PouUoI, la Campagne de l'Est, p
l'armée est transportée sur la SAÔNE. 157
contrôle de la Compagnie de Lyon, porte sur le rôle de celleci un jugement très indulgent, sans doute, mais duquel la note juste se dégage aisément ^ : « Les employés de chemins de fer ont fait leur devoir, peut-être sans beaucoup d'ardeur et d'entrain, cependant d'une manière suffisante pour assurer le service s'il avait été convenablement organisé. Mais cette organisation même péchait par la base. . . . Un chemin de fer est un outil puissant et docile, mais qui doit être employé avec intelligence. Un personnel nombreux et discipliné est habitué à obéir à des ordres précis, émanés d'une direction unique -, il est complètement dévoyé lorsque des ordres, souvent contradictoires , lui arrivent de plusieurs côtés à la fois. »
En effet, non seulement les agents avaient à lutter contre les difficultés techniques, la rigueur de la saison, le défaut (le matériel ou d'installations suffisantes, ils étaient encore tiraillés entre les états-majors qui donnaient des ordres inexécutables, les officiers de troupe qui se désintéressaient du commandement ou émettaient des exigences inadmissibles, enfin l'artillerie ou Tintendance qui entendaient conserver sur roues, indéfiniment, les munitions et les vivres.
De ce désordre résultaient fatalement des encombrements, des retards qui se traduisaient par des souffrances incessantes pour les troupes. Que d'heures perdues aux abords des gares, à attendre le moment du départ, et dans les voitures en cours de route! La 1" légion du Rhône, arrivée le 28 à 11 heures du matin, à la gare de Beaune, y attendit jusqu'à 1 heure du matin le 29. Elle mit trente-six heures à atteindre Besançon.
La disposition des lignes ferrées et l'installation des gares n'étaient pas pour faciliter de grands transports. La station de La Charité, par exemple, et celle de Chagny étaient très sommairement installées. Les lignes de Ne vers et de Moulins à Chagny n'avaient qu'une seule voie. On prit le parti d'envoyer les trains chargés par la première et de faire revenir le matériel vide par Chagny, Moulins, Saincaize. Mais ce service fut si mal réglé que des accidents survinrent