‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 49 sur 185 · État-major prussien, p · texte numérisé non relu

État-major prussien, p

2. La division Barry et la brigade Paris s'établirent derrière la Brave, le long > de la roule de Lavenay à Bessé. (Voir les Historiques des 3S'> de ligne et 12°

d'artillerie.)

La 2« brigade de la division Deplanque s'installa ù la Chapelle-Huon (Les Mobiles de Maine-et-Loire).

sections de la 20*^ batterie du 13" régiment) fut attaquée entre Epuisay et Sargé. Le général von Voîgts-Rhetz avait en effet prescrit à la 20* division d'observer notre retraite. Le 17 décembre, elle poussa de Vendôme sur la route du Mans un fort détachement ^ qui, vers 1 1 heures du matin, attaqua notre arrière-garde aux abords d'Épuisay. HabUement dirigés par le capitaine adjudant-major Gélormini et soutenus par les quatre pièces de la 20*^ batterie du 13* régiment, les deux bataillons du 5P de marche firent bonne contenance. Après avoir arrêté les Allemands jusque vers 2 heures, ils se mirent en retraite sur Sargé, suivis à distance par Tennemi qui cantonna à Azay, non sans avoir capturé plusieurs centaines de traînards et quantité d'armes abandonnées'.

Un incident analogue signalait la retraite du 21*^ corps. On se rappelle que dans la soirée du 16 la division de mobilisés bretons du général Gougeard avait quitté les environs de Cloyes pour se diriger sur Droué.

La nuit était froide et sombre, les chemins difficiles ; sur plusieurs points, ils avaient été coupés par l'autorité civile ^ qui espérait ainsi ralentir les mouvements de l'ennemi. La marche en fut si fort retardée, que la division atteignit Droué dans le matinée seulement. Elle y fit halte sous la protection de petits postes.

De son côté, la 5' division de cavalerie prussienne s'était. déjà heurtée le 16, au nord de Cloyes, à des détachements du général Gougeard. Après s'être mise en relation à la Ferté- Vineuil avec la 4* division de cavalerie, elle reçut du grandduc l'ordre de s'établir le long de l'Yères et de prendre plus complètement le contact aves notre gauche. Le 17, la 13* brigade se porta donc sur Arrou et la réserve ' de la division sur Châtillon-en-Dunois. En même temps la 12*^ brigade marchait

1. 4 bataillons, 2 escadrons et 2 batteries, renforcés le lendemain d'un bataillon, 4 escadrons et i batterie à cheval (Ètat-major prussien, p. 699).

2. Historique du 5i^ de ligne, État-major pi-ussien, La 3« division du 17« corpss'établit également vers Sargé {Souvenirs citésV

3. Une partie des 6 bataillons de landwehr attachés à la division, la batterie de réserve, 2 batteries du IX« corps et le 10« hussards avaient été groupés ea une réserve (État-major prussien).

sur Cloyes; la 11* demeurait à Courtalaîn. Apprenant que Cloyes venait d'être évacué, le générai von Barby jeta 8ur Mondoubleau un fort détactiement, chargé de poursuivre les mobilisés bretons \ Il survint à Droué au moment où ceux-ci se mettaient en marche vers Saint- Agil. Après avoir enlevé leurs avant-postes, il pénétra de plusieurs côtés à la fois dans la ville. En même temps, une batterie y jetait des obus. Le désordre fut extrême ; cependant les mobilisés se rallièrent sur la place centrale ; une demi-batterie de mitrailleuses Gattling et une batterie de montagne ouvrirent le feu sur le débouché des rues occupées par l'ennemi, à moins de 150 mètres. Puis Gougeard s'élança à la tête des mobilisés qu'il avait pu grouper et refoula les Allemands en leur faisant des prisonniers. Ceux qui avaient pénétré dans les maisons en furent chassés, après un assez long combat.

Au bruit du canon, les fractions de la division Gougeard déjà en marche s'étaient arrêtées ; le bataillon du 19* de ligne et les deux compagnies de la légion étrangère vinrent menacer le flanc droit de l'ennemi, ce qui précipita sa retraite.

Cet engagement, très meurtrier malgré son peu de durée, nous coûtait une centaine d'hommes dont 5 officiers et 1 aumônier tués. L'ennemi avait éprouvé des pertes beaucoup moindres».

La division Gougeard reprit ensuite sa marche vers Saint- Agil, non sans que son arrière-garde fût de nouveau attaquée. La 13* brigade de cavalerie, qui revenait d'Arrou (2 heures), la fit canonner près de la Fontenelle ". Mais cet engagement n'eut aucune suite et, vers 6 heures et demie, notre colonne atteignit Saint-Agil, où la route devint complètement impraticable. Il fallut atteler jusqu'à 14 chevaux à nos pièces de 12 pour leur en faire franchir certaines parties. Ce mauvais pas

1. Etat-major prussien, p. 696. Ce détachement était composé de i bataillon de landwehr, 5 escadrons et i section d*artillerie à cheval.

2. 1 officier et 14 hommes. Diaprés le docteur Chenu, nous aurions eu 14 lues et 35 blessés. Nos chiffres, empruntés à Touvrage du général Gougeard, paraissent plus vraisemblables.

3. La division Gougeard engagea une batterie et demie de mitrailleuses, 2 batteries de 4 de montagne, soutenues par 2 bataillons.

ne put même être complètement dépassé avant le 18 décembre, à 3 heures du soir^

En somme, les circonstances étant données, la retraite de Tarmée s'opérait dans des conditions aussi favorables que possible. Il faut dire que le grand-duc de Mecklembourg n'avait rien fait pour la gêner sérieusement. Le matin du 17, en exécution des ordres de Frédéric-Charles, il prescrivit à von Wittich de franchir le Loir avec la 22* division, la 4" brigade bavaroise d'infanterie et la 3* brigade de cavalerie prussienne, pour prendre position sur la route de Vendôme à Chartres. Jusqu'à nouvel avis, le reste de TArmee-Abtheilung resterait dans ses cantonnements. La 22® division passa donc le Loir à Saint-Hilaire et s'établit entre ce point et Fréteval ; la 4« brigade bavaroise poussa jusqu'à Busloup, en détachant des patrouilles vers Danzé.

L'exécution de ces mouvements fit connaître au grand-duc que nos troupes s'étaient déjà sensiblement éloignées vers l'ouest et qu'il lui faudrait entreprendre une opération de large envergure pour reprendre le contact avec elles. Mais l'Armee-Abtheilung, continuellement en marche depuis six semaines, avait un besoin urgent de repos. Il décida par suite de rester en position le 18, puis de se diriger sur Chartres sans plus rien tenter contre nous.

Le 17 au soir, la 22® division reçut l'ordre de cantonner autour de Cloyes, et la 4* brigade bavaroise autour de Fréteval. C'est à ce léger déplacement d'une partie de TArmee- Abtheilung, à la pointe isolée de la 5® division de cavalerie sur Droué et à celle du X® corps vers Epuisay que se borna la poursuite des Allemands après les combats du Loir.

1. Rapport du lieutenant de vaisseau Coq. La 4fi diviaion du 2i« corps rallia à Saint-Agil la division Rousseau (ir« du 21»).

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