‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 96 sur 165 · Cité par M. de Freycineï, p · texte numérisé non relu

Cité par M. de Freycineï, p

et, par suite, un encombrement eflfroyable. Des trains restèrent plus de quarante-huit heures arrêtés, c Nos pauvres soldats, immobiles, subissaient le supplice du froid dans de» wagons de marchandises ou de bestiaux, assis sur des planches de sapin qu'on avait posées à la hâte en guise de sièges. Il n'était pas besoin d'être chargé de la responsabilité du chef de corps pour en avoir le cœur serré. Quel oflScier n'a pas éprouvé ce sentiment navrant en circulant le long de son convoi arrêté, à la vue de tous ces malheureux bleuis et glacés par le froid, en écoutant, aus*sitôt que le bruit de la locomotive avait cessé, le bruit de la toux universelle qui ne cessait jamais ! Aussi combien d'hommes, à l'arrivée, ne fallait-il pas porter ou conduire à l'hôpital * ! » Des soldats moururent de froid et de faim en wagon*.

Ces lenteurs si fâcheuses furent encore accrues par de nouvelles modifications aux ordres donnés. Bourbaki voulut faire transporter à Auxonne et à Dole une partie des 18* et 20® corps, à peine débarquée à Chagny ou à Chalon. Pour un trajet aussi court, il eût été bien préférable de suivre les voies ordinaires. L'encombrement qui en résulta suffit à arrêter tout transport de ravitaillement. Il fut d'autant plus grand qu'à la fin de décembre le 24* corps était dirigé de Lyon et de la vallée de la Saône sur Besançon. Dijon étant encore occupé par l'ennemi, les trains militaires durent suivre la direction Bourg-Lons-le-Saulnier, c'est-à-dire décrire un long circuit ® sur une ligne à voie unique et de profil très accidenté. L'emploi du tronçon de Chalon à Dôle aurait très sensiblement raccourci ce trajet, mais il n'avait pas encore été livré par l'entrepreneur à la Compagnie de Lyon, qui ne mit aucun empressement à en faire usage. Il fallut que M. de Serres y improvisât un service régulier à dater du 28 décembre *. Une semaine plus tôt on eût ainsi grande-

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