‹ Campagne de Marius dans la Gaule: Suivie de Marius, Marthe, Julie devant la légende des SaintedChapitre 19 sur 31 · L— CONCORDANCE DE L'HISTOIRE AVEC LA LÉGENDE · texte numérisé non relu

L— CONCORDANCE DE L'HISTOIRE AVEC LA LÉGENDE

Lorsque, dans le chapitre précédent» la tiare blanche en poil de chameau, décrite par Raban-Haur, nous a en fait reconnaître la prophétesse dans le principal personnage de la stèle des Baux , nous nous sommes demandé le rapport qu'il pouvait y avoir entre cette païenne et sainte Marthe de Béthanie, la vierge qui évangélisa Tarascon,* pour que leur coiffure fût exactement la même !

Pourquoi ce nom de Marthe flottait ainsi incertain entre l'histoire et la légende ; pourquoi c'est Plutarque, Tauteur profane, qui nous décrit le manteau et la lance de la prophétesse ; tandis que c'est Raban-Maur, l'auteur sacré, qui nous donne l'explication de sa coiffure ?

Cette description d'un costume aussi étrange complétée à tant de siècles de distance par un écrivain qui se dit

récho des récits , des traditions populaires admis sans contradiction comme un fait immémorial (1), ne ferait-elle pas douter de la dualité de ce mystérieux personnage?

Il est difficile d'admettre, en effet, qu'il y ait eu à si peu d'intervalle deux femmes de même nom, de même pays, ayant le même costume, venues de si loin dans les mêmes lieux, ayant vécu de la même manière, fait les mêmes prodiges, assisté aux mêmes événements, en compagnie de deux personnages, un homme et une femme, entre lesquels il ne sera pas impossible non plus de trouver quelque ressemblance.

Et s'il n'y en a qu'une seule, la véritable ne sera certainement pas la plus récente, celle dont l'origine incertaine et miraculeuse échappe au creuset de la critique, mais la plus ancienne, celle qui aura précédé la seconde de plus d'un siècle, dont le village des Baux nous a conservé les monuments, dont l'histoire nous a transmis le souvenir authentique, indiscutable, celle enfin dont la légende aurait certainement fait mention, si elle ne les avait confondues toutes deux dans le même culte.

Mais si la prophétesse des Baux est la même que la sainte de Tarascop, que vont devenir Marius et Julia, les deux autres personnages de la stèle? Se transformerontils à leur tour en Marie-Madeleine et en Lazare?

Quelque étrange que paraisse cette transformation, il est difficile de la contester, si, comme nous espérons le prouver, la stèle des Baux, les Trémaie, est bien réellement l'origine de la légende des Saintes Maries.

Nous allons donc expliquer où et comment le nom de Marthe fut l'origine de cette légende, comment celle-ci

(1) ATofk in. , t. !•', p. 603 et t. 2, p. 48.

prit le nom (Marii ou MopiT^) des Maries et pourquoi elle fut amenée à se transformer en étendant ses rameaux à mesure que se développaient ses racines.

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