CHAPITRE XI
Retraite des 16«, 17« et 21« corps. — Positions occupées le soir dn 16 décembre. — Ordres de Ghanzy pour le 17. — Écheo des Allemands à Gien. — Frédérlo-Obarlcs reporte les IX* et IIt« corps yen Orléans. — Situation générale de l'ennemi. — Instructions du général de Moltke. — Combat d'Épuisay (17 décembre). — Combat de Droné. — Opérations dn grand-duc.
En raison de Theure tardive de leur départ, le 16 décembre, le mouvement de la plupart de nos troupes ne put s'achever dans les conditions qu'avait prévues Chanzy. Au 16* corps, la division Barry ^ se replia de Saint- Amand sur Montoire, où elle rallia la brigade Paris, du 17'' corps, qui avait, comme on sait, suivi la rive droite du Loir. Les divisions Deplanque et Camô, la réserve d'artillerie du 16" corps s'établirent entre les Roches et Azay*.
Au 17* corfs, la 1'® division, qui s'était égarée dans la forêt de Vendôme, aboutit à Epuisay au lieu de Fortan. Les deux autres bivouaquèrent vers Epuisay et le Temple, où elles arrivèrent fort avant dans la nuit ou même la matinée dul7^
Enfin au 21* corps, la division de Bretagne reçut à 4 heures du soir seulement l'ordre de la retraite et se mit en marche vers 8 heures, sur Droué qu'elle atteignit le lendemain 17. Les trois autres divisions, parties un peu plus tôt, ne purent
1. Elle était en voie de rocoDstitulion. Ainsi le 38* de marche fut rallié le 16 décembre seulement par le 66* mobiles (Mayenne) qui faisait brigade avec lui et en était séparé depuis le 4 décembre {Historique du 38^ de ligne).
Les éclalreurs algériens passèrent la nuit à Montoire, comme la division Barry.
8. Elles auraient dû s'établir vers leR Roches d'après les instructions de Chanzy. Le 7ô<' mobiles et le bataillon dos mobilisés de Maine-et-Loire du commandant Bounhoure (2^ brigade de Deplanque) s'installèrent à Touest d*Azay.
3. Le 51* de marche (2* division), parti à 4 heures du soir, atteignit epuisay le 17 à 5 heures du maim {Historique du 5i^ de ligne).
La 3* division arriva au Temple vers minuit [Souvenirs cités,- p. lOS).
cependant pas dépasser, la l'* la Chapelle-Vicomtesse, les 2* et 3', Romilly. La réserve du corps d'armée s'arrêta k Beauchêne. Tous ces mouvements, accomplis en pleine nuit, presque toujours sur des chemins étroits et difficiles, éprouvèrent nos troupes plus profondément, peut-être, qu'une bataille perdue. Leur moral, déjà fort affaibli sur le Loir, ne pouvait qu'en être plus gravement atteint. Il est permis de le déplorer d'autant plus que, jusqu'alors, les Allemands n'avaient pas fait mine de nous poursuivre.
A Epuisay, où Chanzy arriva le soir du 16, il s'occupa de préparer l'arrivée de l'armée au Mans, de dégager les routes encombrées par un double courant : les troupes en retraite vers l'ouest, les renforts, les munitions et les vivres que la Délégation ne cessait de diriger sur l'armée avec une activité qu'aucun échec ne parvenait à ralentir. Il savait sa gauche menacée par des fractions descendant du nord : les renseignements recueillis à leur sujet en exagéraient même beaucoup l'importance et leur attribuaient pour chef le général von Manteuffel, alors à la tête de la I""* armée, entre Amiens et Rouen. Malgré ce danger imminent, Chanzy reconnaissait pleinement l'impossibilité de continuer là retraite dans les conditions de la journée précédente. « Toute marche de nuit ou forcée, télégraphiait-il au Ministre, serait le signal d'une débandade. Mieux vaut combattre, et nous ferons pour le mieux *. »
Aussi se borna-t-il à prescrire une très courte marche pour le 17. La division Barry et la brigade Paris iraient s'établir derrière la Braye, le long de la route de Lavenay à Bcssé ; les divisions Deplanque et Camô, de Bessé à Saint-Gervaisde-Vic ; le 17* corps, de Saint-Gervais à Conflans, par Saint- Calais. Enfin le 2V corps aurait sa droite entre Confians et Berfay, sa gauche à Vibraye*.
Pendant que notre armée hâtait ainsi sa retraite vers la