‹ Campagne de la Loire en 1870-1871Chapitre 91 sur 185 · CAMPAONB DB LA LOIRE. ^ II · texte numérisé non relu

CAMPAONB DB LA LOIRE. ^ II

Cavaliers et conducteurs étaient contraints de tenir leurs chevaux en main, car, dans ces chemins étroits, la chute d'un cheval arrêtait toute la colonne. Le général von Voigts- Bhetz était juché sur un avant-train que son état-major suivait à pied. Il dut renoncer à se faire accompagner de son artillerie de corps, et la renvoya à Lavenay pour chercher une voie plus facile.

Cependant von Woyna se dirigeait également sur Brives, en venant de Test. Après avoir repoussé de petits détachements français, il atteignit le château de la Chênehuère. Mais le canon avait cessé de retentir vers Chahaignes. Ne sachant s'il pourrait continuer sa marche et si la 20* division avait pu elle-même se diriger vers Brives, il revint sur le Tusson.

De son côté, en débouchant devant Brives (3 heures et demie), la 20" division était accueillie par un feu vif. Nous avons dit que, la veille, Jouffroy s'était retiré sur Courdemanche et Montreuil-le-Henri. Dans la matinée du 9, il dirigeait sur Maisoncelles la colonne Thiéry, afin de se relier aux troupes que Chanzy portait alors à Ardenay ^ De même, dès 4 heures du matin, la brigade Baille quittait Saint-Pierredu-Lorouer pour aller prendre position au sud de Brives. En ce point, le chemin de la Chartre au Mans est encaissé entre deux hautes collines couvertes de sapins. Soutenu par le 66® mobiles, le gros du 38* de marche prit position sur ces hauteurs, à bonne portée de la Venne.

L'état du sol empêchant l'ennemi de recourir à sa tactique favorite en débordant nos deux ailes, il se bornait à des attaques de front qui furent d'abord repoussées. Mais, vers 4 heures et demie, l'entrée en ligne de deux bataillons venant de Chahaignes par la rive droite de la Venne obligea le colonel Baille à la retraite*. Ne pouvant rejoindre Barry,

1 . Le colonel Thiéry paraît n*avoir jamais atteint Maisoncelles.

2. Le S8« de marche avait perdu i ofiQcier, une quarantaine d*bommes hors de combat et quelques prisonniers {Historique du 38^). D*après le D' Chenu, l'ensemble de nos pertes du 9 janvier aurait été de 24 tués, 98 blessés et 756 disparus.

COMBAT d'ardenay. 227

il prit le parti de rallier Jouffiroy vers le Grand-Lucé. Le colonel von Valentini le poursuivit avec quatre bataillons, malgré la nuit (6 heures et demie). Il trouva Saint-Pierredu-Lorouer déjà évacué ; Saint-Vincent fut aisément occupé par lui et un convoi de cent voitures de vivres, escorté par une centaine d'hommes, y tomba entre ses mains. Valentini cantonna ensuite dans Saint- Vincent, sous la protection d'avant-postes qui, vers minuit, eurent encore à repousser Tun de nos détachements, égaré. Le reste de la 20* division s'installa entre Brives et la Chartre, et Woyna, de Vancé à la Chapelle-de-Gaugain. La 14* brigade de cavalerie, arrêtée à Montreuil- le -Henri et à Saint -Georges -de- la -Couée par des fractions de la division Jouffroy, était revenue à Vancé.

Quant au gros de JouflEroy, il s'était retiré sur Grand- Lucé et Pruillé-l'Éguillé. Cette retraite, opérée de nuit, par des chemins détournés couverts de 40 centimètres de neige, avait été des plus pénibles. Ainsi le 45* de marche, parti à la nuit de Saint-Georges-de-Ia-Couée, trouva Saint-Vincent déjà occupé et ne put gagner Grand-Lucé qu'en suivant une traverse. De telles épreuves hâtaient la dissolution, déjà imminente, des troupes de Jouffroy et de Barry.

Jauréguiberry était arrivé la veille au soir à Château-du- Loir, comme nous l'avons dit. La situation générale ayant grandement empiré depuis son départ du Mans, Chanzy lui télégraphia le 9 janvier de rappeler sur l'heure Curten de Château-Renault, en laissant la colonne Cléret, seule, à l'est du chemin de fer de Château-du-Loir à Tours. Au cas où elle y serait forcée, elle se retirerait au nord du Loir par le Lude. Chanzy n'abandonnait pas encore la pensée de défendre les passages de cette rivière, vers la Chartre et Château-du-Loir. Il croyait que Barry et Curten pourraient y suffire, tandis que JouflEroy, porté au Grand-Lucé, se relierait à la division Paris dans son mouvement vers Bouloire. Jauréguiberry ne ramènerait ces trois colonnes au Mans que si son flanc gauche était menacé \

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