Chanzy, ouvrage cité, p
2. Instructions pour le il décembre. Le départ des troupes était fixé à 7 heures et demie, mais l'arrivée au bivouac avait été trop tardive pour que le mouvement pût commencer aussi tôt.
Sarthe, Frédéric-Charles éprouvait les plus vives inquiétudes au sujet d'Orléans. Il avait appris le 15 l'évacuation de Yierzon par la cavalerie allemande, devant des troupes françaises arrivant de Mehun. Le soir du même jour, on lui annonçait que la garnison de Gien \ attaquée par des forces supérieures venues de Briare, avait été repoussée sur Ouzouer. De ce double fait il croyait pouvoir conclure que Bourbaki se disposait à reprendre le projet de marche sur Montargis et Fontainebleau qui avait échoué une première fois au commencement de décembre.
En dehors des fractions du I" corps bavarois déjà arrivées aux environs d'Orléans, Frédéric-Charles ne pouvait disposer d'aucune troupe, tant qu'il n'en aurait pas 'fini avec Chanzy sur le Loir. Il se borna par suite à prescrire à von der Tann de se maintenir énergiquement dans Orléans, au besoin en prenant position derrière le canal. Mais, par l'intermédiaire du général de Moltke, il fit inviter von Zastrow à marcher aussi rapidement que possible de Châtillon-sur-Seine vers Auxerre et Clamecy. Le VIP corps pourrait ainsi se jeter sur le flanc droit de nos colonnes, si elles s'avançaient réellement le long du Loing.
Le matin du 16 décembre, Frédéric-Charles, alors à Suèvre, apprit que le détachement de Gien était arrivé à Ouzouer-sur-Loire. A la Chapelle-Vendômoise, où il se rendit vers midi, on était sans nouvelle d'engagements récents sur le Loir. L'état-major de la IP armée en déduisit que nous voulions nous retirer sans combattre. Il se hâta de parer au danger qu'il croyait imminent dans l'Est.
Le IX*^ corps atteignait alors la Chapelle-Vendômoise : il reçut l'ordre de rebrousser chemin, à marches forcées, sur Beaugency, de façon à atteindre Orléans le 17 *. Un peu plus tard, les premières suppositions du prince ayant paru se con-
1.3 batailloDs et 3 escadrons. Les troupes auxquelles cellos-ci eurent affaire étaient celles du général de Pointe de Gôvigny, commandant la subdivision de la Nièvre, renforcées du 92* de ligne, lui-môme détaché du 18* corps.
2. Il fit ainsi une marche de plus de il milles allemands (82,500 mètres) en 24 heures (État-major pnittien).
firmer, il prescrivait au IIP corps d'aller cantonner, le même jour, le plus loin possible vers Test \ il serait le 17 à Mer, et le 18 à Beaugency. De même, la 6* division de cavalerie marcherait sur Séris le 16, et s'étendrait le 17 jusque vers Coulmiers.
Le soin de poursuivre Chanzy était donc laissé aux troupes du grand-duc, renforcées de la 1'® division de cavalerie et du X* corps. Ce dernier, tout en occupant Blois et en maintenant des détachements le long du Loir, devait pousser sur Tours et détruire d'une façon durable les voies ferrées qui en rayonnaient vers le sud. Au contraire, l'Armee-Abtheilung se dirigerait sur Châteaudun, pour disperser celles «de nos troupes qui, croyait-on, se concentraient dans cette direction. Le grand-duc redeviendrait alors indépendant de la II'' armée. Toutes ces dispositions procédaient, on le voit, d'une ignorance absolue de notre véritable situation. Au lieu de marcher sur Fontainebleau, Bourbaki ne songeait alors qu'à se retirer sur Saint-Amand ; la réoccupation de Gien et de Vierzon par nos troupes n'avait d'autre portée que celle de démonstrations timidement entreprises, en l'absence de toute force sérieuse' pour s'y opposer ; enfin Châteaudun avait été un moment seulement l'objectif de fractions peu importantes du 21*' corps.
Quoi qu'il en soit, l'erreur d'appréciation commise par Frédéric-Charles et par le général de Moltke eut pour résultat de favoriser grandement la retraite de Chanzy. Le IX* corps prussien atteignit Orléans le 17 ; le III'' corps et la 6* division de cavalerie étaient encore à Beaugency et à Coulmiei*s le même jour. En arrivant à Orléans le 18, Frédéric-Charles se rendit compte de l'inutilité du mouvement qu'il venait d'exécuter ► Jîotre pointe sur Gien n'avait aucune importance, et notre attitude au nord de Bourges n'était rien moins qu'agressive. Les trois corps d'armée et la division de cavalerie concentrés autour d'Orléans purent donc s'établir en cantonnements et prendre quelques jours de repos.
Notre inaction dans la vallée de la Saône, l'évacuation de plusieurs des points que nous y occupions avaient convaincu
le général de Moltke que le gros de nos forces se concentrait sur la Loire, et que notre intention n'était pas de prendre TofiFensive dans l'Est. C'est ce qui fit que, comme nous l'avons vu, le VII* corps fut dirigé de Châtillon-sur-Seine sur Auxerre et Clamecy (16 décembre). Il y serait à portée d'agir simultanément dans les vallées de la Loire et de la Seine, tandis que le XIV*, seul, demeurerait chargé de la surveillance du bassin de la Saône. Jusqu'au l" janvier 1871, cette répartition ne devait pas être modifiée, du moins dans ses grandes lignes. Aussi le mouvement de Bourbaki sur Besançon était-il déjà en cours d'exécution que l'attention de l'ennemi demeurait toujours fixée sur la Loire*. Cette circonstance était de nature à grandement favoriser nos projets.
Vers le milieu de décembre, la situation générale des Allemands était la suivante. Les avant- gardes de leurs P* et IP armées avaient atteint l'embouchure de la Seine ou la région au sud de la Loire. Derrière elles deux autres armées tenaient Paris bloqué ; deux corps d'armée indépendants, divers détachements et des troupes de garnison ou d'étapes étaient répartis entre Paris et la frontière de l'Est. L'ennemi occupait déjà près d'un tiers de notre territoire; ses relations avec la mère-patrie étaient sensiblement gênées par les places que nous occupions encore, ainsi que par les destructions opérées sur certaines voies ferrées. Ces considérations réunies conduisirent le général de Moltke à faire de nouveaux efforts pour restreindre le cadre des opérations en cours.
Le 17 décembre, les P* et II* armées étaient invitées à établir leurs masses principales en des points bien choisis, et à nous en tenir suffisamment écartés. En dehors d'un cercle assez restreint, il faudrait se borner à attendre notre offensive, sauf à riposter dans ce cas par des coups rapides et décisifs.
La I'* armée établirait son centre d'action à Beauvais ; la IP rayonnerait autour d'Orléans, en laissant seulement des détachements à Blois, dans la vallée du Cher et à Gien. Quant à l'Armee-Abtheilung, après la fin de la poursuite