‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 3 sur 185 · COMBAT DE MEUNG. I · texte numérisé non relu

COMBAT DE MEUNG. I

Meung le V régiment de gendarmerie à pied ; à Messas, le 27® mobiles (Isère), le 88® (Indre-et-Loire) et les francs-tireurs de l'Ain; au Mée, sur la route de Beaugency à Châteaudun, le 16® bataillon de marche de chasseurs ; à Beaumont, le 59® de marche*. Cinq batteries étaient réparties entre ces points. Enfin trois régiments de cavalerie, les 4® lanciers et 3® hussards de marche, le 1®*^ régiment de gendarmerie à cheval, étaient à Beaumont,

Il n'est pas besoin d'insister sur les inconvénients de cette répartition. Le front de 8 kilomètres environ, qui s'étend de Beaumont à Meung, était beaucoup trop considérable pour les 15,000 hommes du général Camô. En outre, le régiment détaché à Meung ne se reliait que très imparfaitement au reste des troupes.

D'après les ordres de Chanzy, la 2® division du 16® corps aurait dû prendre position à Beaugency, en réserve de la colonne Camô. Mais, nous l'avons dit, le général Barry avait cru devoir se retirer jusqu'à Blois, et même au delà. Au reçu des instructions de Chanzy, il ramena sur Mer et Beaugency tout ce qu'il put rassembler de sa division. Toutefois, ce malencontreux va-et-vient n'était pas terminé dans la soirée du 6^ Quant à la 3® division du 16® corps, général Morandy, qui aurait dû prendre position de la ferme Garaimbeaut à Grand-Bonnevalet par Pierre-Couverte, derrière la gauche de Camô, elle était plus démoralisée encore que la 2®. Ses divers éléments, d'effectif très réduit, étaient épars sur la route de Blois. On ne pouvait compter sur leur reconstitution prochaine.

A gauche, le 17® corps, moins éprouvé à Loîgny ou dans

1. Clianzy place eu outre à Beaumont les francs- éclair eur» de l'armée. Mais le général Camâ déclare n'avoir jamais eu connaissance de ce corps franc. (Général Camô, Bataille de Josnes, 8 décembre,)

2. Le 38® do marclie (2® brigade de la division Barry) arriva fort lard à Mer, dans la nuil du 4 au 5 ; rarlilierle de la division était déjà à Blois, que l'on croyait menacé par les détachements allemands de la rive gauche. Dans la soirée du 5, le général Barry dirigea le SS^ sur Blois. Mais à peine ce mouvement était-il terminé qu'un contre-ordre survenait. Le 38®, réduit à 800 hommes, repartit le matin du 6 pour Mer qu'il atteignit dans la soirée ; le général en était déjà parti pour Beaugency, avec quelques centaines d'hommes (d'Izarny- Gargas, Historique du 38^ de ligne).

les journées des 3 et 4 décembre, gardait une meilleure contenance. La !'• division s'étendait de Loynes à Villemarceau ; la 2* occupait Villejouan, Origny et Ourcelles ; la 3*, le Plessis, Prénay et la Cocardière. Quant à sa cavalerie, elle était derrière sa droite, à Clos-Moussu et à Boynes.

A Lorges, la l*"' division du 16® corps établissait la liaison entre les 17* et 21® ; la cavalerie du même corps d'armée était un peu au nord, à Poisly. Enfin, le 21* corps s'étendait de Morée à Poisly, comme nous l'avons dit.

De Morée à Beaugency, l'étendue totale du front occupé par la 2® armée n'était pas moindre de 32 kilomètres à vol d'oiseau. En outre, la droite de cette longue ligne, uniquement défendue par la colonne Camô, ne pouvait être considérée comme suffisamment assurée, chose particulièrement grave, étant donné le peu de consistance de nos troupes. C'est dans ces conditions qu'eut lieu la première rencontre entre elles et les Allemands.

Le grand-duc de Mecklembourg avait prescrit que, le 6, la 4® division de cavalerie s'avancerait jusqu'à Ouzouer-le- Marché, et la 2®, jusqu'à Beaugency. Le lendemain, les 17° et 22® divisions d'infanterie viendraient s'installer dans l'espace laissé libre par les escadrons allemands, et le P' corps bavarois s'établirait derrière elles, de Villermain à Beaumont. En même temps la 25° division marcherait jusqu'à Lailly, sur la rive gauche de la Loire, en poussant à Muides la brigade de cavalerie qui lui était adjointe. Comme cet ordre l'indique, le grand*duc s'attendait à rencontrer une très faible résistance. Il croyait n'avoir à ramasser que des fuyards et, dans ce but, il se préoccupait de couvrir le plus d'espace possible ^

Le 6 décembre, la 2° division de cavalerie, renforcée de la brigade des cuirassiers bavarois, d'un bataillon et d'une batterie à cheval, s'avançait sur Beaugency par la route qui longe la rive droite de la Loire. Elle enlevait aisément Saint-

1. D'après V. Helwig, Bas /. baierische Armee-Corp9 von der Tann ini Kriege 1870-1871, p. 298, les premiers ordres du grand-duc, d'accord avec jes instructioDS de Frédéric-Charles, portaient que sa cavalerie s'étendrait à droite jusqu'à Tournoisis, sur la rooite de Chateaudun à Orléans. Il restreignit 'ensuite ce( o&pace à l'intorvalle compris entre la Loire el la route de Vendôme.

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Ay, après un petit combat contre des traînards, puis débouchait devant Meung qu'occupait le 1" régiment de gendarmerie à pied '. Il était surpris et chassé de la ville en quelques minutes. Vainement il tentait d'y rentrer; il était bientôt forcé de se retirer sur Beaugency, après avoir subi d'assez grosses pertes. L'une de ses compagnies, enveloppée, avait été prise presque tout entière.

Dès le début de cet engagement, le général Camô s'était porté avec son gros dans la direction de Meung. Il occupa Foinard, la Bruère, Langlochère, à cheval sur la route d'Orléans à Blois, en appuyant sa gauche vers la Bourie et Beaumont. Cette démonstration suffit pour arrêter l'ennemi. Celui-ci ne crut même pas pouvoir se maintenir à Meung, si bien que la 2** division se retira sur Saint-Ay, et la brigade bavaroise de cuirassiers, à Huisseau ^

De son côté, sur la route d'Orléans à Châteaudun, la 4® division de cavalerie atteignait Ouzouer-le-Marché. Mais l'iapproche de reconnaissances d'infanterie appartenant au 21" corps l'obligea de »e replier sur Baccon et Charsonville. Ainsi, nulle part la cavalerie allemande n'avait pu se maintenir sur la ligne fixée par le- grand-duc*

Le combat de Meung fit supposer à Chanzy que l'ennemi allait diriger son principal effort sur sa droite y de façon à le couper de Tours et du centre de la France. I>ans le but de parer à ce danger purement hypothétique, il prescrivit à l'amiral Jauréguiberry d'établir avant le jour la 1" division du 16' corps de Grand-Bonnevaletà Villorceau^ de façon à relier le 17® corps à la colonne Camô. Avec la division Barry, elle servirait en même temps de réserve à notice droite. De plus, le 21® corps appuierait vers le sud ; sa 2® division, général Colin, remplacerait celle de DeplanqueàPoisly etàLorges.

1. Nos avant-postes suivaient la ligne Meung, les Monts, le Bardou et Grand- Chàtre (Camô, ouvrage cild).

2. Parmi les batteries engagées par Camô, là 22^ du iS^ régiment (canons à balles) tira 598 coups et eut 4 boïnmes et 2 chevaux hors de combat. Le chilfre des pertes des autres éléments ne nous est pas connu.

Les Allemands (II« Armée et Armée- Abtheilung) eurent 30 hommes et 8 chevaux bors d-o combat dans la journée du 6 [hlat-major prussien).

Le général Jaurès se tiendrait prêt à porter sa réserve de Marchénoir à la Motte-Potain, derrière le centre de l'armée.

En outre, la présence de quelques éclaireurs allemands ayant été signalée à Saint-Laurent-des-Eaux par les francstireurs de laSarthe, Chanzy en concluait avec raison que Blois était menacé par la rive gauche de la Loire. L'hypothèse d'après laquelle l'ennemi allait porter son principal effort sur notre droite semblait en être confirmée. Pour couvrir Blois, le général en chef donna l'ordre au général Morandy, alors à Mer, d'y porter le 7, dans la matinée, la 3* division du 16* corps. Il se hâterait de la reconstituer, de façon à pouvoir défendre simultanément Blois et le parc de Chambord, qui couvre cette ville au sud-est.

De même que la veille, Chanzy prescrivait que, le 7 décembre, au petit jour, nos troupes seraient tenues prêtes à combattre, couvertes par une double chaîne de tirailleurs.

Les batteries auraient pris leurs emplacements de combat et les convois, attelés, seraient engagés sur les routes à suivre en cas de retraite. Dans cette dernière éventualité, l'armée occuperait une nouvelle position s'étendant de Poisly, par Lorges et Séris, jusqu'au nord-est de Mer*.

Du côté des Allemands rien n'était changé aux dispositions arrêtées la veille, si ce n'est que Frédéric-Charles prescrivait à la 6" division de cavalerie, soutenue de la Ferté-Saint- Aubin par quelques bataillons du IX® corps, de pousser rapidement jusqu'à Vierzon et de détruire d'une façon durable les voies ferrées rayonnant autour de cette ville. Quant au IIP corps et à la 1'® division de cavalerie, ils auraient à constater, le 7 décembre, si l'espace compris entre Gien et Montargis avait été entièrement évacué par nous. Pendant l'exécution de ces mouvements si complètement divergents, le X® corps, seul, resterait à Orléans.

1. Chanzy, ouvrage citd, p. m, Inslruclions pour le 7 décembre.

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