‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 60 sur 185 · Chanzy, ouvrage cité, p · texte numérisé non relu

Chanzy, ouvrage cité, p

le 36* de marche sur Espéreuse, la Hale-de-Champ, Poirier et Bel-Air. Le 38'' de marche allait d'Azay, par Espéreuse, sur la Jousselinière et le plateau de Bel- Air ; le 66* mobiles, parti également d'Azay, prenait la même direction par la forêt ; enfin le 46* de marche, parti de Mazàngé, longeait la forêt au sud pour aboutir aux Tuileries. Le 45' de marche et le 70* mobiles suivaient le 46* en réserve \

D'après les prévisions du général de Jouffroy, ces colonnes devaient atteindre vers midi les abords de Bel- Air; elles attaqueraient aussitôt les ouvrages de campagne jadis construits par nous et occupés, croyait-il, par une partie de l'artillerie allemande.

Mais toutes ces combinaisons furent bouleversées par un fait très simple. Comme nous l'avons vu, au lieu de demeurer immobile à Vendôme en attendant notre, attaque, le général von Ejraatz dirigea une reconnaissance offensive à la fois sur Azay et sur Danzé. Tandis que von Luderitz se portait vers ce dernier point par la route de Saint- Calais à Frète val, le général von Diringshofen marchait sur Azay, en se couvrant de deux détachements de flanc, l'un dans la forêt de Vendôme, l'autre vers le Gué du Loir. De cet enchevêtrement des colonnes françaises et allemandes devait fatalement résulter un ensemble d'actions fort décousues, incertaines quant à leur résultat final ^.

Partis de grand matin d'Azay et de Danzé, les 36* et 38* de marche opérèrent leur jonction vers 9 heures au Ripiér, sur le chemin de Danzé à Vendôme. Puis le colonel Baille dirigea le 36* avec quatre pièces sur Espéreuse, pour couvrir sa gauche. A droite il détacha le 2* bataillon du 38*, afin de se relier au 66* mobiles. Enfin, avec les 1*' et 3* bataillons du

1. Ces deux corps no furent pas engagés. Les autres Iroupes de Jouffroy paraissent ôtre demeurées dans leurs cantonnements, à Texception des éclaireurs algériens dont nous parlerons plus loin. Le général de JoulTroy mit donc en ligne 12 bataillons, la colonne Thiéry comprise.

2. Voir pour ces combats, outre l'ouvrage du général Ghanzy, qui présente des lacunes, Texcellent Hiêtorique du 38^ de ligne (capitaine d*Izarny-Gargas), les Souvenirs déjà cité, les Historiques des 33^, 36^ et 46^ de ligne, le récit de VÉtat-major prussien. Celui-ci renferme de nombreuses erreurs, dont quelquesunes semblent préméditées.

154 JOSNË8, VENDOME, LE MAKS.

38* de marche et 4 pièces, il poursuivit sur Vendôme par la Jousselinière et la lisière est de la forêt.

Vers midi, après avoir refoulé quelques uhlans, la compagnie d'avant-garde du 38* abordait le plateau de Bel-Air. Elle était accueillie par une vive fusillade et obligée de se déployer derrière une haie. Un bataillon prussien accouru de Vendôme venait de prendre position entre les Tuileries et Bel- Air ; un second bataillon suivait en réserve.

Le feu de l'ennemi obligeait d'abord la batterie du colonel Baille, établie sur la lisière est de la forêt, à se porter plus au nord. Mais le 3' bataillon du 38* entrait en ligne tout entier et, avec l'aide de notre artillerie, il ne tardait pas à s'emparer du château de Bel-Air*. L'ennemi, débordé sur sa gauche, était refoulé vers le remblais du chemin de fer, derrière lequel il faisait tête.

Cependant le bataillon qui flanquait à droite la colonne Diringshofen avait traversé la forêt de Vendôme. Arrivé aux Petites -Belzéveries, il ne tarda pas à s'engager contre une partie du 66* mobiles, qui exécutait le mouvement prescrit par le colonel Baille. Vers midi, au bruit du canon qui croissait d'intensité vers Vendôme, il se retira sur les Tuileries. Il déboucha de la forêt en face de la droite du 38* de marche, mais pour être aussitôt tenu en échec par le 1*' bataillon , resté jusqu'alors en réserve. En même temps, le colonel Baille invitait le 36* de marche à s'avancer sur Vendôme par Poirier et Villeporcher, de façon à prolonger sa gauche.

A droite, sur la route de Saînt-Calais, le général von Diringshofen s'était avancé jusqu'à Vau-Moreau en refoulant de petits détachements français. Là, sa tête de colonne fut arrêtée par un feu vif venant d'Azay et de la Mérillière. En effet, le 66* mobiles, parti d'Azay, allait entrer dans la forêt au moment de l'apparition de l'ennemi à Vau-Moreau. Les mobiles de la Mayenne firent aussitôt front vers la droite, mais l'artillerie allemande ne tarda pas à les refouler de la

1. Historique du 3S^ de ligne. D'après VÉtat'major prutnen, le château de Bel-Air n'aurait pas été occupé par les Allemands.

Mérillière. Diringshofen allait prendre FoflFensive vers Azay, quand il fut à son tour pris de flanc. Pendant qu'il marchait de Mazangé à Vendôme, le 46" de marche débouchait sur le plateau à Test du Briard et attaquait sa gauche \ Il fut contraint de se replier et de jeter dans le bois de Villechatin un bataillon qui parvint à arrêter le 46* de marche. D'ailleurs, à ce moment, le général von Kraatz savait que nous avions pris Tofifensive à Bel-Air et aux Tuileries contre sa droite. Ne voulant pas laisser Diringshofen s'attarder à sa gauche, il lui donna ordre de se replier sur Vendôme, ce qui fut fait. Toutefois un bataillon prussien, resté en position près de Huchepie pour couvrir cette retraite, ne parvint pas sans peine à se dégager.

L'intervention de la colonne de gauche du général von Diringshofen contribuait à ralentir nos progrès. Les deux pièces de ce détachement avaient d'abord délogé des fractions du 46* de marche de Villiers et du bois de la Boissière. Mais les Allemands ne tardèrent pas à être obligés de se retirer vers Montrieux, où ils demeurèrent jusqu'à ce que la colonne principale eût atteint Courtiras.

Il était trois heures environ : l'ennemi avait réparti un bataillon et demi des deux côtés du chemin des Tuileries à hauteur du cimetière de Vendôme ; à gauche, jusqu'à Courtiras, s'étendait la majeure partie des troupes ramenées par Diringshofen. Le reste gardait Vendôme ou servait de soutien aux six batteries qui avaient successivement pris position sur les hauteurs au sud de la ville.

A ce moment nos tirailleurs prirent TofiFensive sur toute la ligne. Malgré le feu très vif de l'artillerie allemande, le 46* de marche s'empara de Courtiras et poussa l'ennemi, la baïonnette dans les reins, jusqu'à la gare de Vendôme ; les mobiles de la Mayenne et le 1*' bataillon du 38* le refoulèrent également vers le cimetière. Deux compagnies du 46', ca-

1 . VÉtat-major prussien dit que les Allemands furent attaqués par «ta? bataillons français ; c'est trois bataillons qu'il faut lire, car le 45» de marclie demeura en réserve {Souvenirs cités).

pitaine Richert, purent même s'avancer jusqu'au château de la Varenne, entre Courtiras et la voie ferrée. Elles s'y retranchèrent et, malgré un grand nombre d'obus qui détruisirent une partie des bâtiments, s*y maintinrent jusque vers 7 heures du soir. Elles se retirèrent alors sur Courtiras, ramenant vingt prisonniers *.

Vers le cimetière, nos efforts contre le remblai de la voie ferrée se renouvelèrent à plusieurs reprises, mais sans être suffisamment prolongés ; ils furent toujours arrêtés par l'artillerie allemande placée au sud de Vendôme.

A 4 heures, le 36* de marche parvint à enlever plusieurs maisons du faubourg, mais la nuit arriva avant que cette offensive eût obtenu des résultats décisifs. Nos troupes demeurèrent sur les positions conquises, dans le voisinage immédiat de l'ennemi. Jouffroy était à Huchepie.

A son extrême droite, le colonel Goursaudavait établi dans la matinée un pont provisoire à Lavardin. Avec ses éclaireurs algériens il passa le Loir et se dirigea sur Villavard, Saint- Rinay, VarennesetVillaria, en culbutant quelques cuirassiers prussiens à Varennes. Mais Villaria était occupé par de l'infanterie ; de plus, une batterie ouvrit le feu des hauteurs de la Chaise, pendant qu'une colonne d'infanterie et de cavalerie menaçait le âanc droit des éclaireurs. Ceux-ci se replièrent rapidement sur Varennes en traversant une ligne de cavalerie ennemie. Ils repassèrent ensuite le Loir à Lavardin et s'établirent à Montoire, après avoir replié le pont*.

Ainsi la démonstration projetée à la droite de Jouffroy n'avait qu'imparfaitement réussi. A sa gauche, la cavalerie du 16® corps n'avait pu rétablir le pont de Lisle et ne s'était pas montrée dans le bois deMeslay, suivant les ordres donnés. Enfin la colonne Thiéry avait subi un échec complet sur la route de Saint-Calais à Fréteval.

1 . Historiques des 38^ et 46^ de ligne. V État-major prussien déflgiire entièrement cette affaire ; d'après lui, notre retraite vers Courtiras aurait eu lieu beaucoup plus tôt.

2. Les (Sclaireurs algériens perdirent lO hommes et lO chevaux. VÉtat-major prussien dit qu'ils étaient suivis d'une colonne d'infanterie, ce qui parait faux.

La !'• brigade de cavalerie prussienne (deux régiments de cavalerie, deux compagnies d'infanterie, une batterie à cheval) était partie de Fréteval à 7 heures du matin. Vers 9 heures elle arriva en vue de Danzé, que venait d'atteindre la colonne Thiéry, forte, nous l'avons dit, de 4 bataillons et de 4 pièces. Malgré leur très grande infériorité numérique, les Allemands prirent l'offensive ; tandis qu'une partie dé leur cavalerie marchait sur le Pré pour tourner notre gauche, quatre pièces canonnaient Danzé des Alluets, et leurs deux compagnies d'infanterie s'avançaient sur la route. Il est triste d'avoir à ajouter qu'elles purent ainsi arriver jusqu'à celles de nos quatre pièces qui étaient en position au sud de la route. Leur soutien se dispersa ; une pièce et un avant- train tombèrent aux mains des Allemands, qui attaquèrent ensuite notre autre section de 4 ; elle perdit à son tour deux pièces et un avant-train. La colonne Thiéry, chassée de Danzé, fut poursuivie jusque vers Epuisay pa^ trois escadrons de cuirassiers. Vainement un détachement français tenta ime diversion sur le flanc gauche ennemi ; il fut arrêté par la cavalerie prussienne. Malgré ce succès inattendu, von Luderitz se mit en retraite vers t heure et atteignit ses cantonnements du matin sans avoir été suivi par nous. Il ramenait avec lui trois pièces et une cinquantaine de prisonniers, dont trois officiers. Quant à la colonne Thiéry^, elle se jeta au sud de la route de Saint-Calais à Morée et rallia fort avant dans la soirée les colonnes Marty et Baille.

A l'annonce de cet échec, Jouffroy, craignant un mouvement offensif de l'ennemi sur ses derrières, se hâta d'ordonner la retraite. Vers 2 heures du matin, ses troupes quittèrent leurs positions au nord de Vendôme pour regagner Espéreuse, Fortan, Savigny, Lunay et Mazangé. Ce déplacement échappa d'autant plus facilement à l'ennemi qu'il ne pouvait s'y attendre. Il avait perdu deux cent trente hommes

1. V État-major prussien cherche à enflor encore ce trop réel succès en donnant S batteries au colonel Thiéry, qui avait -4 pièces seulement.

1Ô8 JOSNëS, VENDOME, LE MANS.

environ, dont une centaine de prisonniers ^ Nos pertes durent être sensiblement supérieures, même en dehors de celles éprouvées à Danzé. Pourtant cette démonstration sur Vendôme aurait été un succès sans Tinconcevable échec de la colonne Thiéry. Il faut d'ailleurs reconnaître que la direction générale avait laissé beaucoup à désirer, de part et d'autre. Si, de même qu'à Montoire le 27, les Allemands avaient commis rimprudence d'éparpiller leurs forces, nos dispositions n'étaient pas meilleures. La multiplicité de nos colonnes, engagées dans des chemins difficiles, devait fatalement empêcher notre attaque d'être exécutée avec l'ensemble désirable. Il est permis de croire que, si nous nous étions portés sur Vendôme par deux routes seulement, en confiant à la cavalerie du 16° corps le soin de garder la route de Saint-Calais à Morée, le résultat final eût été moins fâcheux.

Pendant le combat de Vendôme, le général de Curten restait à Château-Renault, en se bornant à inquiéter faiblement les avant- postes de la 19° division établis le long de la Cisse. Von Voigts-Rhetz put donc diriger sur Vendôme la 38* brigade avec de la cavalerie et de lartillerie. Ces renforts n'atteignirent leur destination que le 1" janvier, et la retraite de nos troupes leur permit de rentrer à Blois dès le jour suivant.

Nous avons dit que, dans la nuit du 31, la plupart des troupes de Jouffroy avaient regagné leurs positions du 25. Pour assurer sa retraite, il laissa la colonne Marty àEspéreuse, les colonnes Falcon * et Thiéry à Azay. Dans la soirée, elles

1. Chanzy dit 200 ; voici les chiffres de V État-major prussien : Tués : 2 officiers, a 2 hommes ;

Blessés : 6 officiers, 88 hommes ;

Disparus : l officier, 99 hommes ;

Total : 9 officiers, 219 hommes.

De Dotre côté, le 88<> de marche eut 2 officiers et 50 hommes hors de combat ; le 86® de marche, 25 tués et 43 blessés ; les éclaireurs algériens, lo tués ou blessés.

D'après le docteur Chenu, nos pertes atteignirent environ 260 hommes hors de combat.

2. Le lieutenant-colonel Falcon, du 74® mobiles, commandait le i®' bataillou de ce régiment. ...

se replièrent à leur tour sur Epuisay, Savigny et Fortan, qu'occupait déjà Baille. Toute la colonue Jouffroy était donc répartie de Montoire à Fortan, sur un espace de 20 kilomètres environ \ Les Allemands ne constatèrent notre retraite que le 1" janvier, vers 11 heures du matin. Ils tentèrent à peine de nous poursuivre ; cependant cinq escadrons et quatre pièces, lancés sur la route de Vendôme à Epuisay, mirent en désordre plusieurs détachements du 33* de marche qui venaient d'Azay . Us furent recueillis par des troupes établies au delà du ruisseau d'Azay et que deux bataillons prussiens tentèrent inutilement de déloger.

Après notre échec du 31 décembre, il semblait que le g-énéral de Jouffroy n'eût plus qu'à concentrer ses troupes entre le Mans et Vendôme, tout en gardant le contact avec l'ennemi. Il aurait ainsi été dans les meilleures conditions, soit pour rallier la 2"^ armée, au cas où les Allemands prendraient l'offensive, soit, au contraire, pour prendre part à un mouvement général de l'armée vers le Loir. Malheureusement les vues du général en chef et celles de son subordonné n'étaient point les mêmes. Le premier voulait que Jouffiroy se bornât à harceler l'ennemi, à dégager le pays entre le Loir et la Loire en vue d'opérations ultérieures *. A ses yeux, le général de Jouffroy « avait à déloger l'ennemi de Vendôme, si cela lui était possible, et, dans ce cas, à le repousser de Blois' ». Ce programme, déjà fort étendu, eût gagné à être précisé davantage. Il ne suffisait pourtant pas à Jouffroy, qui désirait donner plus d'ampleur à son mouvement. Comme nous l'avons dit, en se portant sur Vendôme, il croyait que

1. Aux Roches, i bataillon du 45« de marche» i baUerie, i compagnie du géDie ; A la Barre, i bataillon du 46® ; A la Fosse, i bataillon du 4,5^ ; A Mazières, le i^r chasseurs de marche ; A MoDtoire, les éclalreurs algériens ; A Troo, le 8® de cavalerie légôre mixte ; A Savigny, le 3® cuirassiers de marche ; A Fortan, le S3« de marche, a. Dépêche du 2 janvier à Jouffroy, 8. Dépêche du 4 janvier au capitaine Bernard,

160 JOSKES, VEXDOME, LE MAK8.

toute rarmée ne tarderait pas à l'y suivre. Avec raison, Chanzy se refusait à laisser engager des opérations en dehors de celles qu'il aurait déterminées.

Ce défaut d'entente faisait ressortir l'un des inconvénients majeurs de Tenvoi des colonnes mobiles ; elles tendaient à échapper à la main de Chanzy. Il en résulta une sorte de discussion, inadmissible entre un général en chef et l'un de ses lieutenants, mais qui ne s'en prolongea pas moins jusqu'au 4 janvier. Dans l'intervalle, les troupes de Jouffroy gardèrent leurs emplacements du 1*', en se bornant à envoyer des reconnaissances. Le 2, plusieurs d'entre elles poussèrent jusqu'à Busloup, à Courtiras et à Varennes ; partout l'ennemi céda le terrain, et nous réoccupâmes Villiers. Le 3, nous franchîmes sur plusieurs points le lit glacé du Loir. Enfin, le 4 janvier, une forte reconnaissance chassa l'ennemi de Montrieux ; touttefois elle rapporta que les Allemands concentraient des forces considérables à Vendôme.

A la même date, on signalait une semblable concentration vers Saint- Amand. Nous avons dit que la colonne Curten était vers Château-Renault le 31 décembre. Lé 1" janvier, dans une reconnaissance sur Saint-Amand, le 3" escadron du 8* hussards parvint à Vîlle:hauve et à Authon, en refoulant quelques cavaliers allemands. Deux pelotons du même régiment poussèrent jusqu'à Herbault, sans plus de difficulté.

Le 2 janvier, le colonel de Lacombe, avec deux escadrons du 8' hussards, deux escadrons du 1*' chasseurs d'Afrique de marche, une section de 4 et deux bataillons du 76* mobiles (Ain, Aude, Isère), dépassait Saint-Amand dans la direction de Vendôme. De son côté, l'ennemi, dont l'attention avait été éveillée par la reconnaissance de la veille, poussait vers Château -Renault une colonne d'un bataillon, deux escadrons et une section d'artillerie. Un petit engagement en résultait près de Villechauve. Le même jour, un escadron du 8* hussards surprenait des uhlans en réquisition à Lancé, à l'est de Saint-Amand, et leur enlevait 15 cavaliers, 13 chevaux, 10 voitures d'avoine et des bestiaux.

A ce moment, Chanzy jugeait nécessaire que Curten prît

l'offensive pour dégager Jouflfroy au nord de Vendôme. Dans ce but, il le fit renforcer par une colonne aux ordres du lieutenant-colonel Jobey, du 40* de marche \ Avec cinq bataillons, quatre pièces de 4 et un peloton de cavalerie, cet ofiicîer se porta le 4 janvier de laChartre sur Villeporcher, Villechauve et Monthodon. Enfin le lieutenant-colonel de Lambilly, chef d'état-major de Jauréguiberry , fut chargé d'amener à Château- Renault la fraction de la division Barry restée avec l'amiral, en même temps que des renforts d'artillerie et de cavalerie. Peu à peu, on le voit, l'opération confiée à Jouffroy prenait une importance plus grande. D'une simple démonstration, elle était devenue un mouvement offensif, absorbant plus d'un corps d'armée. Autre conséquence grave, la réorganisation du 16*^ corps en était tout à fait compromise.

r!* 1. Le 40^ de marche avait fait partie de la s^^ division du le*' corps (Morandy). Voici son itinéraire depuis l'échauffourée de Chambord :

11 décembre. Tours ; 13 décembre, évacuation de Tours, retraite sur Château- Renault ; du 14 au 17, Âmbloy et Château-Renault; 17, Pont-<le-Braye ; du 18 au 28, Jupilles ; du 28 au i^' janvier, Chahaignes {Historique du 40^ de ligne),

La 19® batterie du 16® régiment (sous-lieutenant Goulion, 4 pièces seulement depuis le 8 décembre), qui était le 2? à Jupilles, fut affectée à la colonne Jobey.

CAMPAGNE DBS LA LOIBB. IX. il

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