‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 76 sur 185 · COMBAT DE SAINT- AMAKD · texte numérisé non relu

COMBAT DE SAINT- AMAKD

gade de cavalerie, elle restait à Ambloy, et la 1'^ à Villeromain \

Ce combat faisait peu d'honneur à l'ennemi, qui n'avait su tirer aucun parti de sa supériorité en artillerie et en cavalerie. Cependant il n'entraîna pour lui aucune conséquence fâcheuse. Dès la nuit du 6 au 7, à la suite d'échecs subis par Jouffroy, comme nous le verrons, le général de Curten fit évacuer Saint-Amand. Ses troupes les plus avancées, le 40* de marche, cantonnèrent dans Vilthiou, Longpré et Villechauve.

£n apprenant la retraite du duc de Mecklembourg, von Voigts-Rhetz se hâta de faire rétrograder sur Saint- Amand la majeure partie de la 19" division d'infanterie, déjà aux abords de Montoire. En attendant, le reste du X* corps demeura autour de cette ville, le 7 janvier, en se couvrant de la 14* brigade de cavalericî, poussée vers Savigny.

Cependant le général von Hartmann avait pris le commandement des troupes au nord de Saint-Amand ; il arrêta à Ambloy les renforts venant de Montoire et prescrivit à la 38* brigade de reprendre l'offensive sur Vilthiou. Elle serait suivie de la 2^ brigade de cavalerie ; la 1*^* marcherait à sa gauche et la 15* à sa droite.

Les Allemands avaient déjà réoccupé Saint-Amand ; en débouchant à hauteur de Viliechauve, par un épais brouillard, ils se heurtaient à une fraction du 40" de marche établie aux abords de ce village. Un combat très vif s'engageait, dans lequel l'artillerie de l'ennemi jouait un grand rôle ; il s'emparait de la Garionnière en nous prenant trois officiers et quatrevingts hommes (midi).

Viliechauve, que les Allemands attaquaient ensuite, leur était vivement disputé durant toute l'après-midi ; ils en occupaient une partie, que le 40' de marche ne tardait pas à reprendre. Le 4* escadron du 8* hussards, qui coopérait à cette

1. D*aprôs VÈlat-major prussien, ce combat aurait codté aux Allemands 4 tués, 86 blessés et 8 disparus. D*aprés Ghauzy, nous aurions pris une centaine d*hommes, des caissons et des voitures. La vérité semble être plutôt du côté de Chanzy.

attaque, perdait son capitaine commandant, Frémiot, tué à sa tête^

A notre droite, la 1'" brigade de cavalerie prussienne, soutenue par un bataillon, surprenait une compagnie du 2^ bataillon du 27' mobiles (Isère), en gi*and'garde dans Pias. Toutefois elle n'était prise qu'après avoir eu quarante-deux hommes hors de combat; les Allemands tentaient inutilement de s'emparer de ViUeporcher et des fermes voisines.

Ces maigres résultats et la fatigue de son infanterie décidèrent von Hartmann à arrêter le combat. Il établit la 38* brigade à Vilthiou, la 1" brigade de cavalerie à Saint-Gourgon et la 15* à Ambloy, derrière des avant-postes allant de Longpré à Pias. Le détachement venant de Montoire (quatre bataillons, un escadron, trois batteries) s'était établi en réserve à Saint- Amand. Quant aux troupes du général de Curten, elles demeuraient autour de Château-Renault. Comme nous le verrons, la colonne de Jouflfroy était en pleine retraite depuis la veille, et son mouvement rétrograde entraînait celui de Barry, qui s'était avancé à l'ouest de Saint-Amand, jusqu'aux Hermites. Il se replia sur Chahaignes et Jupilles par la Chartre, ce qui exposait Curten à être écrasé par le X® corps. Ainsi se déroulaient toutes les conséquences du décousu, du défaut d'entente et de direction qui avaient présidé aux opérations du général de Jouffroy^.

1. D'après ï État-major pimssien, les Allemands dous auraient repris Villechauve, ce qui ne concorde pas avec remplacement de leurs avant-postes du soir, entre Longpré et Pias. Nous avons suivi la version de Chanzy et des Historiques du 40^ de ligne et du 8^ hussards.

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