Cette batterie fut réduite à 4 pièces à dater de ce jour
BATAILLE DE VILLORGEAU. 29
réguiberry donnait à Deplanque l'ordre de se porter sur le Mée. Un bataillon du 33* mobiles (Sarthe), un autre du 39* de marche, soutenu par le 3* bataillon du 75*' mobiles (Loiret-Cher et Maine-et-Loire) étaient chargés de cette attaque.
Malgré le feu très vif de Tartillerie bavaroise, ils enlevaient rapidement le Mée. Les deux bataillons du 39* de marche et du 33* mobiles, surtout, montraient beaucoup d'élan. Le capitaine Couturier, de ce dernier régiment, s'emparait à la baïonnette d'une ferme où Tennemi s'était retranché, et y faisait une centaine de prisonniers. Pourtant la division Deplanque ne dépassait pas le Mée. A la nuit, elle évacuait même ce village, comme nous l'avons dit. Ce mouvement rétrograde s'explique en partie par celui que la colonne mobile de Tours avait exécuté vers Beaugency.
On sait que le général Camô avait reçu de Chanzy l'ordre de réoccuper, le 8 décembre, l'intervalle compris entre Messas et la Loire. Mais le moral de ses troupes avait déjà beaucoup souffert ; lui-même, la suite le montrera suffisamment, considérait comme impraticable la tâche que lui avait assignée le général en chef. C'est dans cet état d'esprit qu'il reçut, le soir du 7 décembre, un télégramme du ministre de la guerre attirant tout particulièrement son attention sur une position à 400 mètres au sud de Beaugency\ Il crut peut-être voir dans cette communication intempestive un ordre lui prescrivant d'évacuer Beaugency. Quoi qu'il en soit, il renvoya à Mer, comme nous l'avons vu, les troupes que le général Barry lui avait envoyées le soir du 7. Puis il informa Chanzy de l'impossibilité où il était de réoccuper le terrain entre Messas et la Loire '. En même temps, il annonçait au ministre qu'il se retirait sur Mer et Ménars, comme semblait le lui conseiller la dépêche de la veille^.
1. «D'après les indications qui me sont fournies, je vous signale corome extrêmement importante à conserver et à garder la position à 400 mètres ea arrière de Beaugency. C'est la clef de la forôt de Marchénoir ; elle prise, la forêt est tournée, et Blois tombe le lendemain par Mer et Mènars (7 décembre, 7 heures du soirj. »
2. Le 8 décembre à 12 heures 35 du matin (Chanzy, ouvrage cité, p. 488).
3. Le texte de ce télégramme au ministre n'a pas été publié, que nous
Chanzy se bornait à inviter le général Camô à reconnaître ce qu'il avait devant lui et à faire des préparatifs de défense. C'était abandonner implicitement Tidée d'un retour offensif en avant de Beaugency, et même éviter de se prononcer sur la nécessité de garder cette ville. Quant au ministre, il adressait à Camô un télégramme (8 décembre, 3 heures du matin) l'engageant à se conformer aux instructions de Chanzy , si elles étaient contraires au mouvement projeté sur Mer et Ménars. Une dépêche dans le même sens parvint également à Chanzy.
Mais un fâcheux incident emportait les dernières. hésitations de Camô. Un officier du génie, sans doute parti de Tours avant cet échange de télégrammes, confirmait de la part du ministre la recommandation de se replier au sud-ouest de Beaugency (8 heures du matin). D'ailleurs, d'une reconnaissance faite par lui-même, le général Camô déduisait que la défense de la position de Beaugency devait nécessairement s'opérer en arrière, sur le plateau de Rougemont. On commença aussitôt à y élever des tranchées abris et des épaulements ^
La colonne de Tours occupait alors les positions suivantes, le 1 6® chasseurs de marche était à l'entrée sud de Beaugency, sur les pentes descendant vers cette ville. Un détachement en surveillait les abords et observait la Loire. Le pont avait été détruit. Derrière le 16* chasseurs, une batterie était placée au sommet de la colline, vers la cote 121 ; une autre battait la route et la voie ferrée. Le 72* mobiles (Cantal) était au nord-est de la ferme de Rougemont, sa droite à la route ; le 27® mobiles (Isère) et une batterie étaient au nordest de Clos-Moussu. Le 88® mobiles (Indre-et-Loire), placé en avant de Pierre-Couverte, avait une batterie à sa gauche.
sachions du moins, mais on peut en déduire le sens do celui de M. de Freyclnet au général Camô (8 décembre, 3 heures du matin).
M. Alfred Duquel (Les dépêches de Beaugency devant Vhistoire, Spectateur militaire^ tome XLIII, 1888) parait croire que cette dépêche et celle du ministre à Chanzy (p. 454, Chanzy, ouvrage cité) auraient été fabriquées pour les besoins de la cause. Cette opinion ne nous semble aucunement justifiée.