Chanzy, ouvrage cité, p
lors au plateau d'AuTours et à Yvré-rEvêque (4 janvier). Le général Gougeard établissait sa 1"* demi-brigade à Champagne et le bataillon de dépôt du 19* de ligne à la Belle- Inutile.
Quant aux Allemands, ils conservaient un attitude expeo tante. L'état-major du roi en venait pourtant à se convaincre qu'il était indispensable de rattacher de nouveau à la U* armée ce qui restait de l'Armee-Abtheilung (1®' janvier). Les 17* et 22* divisions, réunies en un XIH* corps d'armée, commandé par le grand-duc de Mecklembourg, passèrent à cette date sous les ordres de Frédéric-Charles.
Cette mesure groupait en un faisceau toutes les troupes appelées à combattre Chanzy. Nous devions avoir bientôt à en déplorer les conséquences.
Nous l'avons dit précédemment, dès son arrivée à Orléans, Frédéric-Charles avait appris que les troupes françaises apparues vers Gien appartenaient non à l'avant-garde de la 1'® armée de la Loire, mais à un corps indépendant. Au lieu de marcher sur Montargis ou sur Orléans, comme le redoutaient les Allemands, elles s'étaient bornées à occuper une position défensive entre Briare et Gien.
Frédéric-Charles installa donc ses troupes autour d'Orléans. Le P' corps bavarois cantonna dans cette ville ; le III* corps prussien y établit une brigade d'infanterie et disposa le reste d'Orléans à Beaugency ; le IX^ corps occupa les villages en amont jusqu'à Châteauneuf, tout en détachant à Montargis, sous les ordres du général von Bantzau, trois bataillons, quatre escadrons et une batterie à cheval ; le détachement bavarois d'Ouzouer-sur-Loire fut renforcé d'un régiment de hussards. Enfin la 6*^ division de cavalerie, qui cantonnait également à .Orléans, poussa la 15" brigade dans la Sologne, où de forts détachements de francs-tireurs s'étaient récemment montrés-
Ces dispositions venaient d'être prises, lorsque, le 22 décembre, l'état-major du roi invita Frédéric-Charles à envoyer des reconnaissances vers Gien, afin de se procurer, au sujet de notre 1'* armée, des renseignements positifs qui faisaient défaut depuis quelques jours. En même temps, le prince re-
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cevait l'ordre de renvoyer à Etampes le P' corps bavarois, fort affaibli, comme on sait, par sa campagne sur la Loire. Il servirait dorénavant de réserve générale à la II* armée et, en même temps, aux troupes de l'investissement de Paris. De plus, quelques jours de repos absolu lui permettraient de reconstituer ses effectifs et son matériel de tout genre.
Von der Tann partit le 24 pour Ëtampes, suivi le 26 par le détachement d'Ouzouer. La veille, le général von Rantzau s'était porté de Montargis sur Briare, avec sa colonne. Nos troupes avaient quitté cette ville depuis le 22, pour se retirer sur Nevers. Mais, les jours suivants, des reconnaissances allemandes lancées dans cette direction se heurtèrent, au sud de Bonny, contre des gardes nationaux et des francstireurs qui les obligèrent à la retraite (29 décembre).
Le 31, la division de la Nièvre prit de nouveau l'offensive ; plusieurs de ses bataillons, débouchant de Nevoy, refoulèrent sur Ousson, au sud-est de Briare, un détachement allemand qui marchait vers Bonny. Malgré l'arrivée de renforts, l'ennemi se retira vers Briare, où il se maintint avec l'aide de deux compagnies de landwehr faisant partie des troupes d'étape.
Le 1" janvier 1871, dans l'après-midi, nos troupes passèrent le canal de Briare à l'est de cette ville et menacèrent la retraite de Rantzau par la route de Gien '. Cette fois il se hâta de se retirer, ce qui eut lieu sans difficulté sérieuse. Ses pertes étaient d'une cinquantaine d'hommes seulement.
Déjà des articles de journaux, des interrogatoires de prisonniers faisaient soupçonner à l'ennemi que de grands transports de troupes avaient lieu de la Loire vers la Saône.
1. D*aprôs les Allemands, nous aurions engagé à Briare plusieurs milliers de gardes nationaux et de Tinfanterie de marine avec 12 pièces. Les documenta d*origine française renferment trôs peu de renseignements sur cette affaire ; de ceux consultés par nous, il résulte seulement que la 8S<> batterie du 13^ régiment (brigade du Temple de la division de la Nièvre) prit part au combat du 81. L*une de ses sections avait déjà assisté au combat de CI i&tillon-sur- Loire et à la première alTaire do Briare- (14 décembre). Par contre, il semble qu'aucune fraction tirée de l'infanlerie de marine n*ait fait partie des troupes du général de Pointe. (Voir le Livre d'or de l'infanterie de marine, capitaine V. Nicolas.)
Pourtant les combats de Vendôme et de Briare, survenus simultanément aux deux ailes de la II* armée, semblaient indiquer que Chanzy et Bourbaki allaient prendre l'offensive contre elle. Le général de Moltke en conclut, tout naturellement, qu'il fallait mettre à profit la situation centrale de Frédéric -Charles pour écraser successivement nos deux armées. Il commencerait par celle que sa proximité de Paris et l'activité de son chef rendaient la plus à craindre, celle de Ohanzy^ Ainsi, la démonstration du général de Jouffroy avait pour première conséquence de hâter la concentration des Allemands en face de notre 2* armée.
Dans l'après-midi du 1" janvier, le roi de Prusse ordonnait à Frédéric-Charles, par le télégraphe, de se porter sur le Loir. Une phase décisive de la compagne allait commencer. En même temps, les événements prenaient une gravité croissante dans l'est de la France.
On sait que le VII* corps prussien était depuis le 15 décembre vers Châtillon-sur-Seine et Ravîère. A ce moment, la première affaire de Briare fit craindre un mouvement de Bourbaki sur Montargis. Le 16, Zastrow reçut l'ordre de marcher sur Auxerre pour se relier à la H* armée. Il y arriva le 20, après avoir laissé un fort détachement à Châtillon-sur- Seine. Mais les premiers bruits d'un mouvement de Bourbaki vers l'est commençaient à courir. Le général de Moltke s'empressa de reporter Zastrow vers Châtillon pour recueillir au besoin Werder. Le VII* corps se mit en marche (27 décembre), par Chablis et l'Isle-sur-Serein. Mais le 30 survenait un nouvel ordre : cette fois Zastrow était invité à s'arrêter sur l'Armançon, en attendant que l'état-major du roi sût nettement si nous allions prendre l'offensive sur le Loing ou sur la Saône. Dans le premier cas, le VII* corps, joint à des troupes venues des environs de Paris, serait chargé de nous arrêter. Dans le second cas, cette tâche incomberait à Werder, soutenu par le même corps d'armée.
i. Maréchal de Moltke, Hiiloire de la guerre franco-allemande, p. 868; État major prussien, p. 718.
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On voit par ces contre-ordres répétés, par ces mouvements en sens contraire se suivant à de si brefs intervalles, combien la possession delà partie supérieure de la Loire, du massif du Morvan, du centre et du sud du bassin de la Saône nous donnait d'avantages. Habilement employé, le réseau ferré de cette région nous eût permis de porter alternativement la masse de nos forces de Test à l'ouest et réciproquement. En l'absence de voies de transport rapide, les Allemands ne pouvaient opérer les mouvements correspondants que dans un laps de temps beaucoup plus long. Mais ni nos états-majors, ni nos compagnies de chemin de fer n'étaient faits aux grands transports de troupes, et la campagne de l'Est allait en donner des preuves désastreuses.
La première intention du ministre avait été de laisser le 15' corps à Vierzon pour couvrir Bourges. Les retards qui marquèrent nos premiers mouvements vers Pest lui firent prévoir que l'ennemi pourrait appeler à lui des renforts. Le 31 décembre, il décida que, lui aussi, le 15* corps se porterait sur Besançon, tandis qu'un nouveau corps d'armée, le 25*, confié au général Pourcet*, serait organisé pour remplir la tâche confiée d'abord au 15*. Dans le mouvement général sur Paris que l'on prévoyait alors, il formerait l'extrême droite de Chanzy. Si, au contraire, il devenait nécessaire d'appuyer Bourbaki, il se dirigerait vers l'Yonne et la haute Seine. Mais l'organisation de ce corps d'armée était encore très peu avancée; le 5 janvier, il n'avait à Vierzon qu'un régiment d'infanterie, le 74* démarche*. Il eût été imprudent défaire grand fond sur ce nouvel élément des forces nationales.
1. Ancien commandant du 16« corps, remplacé à la fin d*octobre par Chanzy, à la suite de difficultés survenues entre le ministre, d*Aurelle et lui. Le 25^ corps fut composé par moitié de troupes de marche et de mobilisés. (Voir sa composition aux annexes.)
2. Général Pourcet, Le 25« corpt de l'armée de la Loire, p. 56.