‹ Campagne de Piemont et de Lombardie en 1859Chapitre 112 sur 134 · ULLOA · texte numérisé non relu

ULLOA

C'était répondre dignement à la pensée patriolique du gouvernement provisoire qui s'était souvenu du défenseur de Venise en confiant la garde du territoire toscañ au général Ulloa, ainsi que l'afteste le décret suivant :

€ Satisfait, d'avoir appelé au commandement de l'armée toscane l'illustre défenseur de Venise, il pense aecomplir un devoir de reconnaissance envers la mémoire de Daniele Manin, en donnant au général Ulloa, en

24e LATA MER CONFÉDÉREE

Ua ide de,comp, avecle.sradesde lieutenant d'étatmajor général, M: Giors sio Manins fils du eélèbre et. si universellement regretté Daniele; 0: lors ri ASSMie senstndg el 15 shiubrros sf tre s

ARE LL « Chevalier UrainiRo PEntz2L, ViKGiX20 MALENGNNI, avocat » Major ÂLESSANDRO Daxzinr. LR

Parti de Florence, le mouvement dé atnitient se propagea rapidement dans toute la Toscane, où on vit les prêtres, les évêques eux-mêmes, le seconder de leurs exhortations patriotiques. |

« Frères italiens, s'écriaient des prêtres qui appartenaient au duché de Lucques, nous sommes nous-mêmes Italiens ; vos gloires sont les nôtres comme vos douleurs ; nos amis comme nos ennemis sont communs. Tous, nous formons un seul peuple, une seule nation. Veuille Dieu miséricordieux faire que la victoire des armes italiennes fasse triompher le royaume divin où l'on ne verra plus régner que la sainteté des lois et le bien universel! Fasse le Dieu de miséricorde qu'après l'extinction des colères, les cœurs et les esprits se calment dans la paix et l'équité, et que l'amour de la religion et de la science chrétienne refleurisse, afin que la CINIlisation chrétienne domine pour {oujours sur la terre! »

L'élan des populations répondait du resté! à ce langage. Lés enrôlements volontaires justifiaient, par leur nombre, la confiance du gouvernement provisoire dans le patriotisme des Toscans, et ceux qui ne pouvaient pas offrir leur sang à la patrie lui faisaient l’offrande volontaire de leur or.

C'est donc avec vérité que le gouvernement provisoire avait pu dire, dans un mémorandum qu'il adressait le 2 mai aux SSSR du corps diplomatique : | | |

« Si jamais une révolution a éclaté, sur laquelle 1l ne puisse y avoir aucune équivoque, et à laquelle ait présidé une seule pensée, c’est bien Ja révolution toscane du 27 avril : elle émane exclusivement d’une pensée nationale et du désir de concourir à la guerre soutenue pour l'indépendance de l'Italie, en participant aux périls : de la lutte et à la gloire de la délivrance. »

On se rappelle que ce gouvernement n'avait accepté le fardeau du pouvoir qu'avec l'intention de le déposer entre les mains du roi de Sardaigne. Il fit, en effet, offrir la dictature à Victor: Emmanuel 11. x ce ee il S me ainsi Lg l'organe di nées toscan

«A qui Dis mieux et. avec. «ee de conformité aux vœux. des

pen infor té td 265 pétitions) cohfier les destinées! du pays qu'a SOUVérnême it piémon. tais) qui'aldéjt donné tant dé prétives de 8x fdetite Me et dont la conduite et la généreuse attitude inspirent h.touteslés populations de la Péninsule une confiance illimitée ? Dans eette profonde conviction, le gouvernement provisoire toscan s'est empressé de prier le gouvernement de Sa Majesté le roi de. Sardaigne d'assumer le protectorat de Toscane tant que dureront les opérations de la guerre. Cette démande a été limilée par la condition que la Toscane, même dans cette période purement transitoire, conservera la plénitude de son autonomie, une administration distincte de celle-de la Sardaigne, son organisation définitive devant avoir lieu à l'issue de la guerre et alors qu’il sera procédé à l'organisation générale de l'Italie. Le gouvernement piémontais a accueilli cette ouverture . avec bienveillance; il a accepté, dans l'intérêt de la cause commune, cette éminente tutelle. Le gouvernement provisoire toscan remettra donc aux mains du commissaire spécial que Victor-Emmanuel II désignera pour le représenter à Florence, le gouvernement de la Toscane, fort de la confiance d'avoir rempli un grand devoir, et jaloux, pour l'honneur de son pays, de pouvoir dire que pas une goutte de sang , pas unc insulte, pas le plus léger désordre n’a signalé ni suivi un eut aussi grave. »

En effet, Victor-Emmanuel IT délègue ses pouvoirs à son ministre plénipotentiaire, M. Boncompagni, qui ajoute à son titre celui de commissaire extraordinaire du roï de Sardaigne pour la guerre de l'indépen-

dance, et qui explique dans les termes suivants la nature et le but de ce mandat :

«Tous les actes que le gouvernement du roi, et, en son nom, le commissaire délégué par lui, doivent faire en Toscane, sont basés sur la nécessité de pourvoir à la guerre, et sur le vœu du peuple toscan exprimé par l'organe du gouvernement provisoire, vœu qui, en l'invitant à prendre la dictature pendant la guerre, le met à même de réunir en sa main toutes les prérogatives de la souveraineté. Le roi n’a pas pris ce litre; il a semblé à son gouvernement que ce titre pouvait donner lieu à des interprétations moins favorables, de nature à faire supposer que la condition future de l’État en serait altérée, et qu'il y aurait diminution des droits de l'autonomie toscane, droits sanctionnés par le droit public européen, et qui, après la guerre, seront réglés de la façon la plus convenable aux intérêts particuliers de la Toscane el à ceux de toute l'Italie. Le roi a pris le titre plus modeste de protecteur; ce titre réserve tous les droits de la Toscane, et il a accepté l'obligation de faire les actes de nature à conserver intact l'État dans les conditions exceptionnelles où ïl se trouve, en atten-

264" LAPPALIE TCONF EDÉÈRÉE dan que’ 'apres HIdisparion du güuvérmement qui existait antérieure. ment au 27 avril, il existe une administration définitivement: organisée. à 'ÉPour tnicek expliquer ist ipensées ler bouvéinement iduroi a ‘décléré éXpréssément qué la Toscan /conserveraitt sonadministrationdistinete Si le gouvernement provisoire avait eu le mandat dé pourvoir à la chose publique pendant tout le temps de la guerre, le gouvernement du roi n'aurait rien fait qui püt entraver son action, et il aurait cherché à la concilier avec celle qui est l'apanage du roi en sa qualité de commandant suprême de la guerre de l'indépendance. Le gouvernement provisoire n’a pas été institué de la sorte : toute personne présente aux événements du 27 avril sait que le mandat qui lui fut conféré au nom du peuple toscan ne s’étendait pas au delà du bref délai nécessaire, afin que le roi assumät l'exercice des pouvoirs extraordinaires qui, pendant la guerre, lui étaient conférés comme chef suprême. Le terme assigné au mandat du gouvernement provisoire expire, et l'heure est arrivée où tous les pouvoirs doivent en être transférés pour créer l’état de choses qui, dans l'intérêt de la cause commune, devra durer autant que la guerre. Le roi, en sa qualité de protecteur de la Toscane, n'entend pas que l'exercice des prérogatives . de la souveraineté soit alténué ; sans ces prérogatives, l'État ne serait pas organisé, et alors ne pourrait pas concourir efficacement à l’œuvre de l'indépendance, conformément au vœu exprimé avec tant de persévérance et de générosité par cette partie’de l'Italie. Par ces motifs, conformément aux imstructions qui.me sont données, et auxquelles je dois me tenir dans l'exercice de la charge qui m'appelle au haut honneur de le représenter près la Toscane, j'exercerai, en vertu de mes pouvoirs, toutes les fonctions de la compétence du chef de l'État, mais je les exercerai de telle manière que l'administration de la Toscane soit complétement indépendante de celle du Piémont, que mes actes n’altèrent en rien sa souveraineté, qu'il ne soit rien préjugé quant à la condition future de la Toscane et à l'organisation définitive de l'Italie qui sera la plus capable de remédier aux abus des traités de 1815, IN + | CAgréez l'expression dema considération la plus distinguée. *« Florence, le 9 mai 1859. | ( pese. | « C. Poxcompaenr. »

Deux jours après, M. Boncompagni écrivait aux membres du gouvernement provisoire la lettre suivante :

:« Par ma dépêche du 3 courant, je me résérvais de me concerter avec vous afin d'entrer en exercice des fonctions de commissaire ‘extraordi-

naire du roi Victor-Emmanuel durant la ouerre. Tous les actes préliminaires nécessaires élant remplis pour que je puisse entrer dans l'exercice de ces fonctions, je vous propose que la transmission officielle de ces pouvoirs ait lieu demain,.à dix heures du matin, au Palazzo Vecchio. Je ne terminerai pas cette lettre sans me féliciter avec vous de tout ce que vous avez fait pour le bien de la Toscane depuis que vous avez exercé le gouvernement provisoire,.et sans vous exprimer ma reconnaissance pour la bienveillance que vous m'avez manifestée.

« C. BoxcomPAGNI. »

À la réception de cette dépêche, le gouvernement provisoire de la Toscane, se conformant aux déclarations énoncées dans sa proclamation du 27 avril, rendait un décret ainsi conçu :

«Le gouvernement provisoire de la Toscane transmet tous ses pouvoirs à la personne du commandeur Carlo Boncompagni, nommé par $a Majesté le roi de Sardaigne commissaire extraordinaire pour le gouvernement de la Toscane durant la guerre.

« Donné à Florence, le 11 mai 1859.

« Chevalier Urazpmo Peruzz, avocat Vincent Mazencnmi, major ALex. Doxzoxt. »

. Ce décret fut placardé sur les murs de Florence, accompagné d’une proclamation dans laquelle le gouvernement provisoire recommangait aux habitants de cette cité de se rassurer sur le sort futur de la Toscane par cette pensée que les soldats toscans, réunis à l'armée italienne, auront pour chef suprême le roi qui combat pour la commune patrie, tandis que l'État sera placé sous sa protection et régi par un commissaire nommé par lui, jusqu'à la condition qui lui sera faite dans l'organisation future de l'Italie. 3 | | De son côté, M. Boncompagni, en notifiant au pays sa prise de possession, détermine le but auquel son administration tendratoujours : « celui de seconder la guerre, tout en maintenant l’ordre dans an État qui, à la fin de cette guerre, sera rendu comme un dépôt sacré par Sa Majesté le roi Victor-Emmanuel 11. Voici son langage, dont la loyauté fait l'admiration de l'Italie et du monde :

« Braves Toscans ! vous avez puissamment contribué à prouver que l'Italie est digne de l’mdépendance pour laquelle: combat avec son armée. le roi de Sardaigne, appuyé par son auguste allié l'Empereur des

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