Garnier, p
LE COMMANDEMENT DE l'aUMÉE. 147
Dans un procès célèbre*, Bourbaki et le colonel Leperche ont déclaré que M. de SeiTes n'était jamais sorti de ses attributions, que loin d'avoir voulu imposer ses plans, il n'avait été qu'un subordonné zélé, modeste, intelligent. Le général a même insisté sur la modestie du jeune ingénieur. En réalité son eflfacement fut moins complet qu'on ne pourrait le croire d'après ces déclarations indulgentes. Ainsi Gambetta télégraphiait au général Bressolles (22 décembre) : « M. de Serres est mon délégué. Les instructions qu'il vous apporte sont les miennes propres. Veuillez les exécuter sans retard et avec la plus exacte ponctualité*. » A plusieurs reprises, notamment les 2 et 3 janvier, M. de Freycinet signala au jeune ingénieur le danger de jouer à l'armée un rôle trop actif. Il devait simplement fournir au quartier général des indications, au besoin des avis et même des conseils, ce qui dépassait de beaucoup le rôle d'intermédiaire auquel M. de Freycinet prétendait le ramener. Il correspondrait uniquement avec le Délégué. C'est à cela que devrait se borner son intervention, malgré son désir fort excusable de venir en aide «à la radicale insuffisance du général en chef». Mais c'est une tache impossible, ajoutait M. de Freycinet^.
Il résulte de documents positifs que M. de Serres était porteur d'un décret, dont la date avait été laissée en blanc et qui prononçait le remplacement de Bourbaki par une personnalité dont le choix n'était pas arrêté d'une façon définitive*. Ainsi
1. Lors du procès de M. de Serres et de Gremer, devant le conseil de guerre de Lyon (Affaire Arbinet).