‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 43 sur 185 · CHAPITRE X l'abmâe se remet en retraite · texte numérisé non relu

CHAPITRE X l'abmâe se remet en retraite

(16 décembre).

Situation de nos troupes. — La retraite devient indispensable. — Mouvement du 16«^ corps. — Le 17* corps. — Nouveau combat de Morée. — Retraite du 81« corps. — Résultats des combats du Loir. — Causes de notre échec.

Malgré la proximité des avant-postes des deux armées, l'ennemi ne fit aucune tentative pour nous surprendre pendant la nuit du 15 au 16. L'une des grand'gardes du régiment de gendarmerie à pied s'empara au contraire d'une patrouille prussienne commandée par un officier.

Cependant la nuit n'apporta point à nos troupes le repos dont elles avaient un besoin urgent. Bivouaquées sans feu ^, dans la boue ou la neige, elles souffrirent cruellement. La lassitude morale et physique de tous était évidente ; on ne pouvait compter sur l'énergie d'aucun corps ; ni les commandants d'unités, ni les généraux ne songeaient à le dissimuler. Chanzy avait reçu durant la nuit beaucoup de nouvelles affligeantes ; à 5 heures du matin, l'amiral Jauréguiberry, celui de ses lieutenants sur lequel il comptait le plus, vint lui dire qu'il ne croyait pas à la possibilité d'une résistance sérieuse.

Chanzy avait d'autres motifs d'inquiétude : le maire de Saint-Pierre-des-Ormes lui annonçait la présence de 12,000 Prussiens à la Ferté-Bernard ; cette nouvelle était bientôt démentie, mais on savait par un télégramme du préfet du Calvados (15 décembre) que des troupes allemandes marchaient de Dreux vers le sud-est. On pouvait donc craindre

1. La défense aussi maladroite quMnhumaine ii*allumer des feux de bivouac était alors reproduite presque journellement, non par le général en chef, mais par ses sous-ordres.

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,que le Mans ne fût menacé, comme s'y attendait Chanzy. Toutes ces circonstances réanies firent qu'il se décida à ordonner la retraite. A ce moment même, le délégué à la Guerre était contraint de la lui conseiller*. Pourtant, les forces allemandes placées en face' de notre artnée allaient être réduites dans de très fortes proportions. Nous en dirons les raisons plus loin. Mais cette réduction devait être connue trop tard du général en chef.

Avant le jour, les convoi» de l'armée commencèrent leur mouvement vers l'ouest. Puis, à la faveur du brouillard, nos avant-postes du plateau de Sainte-Anne et les troupes en arrière se retirèrent successivement, tandis qu'on hâtait les préparatifs pour la destruction des ponts. Des batteries de la réserve d'artillerie du 16® corps, en position sur la rive droite, étaient prêtes à couvrir cette retraite.

Nos premiers mouvements s'exécutaient sans difficulté. Vers 9 heures seulement le brouillard se leva, et les premières troupes du X* corps prussien apparurent sur les crêtes de la rive gauche. Au faubourg du Temple, l'avant-garde de la 20*^ division, qui arrivait d'Orgie, ne tarda pas à atteindre les ponts de Vendôme. lis venaient d'être détruits par le génie, mais fort incomplètement, en sorte que les Allemands purent traverser le Loir et se répandre dans la ville. A ce moment, il y avait encore à la gare un long train de munitions et de vivres, arrêté jusqu'alors par les travaux de mine entrepris sur le viaduc du Loir. Il put se mettre en mouvement, et gagner tans encombre Tours et le Mans, tandis que le viaduc sautait derrière lui.

Mais la retraite du 16*^ corps ne s'effectua pas aussi heureusement. Près de Bel-Air, une compagnie prussienne surprit une batterie de la réserve qui amenait ses avant-trains, avant de s'engager dans un chemin creux, étroit et boueux. Son personnel la défendit mollement^; toutefois, la section du génie du capitaine Joly {V^ de la 3® compagnie bis du 1*' ré-

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