Enquête, tome IV, p. 497, dépêche du 15 décembre
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le 22, il trouva le service fonctionnant comme à Tordinaire, et fut obligé de le suspendre jusqu'à Mâcon^ De son côté, Bourbaki signalait (23 décembre) la concentration du matériel comme entièrement manquée. Le même jour, à 6** 45 du soir, il n'avait été embarqué que dix batteries, deux escadrons et à peine la valeur d'une division d'infanterie. Aussi le général en chef ne pouvait-il maintenir bivouaqué aux abords de Saincaize le 20* corps, dont les souffrances étaient intolérables. Il prenait le parti de l'acheminer le long de la voie ferrée, dans la direction de Decize et d'Etang. On l'y embarquerait aussitôt que possible.
Ces difficultés imprévues irritèrent M. de Freycinet. Il proposait à Gambetta (22 décembre) de faire passer en cour martiale M. Audibert, directeur de la Compagnie de Lyon, quitte à le gracier après condamnation. Il télégraphiait aux deux directeurs intéressés (23 décembre) : « L'embarquement de nos troupes se fait avec une lenteur qui sera une étemelle honte pour ceux qui en sont la cause. ...» Il les suppliait « d'unir fraternellement leurs efforts pour mettre fin à des retards qui pourraient amener un irréparable désastre » . Le 30 décembre, il renouvelait ces plaintes et menaçait M. Audibert de faire exploiter par un commissaire le réseau de Lyon*.
L'intendant en chef Frlant était non moins sévère dans ses appréciations. Le 2 janvier, il se plaignait vivement au .ministre de la manière dont la Compagnie de Lyon exécutait les transports militaires. II signalait son personnel comme « inepte et insuffisant à Chalon, à Dôle et de Chalon à Dijon», Le 3, il télégraphiait à Bourbaki : « Les eiliployés du chemin de fer devraient tous être fusillés », et le ministre, s'adressant à Bourbaki, écrivait: «Il n'est pas possible que l'on se moque ainsi des immenses intérêts qui s'agitent en ce moment'. »
Un rapport de M. Lebleu, ingénieur des mines, chargé du
U Enquête, t. ]II, p. 253.