L— ERREURS DIVERSES SUR LE DERNIER CAMP
On n'est pas plus d'accord sur remplacement du camp dans lequel Marius attendit les Barbares , que sur celui des Fosses-Mariennes ; les auteurs du siècle dernier et du commencement de celui-ci le placent généralement à Fos , sans se demander à quoi aurait servi le creusement de ce fameux canal, puisque Fos est sur le bord de la mer.
M. Desjardins, le premier, suivant le texte de Plutarque à la lettre, a cherché ce camp sur les bords du RhAne ; mais oubliant que les camps retranchés étaient d'après Polybe fliv. V) locanaturâ et manu munitissima, il Y diYdiit d'abord placé à cheval entre le marais des Coustières et la Crau, à 14 kilomètres au sud d'Arles (1), sans s'inquiéter de savoir comment une armée aussi nombreuse aurait pu vivre dans ce désert aride et pestilentiel, ni on quel lieu les Barbares auraient traversé le Rhône, ni de quel côté ils auraient pu attaquer ce camp.
(1) Aperçu hist.. p. 43.
Quant à des monuments pour justifier cette opinion (1), à des vestiges quelconques de fortifications ou de circonvallations pour le défendre, inutile d'en chercher des traces, on ne trouve pas même dans ces lieux isolés les moindres tessons de poteries romaines.
Cet écrivain avoue qu'il avait déjà reconnu son erreur avant la publication de notre critique (2), lorsqu'il fut chargé par le maréchal Vaillant a de rechercher en « particulier, sur les lieux mêmes, quel avait pu être l'ema placement du camp de Marius, que le maréchal plaçait (( (suivant en cela la version d'un grand nombre d'histo- (( riens) (3), dans la plaine de la Camargue, dont il faisait « le Caii Marti ager (4). »
Il arrive donc à Arles chargé de cette importante mission, et après des réflexions, des études historiques et topographiques, il déclare, « en tenant grand compte des « indications topographiques de Plularque et de l'opinion « du maréchal (5), que Marius pouvait avoir établi deux (( camps : le premifr, camp définitif» fortifié et assimilable a à une place forte, pouvait être protégé par les deux bras « du Rhône, et se trouver en Camargue au nord de l'étang « duValcarès, où le place M. le maréchal. Je suis tout « disposé, ajoute t-il, à admettre que Marius a dû avoir « ses dépôts en Camargue, puisque la science militaire « de Varius semble lui en faire une loi, pendant le temps « de longue attente de l'ennemi ; mais que s' étant assuré
(i) Les romains dressaient toujours des autels dans leurs camps. Thomas Anquotil. Spectateur militaire, t. 19, p. 442.
(2) Fosses-Mariennes.
(3) Anquetil. Histoire de France, etc., etc.
(4) Rhâne et Danube, p. 39.
(5) Ibid, p. 38.
« le passage du Rhône, Tarmée s'était transportée dans « le camp fortifie de Théline » (1), sur le monticule de la ville d'Arles, auquel il donne une altitude de 100 mètres. Erreur grave, puisque le seuil des Arènes qui n'est dominé que par quelques arêtes de rochers, ou par des amoncellements de terres rapportées, n'est qu'à +17, ce- qui fait l'énorme différence de 83 mètres (2).
Voilà donc la Camargue redevenue le Caii Marti ager, de par la science militaire de Marius, malgré la leçon de linguistique donnée au maréchal sur Tétymologie de ce nom. Mais cette opinion est-elle justifiée? Y a-t-il là, plus qu'à Champlercier, des restes de ce camp retranché? Où cette armée prenait-elle lebois pour se chauffer? l'eau pourboire? Pourquoi et comment a-t-elle traversé le Rhône pour y arriver? Comment se défendait-elle contre les fièvres paludéennes et contre les inondations du Rhône? M. Desjardins ne nous le dit pas, et ce sont vraiment questions oiseuses, puisque l'armée a quitté cette partie supérieure de la Camargue, la seule où l'on trouve les marais de Salies, du pontde Rousti, etc. , etc. Si le camp de Marius avait été placé dans la Camargue, comme il le prétend, M. Desjardins n'aurait pas eu besoin de rechercher, à la suite de M. Poulie, quelques rares débris d'antiquités romaines (3); c'est par amoncellements, comme à Ernaginum, à Glanum et à Pourrières qu'il les aurait trouvés et les tombeaux n'en auraient pas fourni le moindre contingent, car la nécropole des Ahscamps n'aurait rien été auprès de celle de l'armée romaine.
(1) Rh. et Dan., p. 46 et 54.
(2) Seuil des Arènes 17", église La Major 24, les réservoirs de la ville 26, sommet de la tour des Arènes 48. Almanach du Bureau des longitudes et nivellement, de M. Véran, architecte de la ville d'Arles.
(3) Rh. et Dan. y p. 25.
Celle-ci a donc quitté le delta ; elle est campée où fut Théline (1), car Théline n'était plus qu un souvenir et (( avait bien pu disparaître sans laisser d'autres traces « qu'un chantier sur les bords du Rhône, à l'époque où « Marins dut y établir ses légions (2); » car Théline et Marius ne peuvent se trouver en même temps dans l'élroile enceinte où « sont bâtis les Arènes, le Théâtre et Saintci Trophime (3) » qui n'est plus qu'à + 1 2 mètres d'altitude (différence avec le chiffre donné par M. Desjardins, 88 mètres).
Malgré ses théories sur la disparition de Théline, M. Desjardins est cependant forcé de reconnaître l'ancienneté de la ville d'Arles : « Je crois même, dit-il, que le nom « ù'Arelale a une origine fort ancienne, ce nom ayant une a physionomie ni grecque ni romaine (4). » Mais aussitôt le paradoxe reprenant le dessus, il ajoute : « Combien de a noms en Gaule, comme dans tous les pays, ont une a existence antérieure à la ville qui les a rendus célèbres, a ou avec des noms de champs, de rochers, de ruisseaux a usurpés par les villes fondées dans les pays où ces dé- « nominations étaient préexistantes (5) ! »
Le nom d'Arles Ar-laïth ou lath (6) qui signifie lieu bas, lieu marécageux, n'est ni grec, ni romain, mais d'origine celtique. « Les Salions qui habitaient toute cette partie
(1) Théline (de Oy^Xy^ mamelle) la fertile n'a jamais été le nom de la ville d'Arles , mais une épithëte que lui a donné Festus-Avienus à cause de la fertilité de son sol ; on a donc pris ici le Pirée pour un homme.
(2) Rhône et Danube, p. 53.
(3) Ibid, p. 48.
(4) i6kf ,p.53et4.
(5) Ibid.
(6) Stat., t. 2, p. 289 et Gallia Christiana, t. 1", p. 516. —Gassendi, ViedePeiresc. — Henry Martin, Histoire de France.
« de la Gaule appartenaient à la Ligurie gauloise et au « sang mêlé des Celtes et des Liguriens (1). )) Ce seraient donc les Autocthones qui auraient fondé cette cité (S) et lui auraient donné son nom.
« Isidore de Séville et Tévêque Théodulphe attribuent, a en effet, sa fondation aux indigènes, et cette assertion « devient considérable, lorsqu'on voit qu'Etienne de By- « zance ne la range pas au nombre des villes massaliotes « comme il le fait pour Avignon et pour Cavaillon (3). »
M. Desjardins a beau mettre au service de son opinion ses plaisanteries contre les Arlésiens sur l'antiquité de leur ville et toute sa science archéologique, il no parviendra jamais à prouver qu'une cité où Jules César a pu, 53 ans après Marias, faire construire douze galères (4) en trente jours, et où Strabon constate vingt-cinq ans plus tard l'eyisteuce d'un entrepôt et d'un marché célèbres, n'existait plus à une époque aussi rapprochée.
La construction simultanée de douze galères suppose, au contraire, Texislence d'une ville populeuse, possédant une nombreuse marine ; « et si les avantages du sol et la « position géographique peuvent décider les hommes sur « le choix des lieux qu'ils destinent à leur habitation, a Arles doit être une des plus anciennes villes des Gaua les (5), » car les bords du fleuve ont toujours été d'une très grande fertilité, et on ne peut admettre que cette sla-
(1) Bouchon, p. 1.
(2) Le nom de cité équivalant à celui de civitas, ne pignifie pas cependant une capitale, mais simplement un peuple autonome. Revue des QueMions historiques^ Anatole de Barthélémy, t. 5, p. 5.
(3) Bouchon, p. 27.
(4) Bello civili, t. 35.
(5) Jacquemin, Guide^ p. 2.
tion si admirablement placée à la pointe du delta, soit restée inhabitée jusqu'à une époque aussi rapprochée , quand on voit les collines des environs d'4rles couvertes des plus curieux et des plus splendides monuments de rage an téhis torique.
M. Desjardins ne fournit à Tappui de son opinion que des preuves négatives qui peuvent se résumer ainsi : Plutarque ne parle pas d'Arles, donc Arles n'existait pas, donc Marins y a établi son camp.
On peut aller loin avec un pareil raisonnement, mais la critique ne se contente pas de pareilles démonstrations. Plutarque ne parle pas plus d'Arles qu'il ne parle de Tarascon ni de Glanum. Or , nous savons que Tarascon existait déjà sous Marins, puisque le culte de Marthe y a pris naissance et s'y est perpétué, comme nous savons que Glanum qui était le grand marché des Saliens, existait aussi, sans que Plutarque en ait plus fait mention que de la ville d'Arles, quoique les Barbares eussent traversé le Rhône vers la première , et que Marius fût campé sous la seconde.
Admettons cependant, pour suivre le raisonnement de M. Dosjardins, que Marius soit campé sur la colline d'Arles, et voyons quelle serait au point de vue stratégique la situation des deux armées.
Le monticule de la ville d'Arles, qui sur quelques hectares seulement a une altitude de x 17"", est sans doute préférable pour l'établissement d'un camp, au marais des Coustières, à la plaine Grau et même aux plaines dénudées de la Camargue ; mais il n'est pas plus heureusement choisi ; car il faut toujours que les Barbares trouvent à l'entour une immense plaine pour asseoir leur camp, un passage suffisamment large pour défiler sous les retranche-
ments de Tarmée romaine, et une route commode et sûre pour continuer leur marche sur Aix.
Or, malgré les affirmations de M. Desjardins, toutes ces opérations sont absolument impossibles dans ce dernier camp comme dans les deux autres.
Les Barbares n'ayant pu, ainsi que nous l'avons dit, traverser le Rhône qu'à Tarascon, auraient suivi pourarriver à Arles l'étroite chaussée du Trébon, située entre le Rhône et les marais, de 16 kilomètres de long sur S ou 3 kilomètres de large, si même cette voie était praticable, pour aller se butter, au fond de cette impasse, contre le camp retranché de Marius, défendu par une armée nombreuse et aguerrie, ce qui est insoutenable.
Admettons cependant qu'ils aient commis cette insigne folie; les voilà sous les murs d'Arles. Mais où sont-ils campés? Car il faut que les deux armées soient à proximité l'une de l'autre pour en venir aux mains, pour que les Romains s'habituent à la vue des Barbares, à leurs cris, à leurs armes, à leur manière de combattre, et l'étroit plateau qui n'a pu contenir en même temps et la ville d'Arles et l'armée de Marius ne pourra pas, a plus forte raison, loger l'innombrable multitude des Barbares!
M. Desjardins n'en sait rien I « On ne sait, dit-il, où cette « nuée de Barbares établit son camp ; mais je serais « tenté de croire que ce camp ne pouvait être très éloigné « de celui de Marius ,, puisqu'ils se provoquaient au comn bat(1).» Il ajoute plus loin : « La colline sur laquelle Arles ir a été construite a la partie culminante du nord-est, en <i face de la colline et de la plaine des Baux, où devaient 9 s'étaler les campements des Barbares, etc. (S). »
(1) Rh. et Dan,, p. 45,
(2) /bW., p. 48.
Il n'y a donc pas aux environs d'Arles, qui est entourée d'eau de toutes parts, de plaine capable de loger les Barbares; et s'ils sont dans les collines des Baux, à W ou SS kilomètres du camp de Marins, on se demande comment, à de si grandes distances, l'armée romaine a pu s'accoutumer à la vue des Barbares , et par où l'attaque du camp a pu avoir lieu, puisque les armées étaient séparées par d'immenses étangs.
Passons encore sur ces impossibilités. Les Barbares ont établi leur campement. . . Ils ont attaqué le camp romain ... Où et comme ils ont pu . . . Mais où passent-ils pour exécuter celte marche de flanc, sous ce retranchement formidable, sans que Marins ose attaquer leur dernier chariot , puisque le marais et le rocher se confondent si bien, qu'il a fallu supprimer la ville d'Arles pour faire camper l'armée romaine? M. Desjardins ne le sait pas davantage.
Admettons cependant cette nouvelle impossibilité. Il ne suffit pas de trouver un emplacement pour camper, d'attaquer ce camp et de passer sous ses murs; il faut encore traverser les marais du Pont-de-Crau , à 300 mètres au sud d'Arles, et à moins d'un nouveau miracle renouvelé des Hébreux, comment les Barbares franchiront-ils ces tourbes fangeuses recouvertes de cinq ou six mètres d'eau, puisque ces marais reçoivent, ainsi que M. Desjardins le reconnaît, une partie des eaux de la Durance? •
Rien n'est plus facile pour M. Desjardins. Mais si l'explication qu'il en donne a été prise au sérieux à Paris, où l'on ne connaît pas le régime des eaux de ces marais , elle a excité à Arles des rires homériques.
« On sait, dit M. Desjafdins, que l'ancienne ville d'Arles, a protégée par le Rhône à l'ouest, était entourée presque
« enlièrement, à Test et au sud-est, par dimmenses étangs (( aujourd'hui desséchés. Cependant, il est incontestable « qu'elle a toujours eu un accès par terre dans la direction « de Marseille, et que par conséquent les eaux stagnantes « dont nous venons de parler ne l'entouraient pas entiè- « rement de ce côté, etc., etc. Or, ajoute -t-il, la bataille « de Fourrières ayant eu lieu dans le commencement de '< juillet, puisque le courrier de Rome vint annoncera « Marins son cinquième consulat (auquel il avait été (( nommé le 1®' juillet, le jour même de la bataille), c'est a à-dire dans la saison des basses eaux, il est très présur a mable que cette plaine marécageuse était accessible à a une armée en marche (1 ). »
Il est regrettable de dire que cette justification d'une hypothèse insoutenable contient autant d'erreurs que de mots : 9 Arles à toujours été entourée d'eau presque de « toutes parts (excepté du côté du nord) ; la partie du « Trébon. la plus voisine de Montmajour en tirant vers le « Pont-de-Crau, était continuellement sous les eaux (2). » Et c'est parce que ce passage était primitivement impraticable que les voies romaines, au lieu de se diriger directement de Salon sur Arles, infléchissaient au nord-ouest du Merle par Aureille, sur Ërnaginum , ainsi que nous l'avons précédemment démontré.
Le passage du Pont-de-Crau n'a jamais été praticable en aucun temp^ , en aucune saison ; il a toujours été couvert jusqu'en 1835 de plusieurs mètres d'eau : mais eût-il été à sec. ce qui n'est jamais arrivé, ce qui ne pouvait pas arriver , ce bas-fond formant le thalweg de la plaine, il n'aurait
(i) Rh,etDan..T^,bO.
(2) Anibert, t. 1", p. 77.
jamais été possible à une armée de traverser ce terrain tourbeux et mouvant, et les Barbares ne se seraient pas aventurés dans ce bourbier dont ils ne se seraient pas tirés, y eussent-ils trouvé une chaussée viable dont M. Desjardins affirme qu*il existe des vestiges, que nous déclarons être aussi peu prouvés que toutes ses autres affirmations.
Mais est-ce bien au mois de juin que Marins était aux environs d'Arles? Est-ce au commencement de juillet qu41 vainquit à Fourrières , ou le 24 avril , comme le veut la tradition? Car, si cette dernière date était la vraie, adieu tout ce plan de campagne et la leçon de stratégie ; car, si nous sommes au mois de mars ou d'avril, le marais du Pont-de- Crau ne peut pas être à sec, les Barbares n'ont pu le traverser, et adieu le miracle I
Comment M. Desjardins , « qui n'attribue pas une très « grande autorité aux détails rapportés par Plutarque, a dont la passion pour les anecdotes et l'habitude de faire « servir l'histoire à des enseignements moraux est bien t connue (1) », n'a-t-il pas compris que c'est précisément au fait du messager annonçant à Marius son cinquième consulat, au moment où il va mettre le feu au bûcher qui doit dévorer les dépouilles opimes , que s'applique son observation parfaitement juste? Comment n'a-t-il pas vu que là était l'anecdote, le tableau , renseignement moral, Rome, ajoutant des faveurs nouvelles, se montrant reconnaissante envers Marius , au moment même où les dieux venaient de lui accorder une aussi grande victoire?
Tandis qu'à côté de l'anecdote, il aui^iit pu reconnaître la véritable date dans la narration toujours très véridique et parfaitement explicite qui la précède.
(1) Rhône et Dan., p. 43.
Il s'agit du départ des Barbares pour ritalie : « Les t Teutons-Ambrons, partant les premiers, eurent en peu a de jours fait le chemin qu'ils avaient à faire jusques là 4( où était le camp des Romains. » S'ils mirent peu de jours pour arriver jusques là ou était le camp des Romains, c'est qu'ils avaient peu de chemin à faire, c'est qu'ils avaient hiverné à proximité, entre Montpellier, Narbonne, Toulouse, etc., etc.
Or, une aussi grande multitude n'a pas attendu le mois de juin pour se mettre en mouvement : elle est partie aux premières herbes, aux premiers beaux jours, au commencement ou vers le milieu de mars, ce qui concorderait avec la tradition qui fixe la bataille de Fourrières au 24 avril, et avec la logique du simple bon sens qui fait partir toutes les migrations, toutes les armées au printemps, pour éviter les chaleurs excessives de Tété et le manque d'eau dont elles auraient tant à souffrir.
Les Barbares n'étaient donc pas à Arles au mois de juin; ils n'ont pas pu y traverser le marais à pied sec , ce qui enlève à M. Desjardins son dernier, son meilleur argument, celui du moins sur lequel il comptait le plus
Mais admettons pour un moment toutes les impossibilités que nous avons combattues : la route du Trébon praticable ; les Barbares assez fous pour s'y engager ; les quelques hectares du plateau d'Arles suffisants pour loger l'armée romaine ; une plaine assez grande pour loger le camp des Barbares ; leur passage à portée des traits de l'armée romaine, et l'étroit défilé du Pont-de-Crau rendu praticable par une chaussée de dix, vingt, quarante mètres de large, ou même à sec.
Et vous voulez que les Barbares se soient engagés dans tant de passages difficiles, dangereux, impossibles, pour
aller se jeter. . . dans la Crau , où ils n'auraient pas même trouvé de Teau à boire?
Et Marius , qui n'aura pas eu le courage de les écraser mille fois dans cette marche insensée , aura été assez fou lui-même pour se loger dans cette étroite souricière, au risque d'être jeté à l'eau au premier échec î Le conseil du maréchal était cependant bien précis : a Un général ne « campera jamais sur la même rive que son ennemi , se • mettant à dos et sans intermédiaire, non pas un Rhône, « mais même une rivière de moindre importance (1). »
Ainsi, tout ce plan de campagne dressé par M. Desjardins, délégué en mission officielle par le maréchal Vaillant : ces leçons de linguistique, de stratégie, d'histoire et d'archéologie, ne sont qu'une immense erreur faisant exactement le pendant , comme elles sont la conséquence , de ses Fosses-Hariennes 1