Chanzy, ouvrage cité, p
136 J0S2iES, VENDOME, LE MANS.
gro8.cn cantonnements à Monnaie et à Reugny. Le lendemain, 22 décembre, trouvant encore sa position trop aventurée, il ramenait les fractions sous ses ordres directs dans les environs d'Autrêche et d'Herbault. Ce recul inexplicable laissait en notre pouvoir Tours et les importantes bifurcations de voies ferrées qui Tavoisinent.
L'affaire de Monnaie et l'évacuation si précipitée de Tours décidèrent la Délégation à mettre sous les ordres de Chanzy la colonne Ferri-Pisani, alors à Langeais^, et celle que le général de Curten formait à Poitiers. Le ministre les invita tous deux à se porter sur Château - Lavallière , important nœud de routes situé entre le Loir et la Loire. Dans sa pensée, ces troupes pourraient à la fois couvrir les communications de Tours au Mans et menacer le flanc de Tennemi s'il venait à desccndi*e le val de la Loire. En cas de nécessité, elles se retireraient aisément derrière le Loir, du Lude à Château-du-Loir, et s'y relieraient à Barry. Cet officier général s'était porté le 20 décembre à Chahaignes. Outre ce village et Jupilles, sa division et la brigade Paris, du 17* corps, qui opérait avec elle depuis la retraite de Vendôme, occupaient Pont-de-Braye et la Chartre. Il allait envoyer le. colonel Desmaisons à Château-du-Loir, avec quelques troupes*.
Malheureusement la division Barry était fort affaiblie. L'effectif du 38* de marche, par exemple, ne dépassait pas 700 à 800 hommes ; celui du 66* mobiles (Mayenne) était encore moins élevé. Aussi Barry informait-il Chanzy qu'il ne pouvait songer à prendre l'offensive. Malgré l'extrême misère de ses troupes, les autorités civiles se montraient trop souvent indifférentes à leurs besoins, et ce fa^t déplorable n'était point isolé. Dans une région voisine, le colonel de Cathelineau signalait alors le transport continuel de vivres
1. D*aprôs Chanzy. Cependant le 8^ hussards, qui en faisait partie, était le 21 à Chàteau-Lavalliéro {Historique du corpt).
2, Télégramme de Barry à Chanzy (2X décembre). Il y avait alors 3 bataillons, 4 pièces et un peloton de lanciers à Pont-de-Braye ; 4 bataillons, 2 escadrons et demi et lO pièces à la Chartre (général Paris) ; 800 hommes du di<' de marche, 800 hommes du 38«, 600 du 66^ mobiles (Mayenne) et 12 pièces à Chahaignes; une réserve de 4 ou 5 bataillons à Jupilles.
Combat
que « les habitants cherchaient par tons les moyens à vendre à Tennemi ».
Autour du Mans, le gros de l'armée se couvrait d'avantpostes de cavalerie ou de francs-tireurs, comme l'avait prescrit Chanzy. En outre, chaque corps d'armée envoyait des reconnaissances incessantes en avant de son front. Le 16? corps poussait des partisans jusqu'à Château-du-Loir| Lavenay, Epùisay, Vibraye, Montmirail et reliait ainsi Jauréguiberry à Barry. Outre sa division de cavalerie, l'amiral avait à sa disposition, pour ce service, les éclaireurs algériens, alors à Tresson, et l'escadron d' éclaireurs du capitaine Bernard. Le colonel de Cathelineau, à Vibraye depuis le 25 décembre * avec ses corps francs et le 3*. bataillon des mobiles de la Dordogne, était chargé d'explorer le Perche vers Montmirail, Authon et Brou. Plus à l'ouest, le colonel de Lipowski surveillait la direction de Nogent-le-Rotrou et de Chartres. Quant au 21* corps, ses avant-postes de cavalerie s'étendaient vers Beaumont, Mamers et le Theil ; ils se reliaient à ceux du 17* corps à hauteur de Beaumont.
Pendant que notre armée s'installait ainsi autour du Mans, les fractions du X* corps prussien stationnées à Vendôme y restaient immobiles, et le grand-duc commençait (21 décembre) son mouvement sur Chartres. Le 24, il avait atteint ses nouveaux emplacements : la 22* division d'infanterie et la 9* brigade de cavalerie occupaient Châteauneuf-en-Thimerais, Nogent-le-Eoi et Maintenon ; la 17* division était à Chartres et la 2* division de cavalerie, soutenue par un bataillon, à Bonneval, d'où elle reliait l'Armee-Abtheilung au X* corps. Enfin la 4* division occupait des cantonnements en arrière du centre du grand-duc».
1. Le corps Cathelineau fit partie du 15® corps et de la i'* armée jusqu'au 19 décembre. A cette date, pour éviter tout contact entre lui et Garlbaldi, on le fit passer à la 8* armée. Le 24 décembre, il était à Montfort et le 25 à Vibraye. Sou efi'ectlf était alors de 2,000 hommes, et il avait avec lui une batterie de montagne. La légion bretonne et provençale, les francs-tireurs de Rochefort, le bataillon de tirailleurs algériens du commandant Boussenard étaient restés à la i'^^ armée. (Le Corps Cathelineau pendant la guerre, par le général de Cathelineau.)
a. Le 22 décembre la brigade bavaroise quittait les troupes du grand-duc
Quant à la ô* division de cavalerie, elle se conformait au mouvement de rArmee-Abtheilung et, le 22,, elle était à Nogent-le-Rotrou. La nuit précédente, une compagnie du 56* de marche, détachée de Connerré par le lieutenant -colonel Villain, avait capturé 25 cuirassiers. et 32 chevaux dans la ferme Brisson, située un peu au sud« Le 23 décembre, sur un télégramme du général de Moltke, la ô* division quittait Nogent-le-Rotrou pour aller de nouveau s'établir à l'ouest de Houdan. Le 29, elle était entre Yemon et Dreux, Les Allemands avaient donc entièrement perdu le contact de nos troupes, et cette situation devait se prolonger durant toute la fin de décembre. Ils mettaient cet intervalle à profit- pour combler une partie des vides survenus dans leurs rangs, pour remettre en état leur équipement fort endommagé par la marche et les intempéries. C'est ainsi qu'à la 22* division il ne manquait pas moins de 3,582 paires de bottes sur un effectif présent de 6,222 hommes ^ ; les trois quarts de ceux-ci portaient des pantalons de coutil par-dessus ceux de drap, complètement hors d'usage. Si les souffrances étaient extrêmes pour nos jeunes soldats, l'ennemi s'affaiblissait peu à peu, lui aussi, pendant cette dure campagne d'hiver succédant à des mois de mouvements et de combats ininterrompus.
pour rallier son corps d*armée à Orléans. 2 batteries du IX» corps, détachées à la 5« division de cavalerie, furent rattachées à la 22^ division le 19. [Étatmajor prussien.)
1. Von Wittich, ouvrage cité ; l'effectif des corps de la division était réduit à 1,699 hommes pour le 32®, à 1,584 pour le 96®, à 1,378 pour le 83«, à i,3io pour le 94». La division avait 2,194 blessés et 2,640 malades aux ambulances, non compris 256 malades transportés sur ses voilures. Elle avait eu 728 disparus du commencement de la campagne au 21 décembre.