‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 70 sur 185 · LE CAMP DE COKLIE · texte numérisé non relu

LE CAMP DE COKLIE

part » , télégraphiait le général commandant la division militaire.

Le ministre de la guerre accepta le fait accompli, tout en réservant l'avenir et en prescrivant de rechercher un emplacement plus favorable pour la création d'un nouveau camp. M. de Marivault n'en renvoya pas moins 12 nouveaux bataillons du 31 décembre au 8 janvier. Il ne restait plus à Conlie que six bataillons d'Ille-et-Vilaine (6,680 hommes).

On avait construit à l'intérieur du camp deux ouvrages, la redoute de Tennie et la lunette du nord. Ni leur tracé, ni leur emplacement ne supportaient la critique ^ Leur désarmement commença le 25 décembre, avant même que Chanzy l'eût demandé au ministre ; on envoya au Mans une partie des 32 pièces de marine qui armaient la redoute. Elles arrivèrent d'ailleurs trop tard pour être utilisées.

Chanzy réclama également l'envoi au Mans de 22 bataillons de mobilisés répartis entre Conlie, Redon et Rennes ; 17 n'étaient pas encore armés et il demandait qu'ils le fussent sans retard. Malgré les protestations du général de Marivault, qui les trouvait hors d'état de paraître devant l'ennemi, les six bataillons de l'Ille-et-Vilaine restés au camp furent dirigés sur le Mans (8 janvier), sous les ordres du général Le Bouëdec*. Quant à Marivault, pour faire cesser son opposition, le ministre le mit sous les ordres de Chanzy (9 janvier).

Les bataillons de mobilisés qui renforçaient ainsi la 2' armée étaient armés, ou plutôt ils avaient reçu des armes que l'on déposa ensuite en magasin parce qu'ils n'avaient aucun moyen de les entretenir'. Ces fusils, des Springfield à percussion se chargeant par la bouche, qui venaient d'Amérique, laissaient grandement à désirer, comme le montre l'unanimité des témoignages recueillis à leur sujet. Pour les uns, la cheminée n'était pas percée ; pour d'autres, elle manquait complètement ; parfois la batterie ne fonctionnait pas ; les chiens ne restaient pas à l'arrêt ; les baguettes ne pouvaient sortir de

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