CAMPAOMB DB LÀ LOIRE. II
La colonne Camô réoccuperait dès le matin les positions qu'elle avait abandonnées, de Messas à la Loire ; les éclaireurs algériens se reporteraient à Gravant, soutenus par deux escadrons du 17® corps placés à Cemay. Le général Michel ' maintiendrait un poste de cavalerie à Yillermain, en poussant des reconnaissances jusqu'à Binas et Ouzouer-le-Marché. Plus au nord, le général Jaurès ferait occuper Âutainville par un bataillon et une batterie.
En cas d'attaque, l'amiral Jauréguiberry, dont le quartier général était à Villorceau, aurait sous ses ordres la colonne Camô, les 1'® et 2® divisions de son corps d'armée et la 1'® division du 17®. Déjà le général Barry avait été prévenu qu'il servirait de réserve à notre droite, en prenant position le plus près possible de Beaugency. Derrière lui, le lieutenant-colonel Baille, du 38® de marche, posté à Mer avec quelques centaines d'hommes, aurait mission de défendre le pont de la Loire et de le détruire, s'il devenait absolument nécessaire.
Chanzy terminait ces instructions par une recommandation qui jette un jour fâcheux sur le moral de l'armée. En cas de combat, chaque division placerait derrière elle des lignes de cavalerie, chargées d'arrêter les fuyards et de les amener au quartier général '. L'attitude de nos soldats n'était pluS; à beaucoup près, ce qu'elle avait été à Coulmiers.
Cependant, le soir du 7 décembre, Frédéric -Charles n'avait encore reçu aucun compte rendu des combats livrés par l'Armee-Abtheilung. Le roi Guillaume, tout en approuvant la marche du grand-duc sur Tours, engageait le prince à poursuivre avec la II* armée celles de nos troupes qui s'étaient mises en retraite au sud et au sud-ouest. De plus, l'état-major de Frédéric-Charles savait que trois de nos corps d'armée, au moins, avaient pris la direction de Bourges, mais il ignorait si des masses considérables n'étaient pas encore vers Gien.