Enquête, tome VI, p. I8, déposition de Serres
Dans la note dont nous avons parlé (Enquête, tome III, p. 196), M. Audibert reproche à M. de Serres d'avoir organisé lui-même ce service sur une ligne
l'armée est transportée sur la SAÔNE. 159
ment facilité les transports sur Besançon. On aurait tout au moins pu utiliser cette ligne pour leTctour du matériel vide. Mais les allures routinières, communes à nos compagnies de chemins de fer et à nos administrations, interdisaient pareille infraction à la /orwie ordinaire. Toutes auraient pu méditer avec fruit les exemples d'exploitation hâtive des voies ferrées pendant la guerre de Sécession.
On voit qu'un grand nombre de causes contribuèrent à compliquer le mouvement de la 1" armée de la Loire sur la Saône : préparation hâtive et incomplète de la part du ministère, des compagnies et des états-majors; désordre lors de l'embarquement des troupes; difficultés techniques du réseau; rigueur de la saison. Le résultat fut déplorable. Il fallut dix jours pour achever le transport de l'armée, moins de 70,000 hommes ^ Pourtant les convois avaient été expédiés par voie de terre, mais on crut devoir les décharger au départ, afin de faire transporter leur chargement sur rail. Les voituriers civils, insuffisamment surveillés, profitèrent de cet allégement et s'enfuirent avec leurs voitures. Les pertes qui en résultèrent furent très difficilement réparées et contribuèrent certainement à ralentir les mouvements de Bourbaki.
inachevée et à peu près impraticable, ce qui aurait occasionné du désordre ot absorbé sans profit du matériel. En réalité, cette ligne fonctionna et rendit des services, malgré la Compagnie de Lyon. Le 28 décembre, M. de Serres télégraphiait qu'il arrivait à Dôle, venant de conduire un premier train de 35 voitures sur la nouvelle ligne. Le lendemain, il annonçait que, grâce à l'ouverture de ce tronçon, deux divisions du 20« corps, en retard de quatre jours sur la iro, non seulement l'avaient rejointe, mais encore auraient un jour d'à* vaace, c'est-à-dire de repos {Enquête, tome III, p. 868).
A Saincaize, l'embarquement du 80« corps fut terminé le 27 décembre à I2i>20 du soir.
1. Sans le 24« et le 16« corps qui furent transportés isolément.