Du i«' régiment de marche
COMBATS DE VANCÉ £T DE BUILLÉ. 215
Frédéric-Charles avait porté son quartier général à Saint- Calais. Dans la soirée, il ignorait encore si la situation s'était modifiée à Saint -Amand. Néanmoins, il persista dans la résolution dé négliger la colonne de Curten, en continuant à pousser énergiquement son offensive vers le Mans. A 10 heures du soir, il prescrivait au XIII' corps de s'établir entre Saint-Mars-de-la-Brière et Montfort, avec un détachement à droite de THuisne. Le III* irait à Ardenay, le IX' à Bouloire et le X* à Parigné-rÉvêque. Les deux corps des ailes feraient couper les voies ferrées d'Alençon et de Tours au Mans. Avec la 38^ brigade d'infanterie et la 1'* brigade de cavalerie, le général von Hartmann resterait au sud de Vendôme, en face de Curten. Il avait ordre de résister énergiquement à tout mouvement offensif venant du sud et, en tout cas, de couvrir Vendôme.
Ainsi, la IP armée entière, à l'exception de ces deux brigades, allait marcher concentriquement sur le Mans ; la présence de sa gauche à Parigné et à Bouloire rendrait singulièrement difficile la retraite de Barry et de Curten sur le Mans. Chanzy se rendait compte, de plus en plus, du danger que courait une partie de son armée. Dans la journée du 8, il prescrivit à Jaurès de faire occuper fortement les ouvrages d'Yvré-l'Évêque, le plateau d'Auvours et les positions en avant de Sargé ; le général de Colomb reçut l'ordre de pousser sa 2* division (Paris) sur la route de Saint-Calais, afin de ralentir la marche de l'ennemi dans cette direction. Ce mouvement avait pour inconvénient de couper en trois fractions le 17* corps, auquel la division de Jouffroy avait été, presque tout entière, enlevée. D'ailleurs, il ne put être exécuté aussi vite que le souhaitait Chanzy. La division Paris, qui s'était mise en mouvement le soir du 8, ne fut concentrée que le 9, à 4 heures du matin, à Saint- Hubert-des- Roches. Précédée par trois escadrons du 4* mixte de cavalerie légère, elle se dirigea sur Ardenay où elle arriva vers 11 heures et demie. Les Allemands n'allaient pas tarder à l'y attaquer.
Quant à Jauréguiberry, il semblait que Chanzy n'eût pas
encore renoncé à le voir reprendre les passages du Loir ^ Cette illusion devait bientôt lui être retirée.
1. Télégramme du 8 janvier : « Il est de toute nécessité de reprendre les passages du Loir... Vous avez le commandement de toutes les forces sur les deux rives... agissez donc pour le mieux, et avec vous ce sera bien. »
Cette hypothèse est confirmée par ce fait, que le 75® mobiles, qui était aux Hunaudiôres, en avant de la Tuilerie, reçut l*ordre de se diriger, le 9 , sur Chàteau-du-Loir. Un contre-ordre Ten empocha (Dumas, Ls8 Mobiles de Maineet-Loire).
Il résulte pourtant d*une dépêche du 8 au ministre que Chanzy n'ignorait pas la retraite des mobilisés de la Mayenne, de la colonne Rousseau et de celle de Jouffroy.