V. der Golfz
Après les marches et les combats des jours précédents, la fatigue des troupes était extrême; Frédéric-Charles crut devoir leur accorder du repos. De plus, il jugeait nécessaire de se conformer à celles des instructions du général de Moltke qui fixaient des limites à son action. Sous le spécieux prétexte que la présence de la II' armée pourrait devenir indispensable sur un autre théâtre d'opérations, il décida de ne lancer derrière Chanzy qu'une faible partie de ses troupes*. Est-îl besoin d'ajouter que, s'il ménageait ainsi leurs forces, il facilitait grandement la tâche de Chanzy? Grâce à ces circonstances, la poursuite éprouva des retards considérables. D'ailleurs, la cavalerie allemande y prît une part insignifiante. Le même fait devait se présenter au bout de quelques jours, après la bataille de Saint-Quentin. La configuration du pays et l'état des routes se prêtaient mal à son action, il est vrai. Mais, surtout, elle ne faisait plus preuve de son initiative et de son audace des débuts de la campagne. Les pertes subies dans les grandes batailles sous Metz, puis dans des escarmouches journalières contre nos troupes régulières ou autres, n'avaient pas été sans la rendre sensiblement moins aventureuse.
Suivant les ordres de Frédéric-Charles, le X* corps mit quatre bataillons à la disposition du général von Schmidt, commandant la 6® division de cavalerie, qui avait déjà sous ses ordres onze escadrons et dix pièces. Le 13, il ne commença son mouvement sur la route de Laval que vers midi, après avoir reçu des vivres et du fourrage. Dès la sortie du Mans, des voitures abandonnées, des armes, des objets d'équipement épars sur la chaussée montraient assez le désordre de notre retraite. L'arrière-garde du 16' corps, qui suivait cette route, prit position à l'Arche et essaya un instant de tenir tête. Mais il sufiSt de trois compagnies et de quatre pièces allemandes pour l'en déloger; puis la colonne von Schmidt cantonna à ChauflFour*.