‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 117 sur 185 · ÇON · texte numérisé non relu

ÇON

Carte N?XI

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chements rencontrés près de Saint-Remy-du-Plain et de Neufchâtel. Mais, vers 3 heures, la résistance devint plus vive devant les Evants et Saint-Paterne. Toujkefois Tennemi s'empara de ces deux points à la nuit, mais sans pouvoir atteindre Alençon.

Ainsi, malgré leur supériorité numérique, les Allemands n'avaient pu déloger que nos avant-postes ^ Avec l'approbation du grand-duc, von Wittich jugea prudent d'ajourner l'attaque au lendemain. Il cantonna la 22° division autour de Béthon ; la 10° brigade de cavalerie s'établit dans Ancines et Louvigny ; la IV division, sur la ligne Assé-le-Bossin, Rouessé, Fontaine.

Toutefois, Lipowski ne jugea pas possible de continuer plus longtemps la résistance 5 notre artillerie avait presque épuisé ses munitions; les barricades établies aux issues d'Alençon se prêtaient mal à la défense. Le soir même, nos troupes se retirèrent sur Saint-Denis, dans la direction de Prez-en-Pail.

Les trois échecs subis simultanément par les colonnes allemandes décidèrent Frédéric-Charles à porter le IX° corps et la 2° division de cavalerie sur Conlie. Seul, le IIP corps allait rester au Mans. Quant à Chanzy, il jugea que le recul inopportun du 1 7® corps rendait indispensable la continuation de notre retraite. Déjà il avait à résister aux instances d'officiers généraux demandant qu'on se retirât la nuit même. Il en rendit compte au ministre, le priant de diriger le 19* corps de Fiers sur Domfront. Quant à notre armée, suivant les instructions du 15 au soir, elle continuerait le lendemain son mouvement vers la Mayenne*, après s'être fait devancer durant la nuit par ses convois. On passerait cette rivière le 17

1. Leurs pertes n'auraient été que de l oflQcier el 24 hommes {État-major prussien). Chanzy dit 800 à 900 hommes.

Nous aurions eu 40 artilleurs et 120 francs-tireurs hors de combat (dont 3 ofQciers).

La 2^ batterie de montagne de rartillerie de la marine perdit l officier et 12 hommes; elle eut 4 pièces démontées (Historique du corps).

2. D'après ces instructions, qui sont très confuses, le 17® corps aurait dû d'abord rôoccuper Sainte-Suzanne (Chanzy, ouvrage cité, p. 864).

seulement, en se bornant à faire douze ou quinze kilomètres au plus pendant la journée du 16. Le 16* corps serait établi, le 17, à cheval sur le chemin de fer et la route de Laval à Vitré, la gauche à Changé, le centre à Saint-Berthevin ; le 17® corps, après avoir passé la Mayenne à Saint-Jean, s'étendrait de Changé à hauteur de Montgeroux, avec son centre à Saînt-Germain-le-Fouilloux. Enfin le 21® corps serait placé entre Contest et Mayenne, en se reliant par sa cavalerie au 17* corps. Celle du 16® corps, qui était déjà à Laval, en partirait le 16 pour THuisserie, où elle prendrait position, de façon à surveiller le cours inférieur de la Mayenne, entre Laval et Château-Gontier. Quant à celle du 17* corps, elle serait cantonnée en arrière de celui-ci.

On porterait les convois et les parcs derrière nos lignes ; enfin, Tintention de Chanzy étant de tenir tête aussi vigoureusement que possible sur la Mayenne, on préparerait l'exécution de dispositions défensives le long de cette rivière.

Les mouvements indiqués plus haut s'exécutèrent le 16, non sans désordre. Chanzy, qui s'était rendu directement à Laval, s'eflForçâ aussitôt de remédier à l'encombrement de cette ville, où affluaient des milliers de fuyards et d'isolés. En même temps il faisait préparer la destruction des ponts et étudiait les positions à occuper. Dans la soirée du 16, l'arrivée de Curten àLaval apportait à son armée un complément de forces assez sensible.

La 3* division du 16" corps était arrivée à Sablé le 14. Déjà Joué-en-Charnie, où elle devait rejoindre l'amiral, était occupé par l'ennemi. Curten se débarrassa de ses impedimenfaj qu'il engagea sur la route de Laval ; puis il marcha vers Saint-Jean-sur-Erve par Auvers-le-Hamon et Thorignéen-Chamie (15 janvier). Toute la journée le canon retentit dans la direction de Saint-Jean; d'ailleurs on signalait la présence à Brûlon d'un détachement allemand. Il se porta donc sur Chéméré, qu'il atteignit dans la soirée. Le 16, il marchait sur Bazougers ; à l'entrée de Soulgé, une partie du 1" escadron du régiment de marche de chasseurs d'Afrique chargeait des dragons prussiens, auxquels il prenait six ca-

COMBAT DE SILLE-LE-GUILLAUMB. 317

valiers dont le lieutenant de Moltke. Enfin le même jour, à 6 heures du soir, Curten arrivait à Laval.

De leur côté, les Allemands reconnurent dans la matinée seulement que nous avions évacué Saint- Jean-sur-Erve, Sillé-le-Guillaume et Alençon. La colonne von Schmidt suivit le 16® corps jusqu'au ruisseau de Yaiges, non sans ramasser des milliers de traînards. Elle ne trouva un semblant de résistance qu'à Soulgé. Derrière elle, le gros du X® corps s'avança jusqu'à Saint-Denis-d'Orques.

Quant au détachement du colonel Lehmann, il occupa Sillé-lerGuillaume en faisant nombre de prisonniers. La 2* division de cavalerie marcha jusqu'à Vernie, et le IX® corps atteignit Conlie. Enfin le XUP corps entra dans Alençon et une colonne qu'il poussa vers Domfront ne rencontra que des traînards.

Cependant l'état-major du roi Quillaume venait d'être informé du mouvement entrepris par Faidherbe vers Saint- Quentin. Il jugea indispensable de concentrer de nouveau la V^ armée sur la Somme. Afin de rendre disponibles celles de ses troupes qui occupaient la Seine-Inférieure, il invita Frédéric-Charles (15 janvier) à porter le XIII* corps vers Souen.

Dans ces conditions, Frédéric-Charles décida de ne pas pousser les IX® et X® corps au delà de Conlie et du ruisseau de Vaiges. Le premier fut chargé d'évacuer les approvisionnements du camp et de détruire les travaux, demeurés si complètement inutiles, que nous y avions entrepris. Pour couvrir la droite de ces deux corps d'armée, la 4® division de cavalerie dut prendre position vers Alençon, au sud de la Sarthe.

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