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L'ITALIE CONFÉDÉREÉE 95
ENVAHISSEMENT DU PIÈMONT
Dès les dermers mois de l'année 1858, l'Autriche avait conçu, dans le secret de ses pensées, le projet d'imposer au Piémont ses idées politiques, pour le faire entrer dans les sphères de son influence. Aussi, prévoyant qu'elle ne pourrait atteindre le but dont elle se disposait à poursuivre la réalisation sans employer la force des armes, se préparait-elle à la guerre, . avant même l'avertissement du 1° janvier 1859,
Avant cette date mémorable, qui restera célèbre dans les fastes de la France et de l'Italie, on pouvait remarquer, dans la Lombardie et la Venétie, d'immenses préparatifs de combats et des mouvèments extraordinaires de troupes. Depuis quelque temps déjà, on y travaillait avec une activité inusitée à réparer et à étendre les formidables fortifications dont celte partie du territoire de la Péninsule se trouve hérissée au profit de la puissanec autrichienne. De nombreux ouvricrs agrandissaient ou reslauraient les citadelles de Milan, de Pavie, de Vérone et de Mantoue.
Dans toutes les places de guerre on accumulait un matériel considérable, des pièces de canon, des barils de poudre, des munitions et des approvisionnements de toute nature, comme si on s'attendait à y puiser souvent pour les nécessités d'une lutte de longue durée, comme si on prévoyait qu'on aurait à y soutenir de terribles sièges.
Dans les premiers jours du mois de janvier 1859, les préparatifs de guerre, du côté de l'Autriche, devinrent encore plus visibles. Ainsi les chemins de fer qui de Vienne vont à Trieste commencçaient à transporter des régiments entiers, avec de nouveaux parcs d'artillerie, qu'on dirigeait ensuite du côté des provinces de la Vénétie el de la Lombardie. Bientôt une puissante garnison, tout entière, à la solde du cabinet de Vienne, s'installait dans la citadelle de Plaisance, qui pourtant appartient au territoire du duché de Parme, comme si Plaisance n’eût été qu'une ville de l'empire des Hapsbourg.
Au commencement de mars, l'Autriche avait déjà réuni, tout près des frontières du Piémont, dont chaque jour ses troupes se rapprochaient