‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 28 sur 185 · Des Moutis, ouvrage cité · texte numérisé non relu

Des Moutis, ouvrage cité

2. Ce hameau, qu'il ne faut pas coofondre avec le village de Morée, sur le Loir, est au sud de Talcy.

Si Tennemi Tadoptait, il pourrait retarder notre droite dans son mouvement vers le Loir ou même couper une grande partie de Tannée de sa ligne de retraite. En face de troupes beaucoup plus manœuvrières que les nôtres, cette dernière éventualité était fort à craindre. On doit même ajouter que si Frédéric-Charles avait mis plus de décision et de rapidité dans ses mouvements, il aurait pu la réaliser et peut-être nous infliger un désastre.

Pourtant ce danger n'était pas celui que redoutait le plus Chanzy ; il croyait que Tennemi se porterait sur le Loir en longeant au nord la forêt de Marchénoir; de là il nous précéderait sur la route d'Orléans au Mans, en nous coupant de cette ville. Mais dans ce cas Tarmée aurait pu se retirer par la zone comprise entre le Loir et la Loire, ou même au sud de celle-ci. Quels que fussent les dangers à courir, ils auraient été moindres que si Chanzy eût été coupé du centre de la France et peut-être écrasé entre la II* armée, les troupes du grand-duc et celles venues des lignes d'investissement de Paris.

Quoi qu'il en soit, on devait souhaiter que la 1" armée de la Loire opérât une démonstration vers Blois, comme l'avait déjà demandé Chanzy. Il le réclama encore, de la façon la plus instante, dans la matinée du 11 décembre. Quelques heures après, il revenait à la charge auprès de Bourbaki, le suppliant de marcher de Bourges sur Vierzon, de pousser le gros de son armée par Romorantin sur Blois, de prendre position entre la Loire et le Cher, pour couper d'Orléans les fractions allemandes en marche vers Tours. Si cette diversion était opérée, ajoutait-il, la 2^ armée pourrait se maintenir sur la rive droite de la Loire \

De son côté, M. de Freycinet télégraphiait à Bourbaki et à Chanzy (10'*,40 du matin) que des renseignements venus de l'Yonne annonçaient l'évacuation précipitée de Briare, d'Ouzouer-sur-Loire, de Gien, et la concentration des Allemands vers Orléans. « Cette dépêche, ajoutait le Délégué, et

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