De Freycinet, ouvrage cité, p
348 JOSNëS, VENDOME, LE MANS.
elle nous obligeait à céder, sur un grand nombre de points, le terrain qu'occupaient encore nos armées de province. Chose inouïe, elle nous dépouillait d'une partie de nos forces, en nous obligeant au licenciement immédiat de tous les corps de francs-tireurs ^ Jamais un Français n'aurait dû donner son consentement à une pareille condition, contraire à l'idée même d'un armistice.
L'Histoire impartiale sera sévère pour le gouvernement de Paris et surtout pour son chef : elle dira qu'ils ne surent pas mettre en œuvre les énormes ressources militaires dont ils disposaient; elle dira qu'ils ne tirèrent aucun parti du patriotisme parfois égaré, mais toujours sincère, d'une population de deux millions d'hommes; elle dira enfin qu'après avoir conduit Paris jusqu'à la catastrophe finale, ils ne surent rien faire pour en préserver le reste du pays et pour lé laisser en état de continuer la lutte, si elle était jugée indispensable. C'est grâce à leur défaut constant d'énergie, à leur inaction persistante, à leurs continuelles capitulations de conscience, que les armées de province jouèrent, de beaucoup, le plus beau rôle dans ce grand drame.
Chanzy reçut le 30 janvier seulement le texte de la convention du 27. En même temps, Frédéric-Charles se déclarait prêt à se retirer le 31, à midi, en deçà de la ligne de démarcation, si Chanzy prenait par écrit le même engagement. D'après l'article P', les zones occupées par les deux armées devaient être limitées par une ligne partant de Pontl'Evêque, pour se diriger sur Lignières', en passant entre Briouze et Fromentel. Elle suivait ensuite jusqu'au nord de Morannes la limite des départements de l'Orne et de la Sarthe, puis laissait ce dernier à l'occupation allemande, ainsi que l'Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher, le Loiret, l'Yonne.
Il est à peine besoin de faire ressortir combien cette déli-
1. Art. 7. On tourna cet article en faveur de certains corps francs, les zouaves pontificaux et le corps Cathelineau par exemple, en les faisant rentrer pour la forme dans les troupes régulières. Mais le bataillon de francs-tireurs de la Sarthe, qui avait rendu de bons services, fut désarmé (Cathelineau, ouvrage cité).