‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 108 sur 185 · Lettre de Chanzy, citée par M. de Freycinet, p · texte numérisé non relu

Lettre de Chanzy, citée par M. de Freycinet, p

S. Dont 129 officiers et 2,033 hommes pour la bataille du Mans proprement dite (39 officiers tués, 87 blessés, 3 disparus; 518 hommes tués, i ,383 blessés, 132 disparus). Le X^^ corps perdit 6 officiers et 125 hommes le 12. Y. derGoltz cite un bataillon qui fut réduit à 280 fusils, et commandé par un lieutenant du 6 au 12. Le III* corps avait perdu plus du quart de ses officiers.

rangs. La persévérance et Ténergie de Chanzy n'avaient donc pas été inutiles. Mais il 7 a lieu de revenir sur cette période de la campagne, pour essayer d'en tirer quelques enseignements.

Lors de sa marche sur le Mans, Frédéric-Charles avait disposé son armée en trois colonnes principales, suivies d'une réserve au centre et couvertes aux ailes d'une forte cavalerie, surtout à la droite. Son front de marche mesurait plus de 100 kilomètres, chiffre assurément excessif; il aurait justifié un mouvement offensif de Chanzy contre l'une des fractions qui lui étaient opposées.

Cette dispersion semblait indiquer l'intention d'opérer une attaque enveloppante, du genre de celle exécutée à Sedan. Il n'en fut rien et les Allemands n'obtinrent que des résultats imparfaits, dus beaucoup plus à l'extrême démoralisation de nos troupes qu'à la supériorité tactique et stratégique de leurs adversaires. Une bataille de trois jours leur livra nos positions, mais la plus grande partie de l'armée, la presque totalité de son artillerie leur échappèrent. Pourtant, la présence du Xin* corps sur nos derrières compromettait singulièrement notre retraite dès le soir du 11 janvier. Il semble que la droite allemande aurait dû jouer le rôle de l'aile agissanté, tandis que la gauche se serait bornée à une démonstration pure et simple. Du moins la stricte application des règles de la stratégie l'exigeait. Telle qu'elle fut dirigée, l'offensive du m* corps ne pouvait avoir que des résultats incomplets, car il était contraint de défiler au pied des hauteurs d'Yvré pour marcher sur Pontlieue; et ces hauteurs, fortement garnies d'artillerie, couvertes sur leur front par l'Huisne, étaient inattaquables pour lui. En poussant avec énergie sur Saint-Hubert d'abord, puis sur Changé, ce corps d'armée avait fait acte d'initiative et d'audace, mais cet acte ne rentrait pas dans le cadre général de l'opération, telle qu'elle aurait dû être exécutée.

Surtout dans un terrain aussi difficile, l'étendue du front de Frédéric-Charles était trop grande. Comme divers incidents le démontrèrent, il pouvait en résulter des dangers

sérieux pour ses troupes. L'état-major de la IP armée avait commis une erreur fréquente en pareil cas, celle de méconnaître les forces de son adversaire. En réalité elles étaient suffisantes pour nous permettre de prendre Tofifensive contre une importante fraction des troupes de Frédéric-Charles. Peut-être Chanzy eût-il été battu, comme von der Tann à Coulmiers ; le résultat final aurait-il été plus fâcheux? Il est permis d'en douter.

Cette offensive, la formation des colonnes mobiles semblait l'annoncer. Mais dans les conditions où elle eut lieu, elle fut plus nuisible qu' utile \ Les échecs subis par les généraux de Jouffroy et Rousseau contribuèrent même grandement à notre défaite finale. Leurs colonnes étaient trop fortes, elles s'avançaient à trop grande distance pour jouer le rôle de simples reconnaissances. Comme corps distincts, elles étaient au contraire trop faibles et trop peu concentrées. Elles pouvaient, tout au plus « chicaner » le terrain, en risquant de se compromettre, comme fit Jouffroy. C'est même à un concours de circonstances exceptionnelles que plusieurs des détachements de ce général durent de ne pas être coupés de leur ligne de retraite. Dans cette situation, le moral de nos colonnes mobiles devait fatalement s'affaiblir, au détriment de l'armée entière. On peut donc regretter que Chanzy ne se soit pas borné à détacher vers Vendôme etNogent-le-Rotrou, les deux directions à observer, de la cavalerie simplement soutenue par des avant-gardes. Leur retraite n'aurait pas compromis notre position principale, comme le fit celle de Jouffroy et de Rousseau.

Ainsi, pour Chanzy, il y avait à faire choix entre deux partis, tous deux plus avantageux, semble-t-il, que celui auquel il s'arrêta : prendre l'offensive dès la fin de décembre, mais avec la presque totalité de l'armée, contre les détachements allemands restés sur le Loir, les culbuter et agir ensuite selon les circonstances ; ou se borner à occuper le plus solidement possible les lignes autour du Mans, en se

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