‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 79 sur 185 · V. der Goltz · texte numérisé non relu

V. der Goltz

les 8 et 9, aussi avant vers le Mans que le permettraient les circonstances. Le IX® corps, qui se relierait au XIII" par la 2® division de cavalerie, se porterait rapidement à Touest de la Braye par Épuisay. Le III® corps continuerait également son mouvement vers cette rivière. En somme l'idée maîtresse qui allait présider à tous les mouvements de la 11* armée était celle-ci : les deux ailes se porteraient rapidement en avant de façon à menacer notre retraite ; on nous attaquerait sur tpus les points en cherchant à nous infliger une défaite décisive. Mais là configuration du pays et Tétat des routes rendaient difficile l'exécution de ce programme \ D'ailleurs, dans la soirée du 6, la retraite du duc de Mecklembourg vers Huisseau fit craindre aux Allemands que le mouvement de Curten au nord de Château-Renault n'eût une importance plus grande que celle supposée tout d'abord. On pouvait admettre qu'après avoir reçu des renforts par voie ferrée, nous renouvellerions notre attaque le 7. Par suite, Frédéric- Charles prescrivit à von Voigts-Rhetz de dégager le duc de Mecklembourg avant de reprendre sa marche vers l'ouest ; il y consacrerait au besoin tout le X® corps.

Pendant la nuit du 6 au 7 survint un télégramme du général de Moltke annonçant, sous certaines réserves, que Bourbaki, après avoir laissé 20,000 hommes à Vierzon, s'était porté sur Dijon avec le reste de là 1"^' armée de la Loire. De son côté, Chanzy allait prendre l'oflfensive vers Nogentle-Rotrou. Ces renseignements étaient faits pour confirmer Frédéric-Charles dans ses intentions premières. En eflfet, le mouvement de Bourbaki vers l'Est le délivrait de toute inquiétude pour ses derrières ; de plus, si Chanzy se dirigeait vers Nogent-le-Rotrou, il se heurterait rapidement au XII* corps, tandis que le reste de la II® armée l'attaquerait sur son flanc droit.

1. V. (1er Gollz. Cet auteur dvalue l'armée de Chanzy à 150,000 hommes, y compris tous les corps rattachés à son armée, Lipowski, Lalande, etc. Ce chiffre est probablement exact, mais il faut ajouter que la bataille du Mans fut livrée par 100,000 hommes au plus (i division du le*' corps, 3 du i7<», 4 du 21«).

COJilBAT DE LÀ FOURCHE. 203

. Le grand-duc avait marché moins vite que ne le supposait Frédéric- Charles. On se souvient qu'une de ses reconnaissances, poussée vers Nogent-le-Rotrou, avait été repoussée le 5 à la Fourche. Le lendemain, la 44* brigade se portait sur le même point, par les deux routes de la Loupe et de Courville.

L'engagement de la veille faisait prévoir au général Rousseau une aflfaire plus sérieuse. D'ailleurs Chanzy savait par ses espions des forces considérables en marche de Chartres vers le sud-ouest. Cependant il se bornait à diriger sur Nogent-le-Rotrou, par voie ferrée, un millier de mobiles de la Corrèze. Ils y arrivaient à 11 heures du matin; le combat avait commencé à la Fourche deux heures auparavant.

Les uhlans qui marchaient avec l'avant-garde allemande sur la route de Courville* étaient accueillis vers 9 heures par des obus venant de la Fourche. La batterie à cheval de cette colonne prit alors position sur un éperon qui domine le coude de la route (cote 241) et, sous sa protection, un bataillon s'avança sur la Fourche, un autre sur Petit-Maurissure * et le bois au sud de la Fourche ; une compagnie occupa Marolles. Tout d'abord, les troupes ainsi déployées ne gagnaient pas de terrain vers l'ouest. Mais la colonne venant de la Loupe entrait en scène et, vers 11 heures, sa batterie ouvrait le feu du sud de Coulonges, puis d'une position plus avant. Un bataillon s'avançait sur la Fourche en repoussant une diversion tentée sur son flanc droit ; à l'ouest, un autre s'emparait du Verrier,

Vers 2 heures seulement, après un long échange d'obus entre notre batterie et les douze pièces allemandes, l'action devenait plus vive et l'ennemi attaquait sur toute la ligne. Il échouait à Coudreceau, mais il délogeait notre gauche de la

1. Les deux colonDos allemandes étaleot forlos : celle de Courville de 3 bataillons, 3 escadrons, i batterie à cheval ; celle de la Loupe, de s bataillons, 4 escadrons, t batterie, i compagnie do pionniers (Ètat^major prussien).

■De notre côté nous somblons avoir engagé à la Fourche lo 13^ chasseurs de marche, i bataillon du 5cio de marche, i bataillon de mobiles des Deux- Sèvres, la 85« batterie de Tartillerie de la marine et des francs-tireurs.

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