CHAPITRE XXV
BATAILLE DU MANS (Journée du 10 janvier)
Opérations du III« corps. — Combat de Parigné. — Intervention de JonfFroy. — Retraite de Pereira et de Jonffroy. — Combat de Changé. — Combat de Saint-Hubert. — Reprise de Champagne. — Le XlIIe corps. — La division Colin. — Combat de Clianteloup. — Retraite de Barry et de Janréguiberry. — Projets de Chauzy. — Situation de l'armée. — Instructions du 10 Janvier. — Ordres de Frédéric-Charles.
Le matin du 10 janvier, la situation générale des troupes allemandes était presque Tinverse de ce qu'avait projeté Frédéric-Charles. Au lieu de pousser en avant ses deux ailes, de façon à dessiner un double mouvement enveloppant, il avait enfoncé son centre dans les lignes françaises, tandis que le reste de l'armée était encore fortement en retrait. De plus, le m® corps, ainsi placé en flèche, ne comptait pas plus de 12,000 fusils, en raison du grand nombre de détachements et d'éclopés. Il était dispersé de Champagne jusqu'au delà de la route de Parigné, sur un front de 10 kilomètres. Dans ces conditions, l'oflfensive impliquait certains risques. Mais Frédéric-Charles comptait sur notre défaut habituel d'initiative*. D'ailleurs, il avait en réserve le IX® corps, encore intact.
Dans la matinée du 10 janvier, une nouvelle variation de température, qui se produisit brusquement, rendit nos mouvements encore plus difficiles. Il dégela jusque vers midi, et les routes se couvrirent de verglas au point de devenir impraticables. Sur celle de la Ferté-Bernard par exemple, les Allemands durent défoncer la descente de Sceaux et la couvrir de sable, de cendre ou de fumier, avant d'y faire passer leur artillerie.
L'expérience des derniers jours leur avait montré l'impos-