État-major prussien, page
2. Barry et Le Bouêdec couvraient la retraite du 16« corps ; ils se rendirent le 13 de Ghauffour à Chassillé et Longue. Une partie seulement de leurs troupes
BETBAITE DE L'aBMÉE. 299
En même temps, des fractions de la 6^ division de cavalerie éclairaient les routes de Sillé-le-Guillaume et de Ballon. Dans la première de ces directions, un escadron de dragons signala la présence auprès de Conlie d'une forte colonne qui avait abandonné un grand nombre de voitures chargées de vivres ou même de munitions. Près de la Milesse, il en captura une centaine, presque sans résistance. En effet, le 17® corps, qui suivait la route de Sillé-le-Guillaume, avait déjà dépassé Conlie malgré les ordres de Chanzy. Dans la soirée, il était établi vers Sain t-Remy-de-Sillé, Sillé-le-Guillaume ou Parennes *, c'est-à-dire fort en avant des positions occupées par le 16* corps.
Le camp de Conlie avait été le théâtre des scènes les plus regrettables. Il contenait encore 100,000 rations de vivres et plusieurs milliers de fusils, pour la plupart, il est vrai, en mauvais état. Outre divers détachements, sa garnison consistait en 2,200 mobilisés de la Loire-Inférieure (légion de Paimbœuf-Saint-Nazaire, trois bataillons) arrivés le 9 janvier de Saint-Malo''. Le général de Marivault, parti pour Rennes, avait laissé le commandement au général Morin.
Dès les premières nouvelles de la retraite de l'armée, on chercha, sans beaucoup d'ordre ni d'entente, à évacuer les armes et les vivres que contenait le camp. On y réussit en partie; on commença même à distribuer des rations aux troupes qui défilaient sur la route de Sillé. Mais les bandes de fuyards ne tardèrent pas à s'ameuter. Elles défoncèrent les caisses de biscuits ou de sucre, les ballots de café, les
fut engagée, notamment le 31<> de marche, qui perdit i offlcier et 39 hommes^ et n'atteignit son cantonnement qu*à 3 heures du matin (Historique du 31'). Le 75® mobiles, qui avait bivouaqué à ChaufTour et marchait avec Le Bouëdec, n*eut pas à combattre.
1. Les 80 et 3» divisions étalent à SUlé-le-Guillaume et Saint-Remy-de-Sillé ; une partie de la réserve d*artillerle, à Parennes.
2. Enquête parlementaire, tome II, Déposition de Vaugulon, p. 283 ; Rapport La Borderie, etc.
Un bataillon de Saint-Malo, arrivé le 8, était reparti le 12 pour Rennes. Ln légion de Vitré-Fougères (3,000 hommes), partie de Redon le il au soir et arrivée le 12 à Évron, s*y était tirrétée ; elle retourna le 14 à Rennes.
Le général Morln était commandant supérieur des mobilisés de la Loire- Inférieure.
tonneaux d'eau-de-vie ou de vin épars dans la neige. En un instant, les abords furent couverts d'une foule déguenillée, ivre-morte. Vers 4 heures, les mobilisés de la Loire-Inférieure se dirigèrent sur Sillé, abandonnant les armes et les vivres que contenait encore le camp ^ L'ennemi allait s'en emparer le lendemain.
Pendant que ces événements se passaient sur les routes de Laval et de Sillé-le-Quillaume, sur celle d'Alençon l'une des reconnaissances de von Schmidt trouvait Souligné-sous-Ballon occupé par une forte colonne', qui paraissait se diriger vers Ballon. Ce renseignement fut ensuite confirmé par le XIIP corps.
Le grand-duc avait reçu Tordre de passer la Sarthe en amont du Mans, pour nous poursuivre vers la Mayenne. La 17* division se dirigea le 13 par Savigné sur Neuville et son avant-garde franchit la Sarthe, tandis que la 22" division poussait sur Ballon une forte colonne (trois bataillons, un escadron, une batterie et un détachement de pionniers). Après une première escarmouche à Courcemont contre des traînards du 21® corps, elle attaqua Ballon, encore occupé par un millier d'hommes. Aux premiers obus, ils se retirèrent sur Beaumont, non sans avoir été chargés plusieurs fois par les hussards allemands^.
Le soir du 13, la 4® division de cavalerie, qui éclairait dans la même direction, établit la 8® brigade à Ballon et la 10* au sud de Perray, où nous avions encore des détachements.
Quant au 21® corps, il se dirigeait sur Beaumont, en plusieurs colonnes, quand, dans la nuit du 12 au 13, il reçut l'ordre de marcher sur Sillé-le-Guillaume. La division Gougeard atteignit ce point à 3 heures et demie du soir le 13, après vingt heures de marche et trois jours de combat; la
1. Chanzy attribue le pillage de Gonlie aux mobilisés du général Morin, mais il résulte du rapport de rinteudant du camp, Descrimes, qu'ils n'y furent pour rien.
Le 14, Chanzy Invita le général de Marivault à revenir pour mettre un terme à la débandade de ses troupes. Mais l'ennemi était déjà à Gonlie.