et rien ne subsista de sa conception \
Son ancien subordonné Cremer nourrissait des ambitions non moins hautes. Dans un rapport adressé au général Bressolles (9 décembre), il proposait, lui aussi, de débloquer Belfort, mais en se donnant pour objectif principal de menacer les communications allemandes et de dégager Paris. Il eût voulu opérer avec un seul corps d'armée, en retenant Zastrow et Werder par de vives attaques dirigées sur Auxerre et Dijon. Il insistait sur Timportance stratégique de Dôie pour la sécurité de notre ligne de retraite, sur celle de Besançon, qu'il faudrait «bonder» de vivres et de munitions. Il réclamait la faveur de commander la division d'avant-garie et manifestait une foi absolue dans le succès : c Le terrain et la saison sont propices à mes desseins. Sans aucune forfanterie, je réponds de m'immortaliser'. »
Il n'était pas jusqu'à des fonctionnaires civils qui ne se missent en tête de proposer à la Délégation un projet d'opérations dans l'Est. Le secrétaire général du préfet de l'Indreet-Loire adressait le 10 décembre à Gambetta un télégramme lui exposant la nécessité de porter Bourbaki vers Langres, d'où il pourrait combiner un mouvement ave 3 l'armée de Paris, et même couper les communications de l'ennemi*.
On voit combien d'influences diverses intervinrent auprès de la] Délégation pour la déterminer à cette grande diversion. Après la défaite d'Orléans, quand apparut l'inanité des projets de marche directe sur Paris, la pensée d'une expédition vers les Vosges se précisa davantage. Le 12 décembre, Gambetta télégi'aphiait de Bourges à M. de Frey cinet : « J'ai trouvé les troupes dans un véritable état de