‹ Campagne de Piemont et de Lombardie en 1859Chapitre 19 sur 134 · EL · texte numérisé non relu

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Artllerie Piémontaise (Capitaine)

L'ITALIE CONFÉDÉRÉE 91 la France, et qu'il en rapporta l’organisation des tirailleurs de Vincennes, actuellement nos chasseurs à pied. En 1848, le Piémont n'avait qu'un bataillon de bersaglieri d'un assez fort effectif, et dont on attribua deux ou-frois compagnies à chaque division. Mais les services qu'ils rendirent dans cette campagne ont fait sentir la nécessité de leur donner un développement en rapport avec celui des autres troupes, et le nombre de leurs bataillons a été, dans ces dernières années, porté à dix.

La cavalerie a été également refondue. Elle formait autrefois six régiments qui s’appelaient les régiments de Nice, d'Aoste, de Génes, de Novare, de Piémont et de Savoie, et qui étaient armés, par moitié, de lances et de sabres. Ces six régiments ont été remplacés par neuf régiments : cinq de chevau-légers, avec le sabre et la carabine, et quatre de dragons, avec la lance et le mousqueton.

Chaque régiment de cavalerie se compose de cinq escadrons : quatre escadrons de guerre et un escadron de dépôt.

L’artillerie sarde, dont le calibre est supérieur à eelui de presque toutes les puissances, est une des meilleures artilleries de l'Europe; elle a fait ses preuves sur les champs de bataille de la Crimée, où nos soldats admirèrent la justesse de son tir, Elle: se compose d’un régiment de dix-huit batteries de bataille et de douze de position, d'un régiment d'artillerie de place et d’un régiment d'ouvriers. Chaque batterie compte six pièces.

Un bataillon du génie, le train des équipages et un bataillon d'infanterie de marine complétaient cette armée sarde, qui allait combattre pour la défense du territoire et l'indépendance de la patrie.

Né le 14 mars 1820, Victor-Emmanuel IT monta sur le trône le 93 mai 1849. L'héroïque vaincu de Novare, Charles-Albert, avait abdiqué la couronne pour aller dans la retraite pleurer sur les désastres de sa patrie. C’est alors que son fils recueillit dans l'adversité l'héritage de ce sceptre qui demandait une main de soldat pour le porter, car il y avait sur ce sceptre un souvenir de sang et de deuil à effacer, et un jour devait venir où il se changerait en épée.

Victor-Emmanuel I avait fait, sous les yeux de son père, le rude upprentissage du métier des armes. Il l'avait fait sur les champs de bataille de 1848 et de 1849, à la tête de la division de réserve, composée de la brigade des gardes et de la brigade de Coni. Deux fois surtout, il s'était battu, avec la bravoure héréditaire des princes de la maison de Savoie, à Goïto où il fut blessé, à Custozza où il couvrit la retraite de l'armée piémontaise.

Porté au trône par le coup de foudre de Nôvare, pour tenir la plume qui devait signer le traité de paix du 6 avril 1849, en attendant de tenir

Q2 L'ITALIE CONFÉDÉREÉE

l'épée qui devait le déchirer, Victor-Emmanuel I semblait prédestiné aux douleurs et aux larmes. Il travaillait à asseoir dans ses États l'édifice de la liberté sur des bases durables; il y développait lé germe de prospérités futures ; il faisait enfin son pays grand par l'héroïisme en associant le Piémont à la France et à l'Angleterre dans l'œuvre de gloire que ces deux puissantes nations allaient accomplir en commun sur les champs de bataille de la Crimée. C’est à ce moment-là que la mort vint visiter quatre fois de suite sa royale demeure : il perdit, coup sur coup, Sa mère, sa femme, son frère et un fils. On eût dit qu'il était élevé sur les genoux du malheur.

Victor-Emmanuel H a surtout le caractère d'un soldat. En le voyant, on devine un homme des camps, qui en a la vaillance et la rudesse; c'est une nature fortement trempée. Il s’inclina avec résignation sous la main de Dieu qui le frappait dans ses affections les plus intimes et poursuivit son œuvre de roi. En 4855, il visita les cours de France et d'Angleterre, il vit Paris et Londres et retourna à Turin, nourrissant déjà au fond du cœur, comme la seule consolation que la Providence pit lui offrir, l'espérance d'une éclatante revanche de Novare.

Après quatre longues années d'attente, cette revanche, l'armée prémontaise allait la prendre. Secouru par Napoléon HE dans son œuvre de délivrance, entouré de ses officiers généraux les plus braves et les plus expérimentés, Victor-Emmanuel If était parti, décidé à vaincre où à mourir. Mais cette fois le fils des anciens preux de la maison de Savoie devait vaincre.

Le chef de l'état-major général, le lieutenant général Morozzo della Rocca, était colonel en 1848 et chef d'état-major de la division de réserve commandée, comme on vient de le voir, par Victor-Emmanuel If, alors duc de Savoie. Le général en chef de 1858 se retrouvait donc sur le champ de bataille, en face d’une autre armée autrichienne, avec le chef d'état-major de 1848.

Le major général Pastore, qui commandait le corps de Fartillerie, allait” se faire un nom en utilisant sur le terrain-ses profondes et consciencieuses études sur l'arme à laquelle il appartenait et en montrant que son courage égalait sa science.

Le major général Menabria, qui était député en même temps qu'il commandait le corps du génie, venait d'élever, en quelques jours, des lignes de défense le long de la Dora Baltea pour couvrir la capitale du Piémont. |

Le colonel d'artillerie Alexandre della Rovere, intendant général de l'armée, avait été spécialement chargé en Crimée d'étudier l'organisation

L'ITALIE CONFÉDÉRÉE 95 de notre intendance militaire. Il allait utiliser au profit de son pays, dans une guerre nationale, l'expérience qu'il avait acquise, en appliquant les principes de cette organisation aux services administratifs de l'armée sarde.

Le lieutenant général Castelborgo, qui commandait la première division, dite division de réserve, avait fait la campagne de 1848, en qualité de colonel du régiment de cavalerie d'Aoste. Le major Francesco Borson était chef d'état-major de cette division, qui se composait de la brigade des régiments de Sardaigne, comprenant les 1” et 2° régiments de grenadiers et de la brigade de Savoie comprenant les 1° et 2° régiments de ligne.

Le lieutenant général Alphonse de la Marmora élail spécialement chargé de la direction de l'aile droite, formée avec la seconde et la troisième division.

La réputation militaire du général de la Marmora date de 1848 ; il éail alors lieutenant-colonel d'artillerie et commandait les 1° et 2° batteries de bataille ; il passa ensuite, avec le grade de colonel, à la # division de l'armée comme chef d'état-major du duc de Gênes. Nommé ministre de la guerre et major général après la retraite de Lombardie, il commanda, au commencement de 1849, une division qui, détachée dans les duchés, ne put assister à la bataille de Novare. Gênes s étant soulevée à la nouvelle de l'armistice qui suivit cette défaite, il fut chafgé de faire rentrer la population de cette ville sous l'autorité du roi de Sardaigne. Après avoir réduit Gênes, Alphonse de la Marmora fut nommé lieutenant général ou général de division. Ministre de la guerre dans le cabinet Cavour., il a su réorganiser l'armée piémontaise avec aulant d'intelhsence que de rapidité. C'est lui qui commandait le corps expéditionnaire sarde en Crimée. A son retour, il fut élevé à la dignité de général d'armée, le maréchalat piémontais. C’est en raison de ce grade que, conformément aux traditions de l’armée piémontaise, il lui appartenait de remplir auprès de la personne du roi le poste ad latus qui en faisait une sorte de major général de l'armée.

La seconde division était formée de la brigade de Piémont comprenant les 5° et 4° régiments. de ligne, et de la brigade d'Aoste comprenant les 5° et 6° régiments de ligne. Elle avait pour chef le lieutenant général Manfred Fanti, ancien élève de l'Athénée militaire de Modène. Compromis dans les événements de 1831, il se réfugia en France, où il fut, pendant deux ans, attaché au général du génie chargé des fortifications de Lyon. Passé ensuite en Espagne au service de la cause libérale, il se distingua dans les diverses campagnes de 1854 à 1842. Colonel d'état-major dans

l'armée espagnole en 1848, Fanti, à la nouvelle du soulèvement de l'Halie, accourut en Lombardie. Nommé major général et membre du comité de défense de Milan, il commandait en 1849 la division lombarde après la destitution de Ramorino. Chargé, en 1855, du commandement de la deuxième brigade de la première division du corps expéditionnaire de Crimée, il fut, à son retour, promu au grade de lieutenant général. Le - heutenant-colonel Porsino, qui avait fait la tampngne de Crimée, était chef d'état-major de cette division.

La troisième division se composait de la brigade dé Coni, comprenant les 7° et 8° régiments de ligne, et de la brigade de la Reine comprenant les 9° et 10° régiments de ligne. Elle avait pour chef le lieutenant général Jacques Durando, qui avait servi la cause constitutionnelle en Portugal et en Espagne. Placé en 1848 à la tête du corps d'armée que le pape, contraint de faire des démonstrations contre l'Autriche, avait réuni dans les Légations, Durando, malgré l’ordre qu'il avait reçu de Pie IX de ne pas participer à la guerre nationale, franchit le Pô avec dix-sept mille hommes pour venir au secours des provinces vénitiennes. Ses troupes, pleines de courage, mais peu exercées au métier des armes, à l'exception d’une brigade de quatre mille Suisses, soutinrent quelques combats honorables à Montebelluno, à la Cornuda et devant Trévise.

Durando ne put empêcher la jonction de l’armée autrichienne avec Radetzki, et fut forcé de se renfermer dans Vicence, d'où il repoussa, le 21 mai 1848, avec neuf mille hommes seulement, dont moitié de volonlaires, toutes les attaques du comte de Thunn qui disposait de dix-huit mille soldats et de quarante canons contre cette ville ouverte.

Assaïlli de nouveau le 10 juin par Radetzki placé à la tête de trente-cinq mille hommes et d'une formidable artillerie, le commandant des troupes romaines soutint énergiquement une lutte inégale, jusqu’à ce que les positions dominantes des Monti Berici eussent été enlevées par les Autrichiens. Mais il eut du moins la satisfaction de leur faire éprouver des pertes considérables. |

Alors, pour épargner à Vicence un bombardement inutile et une dévaslation générale, Durando signa une capitulation qui lui permettait de quitter la ville avec armes et bagages et enseignes déployées, sous condition de ne pas servir pendant trois mois contre l'Autriche. Radetzki, de son côté, s'engageait à n’exercer aucune représaille contre les habitants de cette valeureuse cité; mais, comme il était facile de le prévoir, cet article de la capitulation fut bientôt violé.

Délié de son serment par cette transgression de la foi jurée, Durando voulut alors rentrer sur le territoire lombard et venir prèter à Charles

L'ITALIE CONFÉDÉRÉE 95 Albert un appui qui pouvait relever les destinées de l’armée piémontaise, à ce moment décisif de la campagne. Mais le pape, dont les vœux secrets appelaient le triomphe de l'Autriche, s'opposa à cette résolution. Durando donna alors sa démission et vint offrir son épée au roi de Sardaigne. | |

Charles-Albert, qui se préparait à tenter de nouveau le sort des armes, confia à Durando, en 1849, le commandement de la première division de l'armée sarde : c’est à la tête de cette division qu'il prit aux batailles de Mortara et de Novare la part active et glorieuse que l’histoire a enrecistrée. Plus tard, on le retrouve en Crimée avec le titre de commandant de la première division du corps expéditionnaire.

Le colonel Avogado de Casanova était le chef d'état-major de cette division. Cet officier avait déjà suivi le général Durando en Crimée, en cette même qualité.

Le lieutenant général Hector Gerbaix de Sonnaz commandait l'aile gauche, formée de la quatrième et de la éinquième division.

Cet officier général avait déjà commandé, en 1848, l'aile gauche de l'armée de Charles-Albert. On admira dans les derniers combats des 94, 22 et 23 juillet son admirable tact et sa courageuse fermeté.

La quatrième division se composait de la brigade de Casale, comprenant les 41° et 12° de ligne, et de la brigade de Pignerol, comprenant les 13° et 14° de ligne ; elle était commandée par le major général Cucchiart. Né dans le duché de Modène, cet officier général avait servi avec distinction en Espagne, et, plus tard, en 1849, sur les champs de bataille de l'Italie.

Le lieutenant-colonel Cordova était le chef d'état-major de cette division.

La cinquième division se composait de la brigade de Savone, comprenant les 15° et 16° de ligne, et de la brigade d’Acqui, comprenant les 17° et 18° de ligne.

Cette division obéissait au général Cialdini, qui est Modénois. Comme ses compatriotes Fanti et Cucchiari, cet officier général a servi la cause libérale en Espagne. En 1845, il vint en Italie prendre part àla guerre nationale. À Vicence, il guidait une des brigades de Jacques Durando dans la défense dés Monti-Berici, et il y fut blessé en même temps que Maxime d'Azeglio, qui combattait à côté de lui. Nommé, en 1849, au commandement du 25° régiment, composé de Modénois, Cialdini le fit admirablement manœuvrer à la bataille de Novare. Désigné comme chef de la deuxième brigade de la première division du corps expéditionnaire en Crimée, il fut, à la fin de la campagne, nommé major général.

Le lieutenant-colonel d'artillerie Efisio Cugia, qui a fait la campagne de 1848 en Lombardie, était chef d'état-major de cette division.

A chacune de ces cinq divisions étaient attachés : Un bataillon de bersaglieri (tirailleurs); Deux batteries d'artillerie ;

Un détachement du génie ; Un détachement de carabiniers royaux ou frame: ; Quelques pelotons de cavalerie. FR TPE Chaque division présentait ainsi une force de 7 aille. hommes au

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moins. né: 2 EU 2s si A US La division de réserve de yet: commandée pa rend Bern. de Sambay, se composait de deux régiments de dragons et de leux régi | ments de chevau-légers, ensemble trois mille six cents homes, : Len J'ai dit quelle était l'organisation, quelle était la composition de l'armée: pérmanente du Piémont, armée qui ne compla jamais, en réalité, sous les drapeaux, qu'environ cinquante mille hommes. A côté de cette armée permanente, il y avait le corps des volontaires italiens, corps de patriotes, petit par le nombre, grand par l'audace, qui ne s'éleva jamais à plus de six mille hommes. Formé en vertu d’un décret royal du 17 mars 1859, sous le nom de chasseurs des Alpes, organisé en armée régulière par un autre décret royal du 22 avril suivant, ce corps de volontaires avait sa constitution propre, ses cadres spéciaux, son uniforme particulier.

L'amour de la patrie était l'âme de ce corps de héros. C’étaient des ; héros, en elfet, car ce qu'ils demandaient à leur épée, ce n'étaient ni des croix, ni des grades, ni: des traitements. Beaucoup d’entre eux possédaient des châteaux, des palais, des terres à faire envie à d’opulents industriels, à de puissants capitalistes, à de riches propriétaires. Ce qu'ils voulaient, c'était de vaincre ou de mourir pour l’mdépendance de l'Italie : c'était grand et beau comme les dévouements antiques.

Le roi de Sardaigne avait favorisé, dès les premiers jours de l’année, la formation de ce corps de volontaires sur le territoire de ses États. À la même époque, on l’acclamait partout, du nord au midi, comme roi d’Italie. Le mot d'ordre de la jeunesse, dans toute la Péninsule, c'était Viva Verdi! On criait Viva Verdi, le soir, dans tous les théâtres d'Italie ; on répétait souvent ce même cri dans les rues des grandes villes de la Lombardie, de la Toscane, de la Romagne. Viva Verdi ! cela voulait dire : Vive Victor-Emmanuel, roi d'Italie!

La police autrichienne, à Vérone, à Mantoue, à Pavie, à Milan, le savait. On le savait à Florence, à Bologne, à Ancône, à Parme, à Modène. Mais ni menaces, ni dangers, rien ne pouvait contenir l'explosion des sentiments nationaux se manifestant sous cette forme légale et pacifique.

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* + rt FE Er les eur délivrant, le commissaire de police chargé de les réguer mavait lu l'article 119 du Code pénal florentin, qui défend aux dre er Toscane de prendre du service à l'étranger, sans l’autorisa- . #01 dû gouvernement de leur pays. Tous avaient répondu qu'ils ne ren- “reraient dans leur patrie que si leur patrie redevenait libre, Les Florentins connaissaient cette réponse courageuse; les Florentins s’enthousiasmèrent pour ces généreux enfants de la Toscane qui allaient consacrer leur vie à sa, délivrance. Au moment même de leur départ, on fil circuler dans Ta ville un bulletin ainsi rédigé :

ee : ” b'ér

Lun

-« Fils de la noblesse, qui partez pour combattre au nom de f'indépendance de l'Italie, recevez les adieux de la cité, qui est fière de vouscompter parmi ses fils. Les enfants du peuple vous ont précédés ; d’autres encore vous suivront. Nous 1rons tous, lorsque l'heure de la guerre définitive contre l'Autriche aura sonné. Que votre exemple soit suivi par loute la Jeunesse, et que nous voyions encore une fois les beaux jours de Florence, alors qu'entre le peuple et la noblesse régnait une sainte émulation d'amour pour la patrie et la liberté civique ! Saluez le roi d'Italie! baisez pour nous le drapeau de l'Italie! Nous nous reverrons bientôt dans les rangs de l’armée de l'indépendance! »

Puis la cloche du départ tinta ; la foule se découvrit, calme, mais émue, comme pour faire honneur à ceux qui allaient partir, et le train quitta la gare. À bientôt, mes amis ! s’écria le comte Casanova en agitant son cha-

peau. Au revoir ! répondirent des voix nombreuses , pendant que les mains s'agilaient en signe d'adieu. | Il. 15

98 L' LTALIBe GONFÉDÉRÉE | RE re

C'était le même Se a Romagne, dans le Parmesan, dan Mo Mo. dénais. Là, on souriait avec un froid mépris au rappel des lois qui interdisaient aux citoyens de. > Sous peine d' exil, du service à J'étranger, sans autorisation du g üvernement du pays. FAT 2 Les départs de volontaires étaient moins faciles dans la Lombardie et dans la Vénétie ; mais les fils des plus grandes familles s’ exilèrent galement de Venise et de Milän pour aller servir, sous le roi de cause de tés Be 1% En vain le gouverñèn les faisait-il tout à la fois iMmsulter et menacer dans ses ils bravaient la menace, ils méprisaient l'injure, et ils p d’être arrêtés, emprisonnés, fusillés par les soldats de l’ Fr. Les manifestations politiques que le départ des valhntatrés ik alier pli

voquait dans les villes de la Romagne, du Modénais, du Parité an, dé a Toscane, ne pouvaient se produire aussi aisément dans celles de la à Vénétie et de la Lombardie. Là, les baïonnettes autrichiennes comprimaient l'élan des cœurs, l'enthousiasme des populations? Mais Je vœux secrets de la nation les accompagnaient dans leur fuite héroïque. On vit même dans leurs rangs quelques -Napolitains et quelques Siliciens qui avaient pu quitter leur famille et leur patrie, renonçant à une existence de luxe et de plaisir pour partager les périls et les fatigues de l’armée de l'indépendance. Ainsi, François Lanze, l'un des fils du prince de Trabia, mort en exil pour la liberté. |

On le voit; c'étaient les plus grands, les plus honorés, les plus riches d'entre la noblesse qui se faisaient soldats pour délivrer l'Italie du joug de l'Autriche. Un jour, dans les rues d'Alexandrie, un général français rencontra l'un de ces nobles qui. servaient avec les insignes de simple soldat dans un bataillon de volontaires :

« D'où êtes-vous? demanda le général.

— De Florence, répondit le soldat.

— On vous donne cinq sous par jour ?

— Cinq sous et un fusil.

— Cela doit BARRE médiocre, reprit le général en souriant, à un homme qui a vu, j'imagine, plus de villas que de casernes ?

— Oh! répondit le soldat, je n'ai que cinq sous du gouvernement, mais j'ai de mon revenu trois cent trente-trôis francs trente-trois centimes par jour, »

Ce corps de volontaires cependant Dit aussi beaucoup d'ouvriers et de paysans. Le noble y coudoyait le bourgeois; tous y étaient égaux, car tous n'avaient qu'une seule pensée qui les confondait dans une même famille : affranchir l'Italie de la domination étrangère et du despotisme

ITALIE CONFÉDÉRÉE 99 intérieur. Avec une telle pensée au cœur, on devient frères; avec un tel but, dans la vie, on fait des miracles de bravoure et d'abnégation.

L'intérêt qui s'attache à ce bataillon sacré de braves fait qu'on recherche avec avidité tout ce qui apprend à les mieux connaitre. On lira done avec plaisir la lettre suivante où l’un d'eux met à nu, dans l'intimité des épanchements de la famille, ses sentiments et ses pensées, lettre à laquelle il convient de conserver l'originalité de son style : |

RUES «Turin, 4 mai 1859, « Ma chère SŒ@Ur,

« In’est pas surprenant que tu. aies été si longtemps privée de nos nouvelles. Les communications entre nous et la Lombardie sont rompues, et dès lors il n’y a plus, sur cette ligne, de correspondance possible.

« Tu ne dois pas non plus t'étonner de me savoir à Turin, car loute la jeunesse d'Italie qui a du cœur et de l'honneur se trouve en Piémont sous - les armes ou disposée à les prendre. Je n’y suis arrivé que vendredi der- . nier, pendant la nuit, après un voyage long et direct de trois jours et de {rois nuits sans repos ni trêve. J'ai quitté mardi la maison paternelle sans dire un mot de mon projet à nos bons parents, pour ne pas me laisser attendrir par les émotions poignantes d’une séparation et pour me soustraire aux observations que ne m'aurait pas épargnées mon excellent père, par habitude, sinon par conviction. Mais les mères ne se laissent * pas tromper. Malgré mon attention à ne rien laisser paraître durant le jour, le baiser que je donnai à ma mère sous un autre prétexte avait suffi pour lui faire deviner mon dessein. Aussi, quand je rentrai au milieu de la nuit pour prendre mon bagage, la trouvai-je assise dans ma chambre, où elle m'attendait. Elle fut sublime de courage et de résignation ; elle me donna de l'argent, et je partis avec sa bénédiction pour l'exil. Mais que dis-je, l'exil ? c'était la voie de l'honneur et de la gloire qui me conduisait à une seconde patrie, d’où je dois revenir homme et soldat pour venger la première et la rendre libre.

«Mon voyage ne s’est pas fait sans de graves périls ; dix fois nous fûmes sur le point de retomber entre les mains des barbares, et dix fois le Dieu de la liberté nous sauva. Ici, nous avons trouvé Sparte. Pas de cris, pas de chants, pas de démonstrations bruyantes ; mais la fermeté, le Fr la résolution: Près de trente mille volontaires, dont un tiers appartient aux classes les plus élevées, sont venus de toute l'Italie dans les rangs des Piémontais; ce sont autant de soldats qui payeront généreusement leur tribut à la patrie. Resté à Brescia, comme un des membres les plus actifs du comité d'émigration qu'on y avait organisé, j'attendis,

pour m'en éloigner, que la guerre fût déclarée, et j'emmenai alors avec

moi une vingtaine de jeunes gens que j'ai tous casés dans l’armée. Demain, j'espère entrer moi-même dans le corps des tiraleurs, comme simple soldat. Je n’ai voulu entendre parler ñi d'un nouveau grade ni de la confirmation de celui que j'ai quitté en 1850 : ce. séraît perdre du lemps, et nous n’en avons pas à perdre. FA a

« Nos braves camarades français ont eu ici l accueil qu'ils méritent, et

ils ont été satisfaits. Que sera-ce quand ils entreront en Lombardie? 1 Nous À

espérons demain entendre la voix du canon, l'unique Jangage qui

puisse faire comprendre nos intentions aux Vandales. Nos patrouilles ont

eu déjà de brillantes rencontres où elles ont prouvé leur supériorité. Si tu voyais Turin, tu ne croirais pas qu'à quarante milles se trouve un camp ennemi; bien plus, une armée autrichienne en marche. «Dimanche, les rues étaient garnies d’une foule de promeneurs, joyeux et tranquilles comme on en peut voir sur vos boulevards: Vois le miraële de la foi! personne ne doute plus, et quiconque tient une arm “frémit ,

d'impatience et de rage. Vive la France ! vive le Roi! le fils adoré de PRE

Charles-Albert, le futur et digne souverain - de la future Italie ! Dans peus il nous conduira à Vérone, et puis à Vienne, et là, foulant enfin aux pieds la bannière et le sol-de l'Autriche, nous enchainerons pour Jamais à son aire l'oiseau de proie.

«ÆEttoi, ma bonne, ma bien-aimée Pauline, chasse de ton esprit toute préoccupation personnelle et crie : Vive l'Italie! sans trop penser au sort de ton frère, qui fait son devoir. La patrie vous confie, à femmes ! un saint palladium, en faisant de vous les inspiratrices des nobles ct valeureuses actions, et mes sœurs manqueraient certainement à cette mission si ellés montraient, dans ce moment suprême, les faiblesses de leur cœur et les soucis trop individuels de leur affection fraternelle.

«Adieu, maintenant, adieu avec le suprême, le plus ardent baiser. Accompagne-moi par la pensée, mais pas une larme. Quel que soit mon destin, je te jure que tu pourras en être fière : j'aurai fait mon devoir. »

Tel est le langage qu'inspire l'amour de la patrie. C’est ainsi que pensent, c'est ainsi qu'agissent ceux qui savent lui dévouer leur vie. Cette lettre donne une indication précieuse sur le chiffre réel des volonlaires.

L'élite seule de ces troupes irrégulières avait servi à la formation du corps des chasseurs des Alpes. Mais, à côté des cinq mille hommes enrégimentés dans ce corps régulièrement constitué, d'autrés volontaires, au nombre de dix mille, allaient le suivre, sans y être incorporés, dans son

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pscane! k és ements, il y eutiles rsouscrf ions. Céux ‘qui étaient, puva ient payel dé. leur per sonné, faisaient NS Cr ui Étaic nt pauvres ‘et: qui partaient. On souscrivit “dans s-souserivit aussisen Ffance où le Siècle a eu le | | Ernest Legouvé, Vinitiative de cette manifesté ion ai TE fiaäçaihs du peuplétitalien. Voici

la lettre M M. priest Legouvé adress a! Main le 1° mai 1859 :

on cher monsieur Havin, n mn pi ps FRET « Depuis vis tre mois, nous tous que nos Italiens de pensée et d'âme, et qu'a vOns pleuré de colère envoyant où en sachant les canons autrichiens braqués sur la place Saint:Maré; depuis quatre mois, nous 2 meltons notre 1 Wsür notre cœur Ur l'empêcher d’éclater en un cri, CRT à exécration A riche et dé Sÿmpathie ardente pour l'Italie. En face de tant de ds intérêts “compromiside tant de fortunes ébranlées, de tant de respéetables terreurs de famille éveillées, de tant de pronosties Lerribles et imposants répétés chaque jour à la nation, nous ne nous -séntions ni la force ni le droit de mêler à ces sombres et légitimes in- .quiêl studés un mot d'espérance qui eût semblé üne folie ou une cruauté. . Maisäjourd’hui que l'épée est tirée, tirée par l'Autriche, aujourd'hui que Dé elle ennemie de la France joint la provocation à l'iniquité et jette à l'Europe le défi de lui arracher son abominable conquête, qu'il nous, Ps enfin de soulager notre âme et de justifier notre conscience en met aneen présence pour un moment le ] bourreau et Aa. victime ! Coutés a, conquête est toujours chose affreusé, et l’usurpation d'une a té sera toujours un crime ; mais enfin, si elles peuvent, non se justifier, mais expliquer, c'est quand elles défendent la cause de la crviisation, ad elles attaquent et font reculer la barbarie ; quand, Comme le Nil, äfes fécondent le sol qu’elles envahissent, et sèment des idées, des principes, dés vérités dans les cœurs même qu'elles désespèrent et déchirent. Mais ici, où est la barbarie et où est la civilisation ? Qui représente devant Dieu et devant les hommes les élus de l'intelligence ? Le peuple conquérant ou le peuple conquis. Qui a fait le plus de bien au monde? Vienne ou Rome, Venise, Gênes, Milan, Florence. Et comment oser seulement comparer ces barbares du dix-neuvième siècle, cetle race sauvage qui en 4859 inscrit dans son Code un chapitre sur la

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flagellation des femmes; avee ce peuple choisi de Dieu : à ais nous, hoinmes modernes, nous devons tout ce que nous sommes ; avec. cetle nation . charmante et féconde qui à témotre institutrice, notre imiigfrice, notre mère ? Je laisse de côté Fantiquité qui elle aussi pourta Enotsan nourris, et qui‘ ést Italienne, elle aussi. Mais, ‘pour ne parlef que de la société modérne, regardez! n'est-ce pas un spectacle bien frappant que de voir toujours l'Italie donner le signal au monde, et toujours lui oùvr. la route des grandes choses ? Le é CE w 14 Fri 1 à

« Le premier poêle épique.modérne est Halien : Dante.

« Le premier poëte lyrique est Italien : Pétrarque. *s.

« Le premier poële chevaleresque est Italien : le Tasse.

€ Lepremier poëte d'imagination légère est Italien : APIQLE.

« Le premier conteur moderne est Italien : Boccace.

« Le premier peintre du monde est Italien : Raphaël. “)

« Le premier statuaire est Italien : Michel-Ange. a

«€ Le premier vigoureux politique et le premier historien de la renaissance est Italien : Machiavel.

« Le premier philosophe historien est Italien : Vico.

« Le conquérant du nouveau ‘monde est un llalien Christophe Colomb. | +

« Le premier démonstrateur des lois du monde céleste est un Italien : Galilée. |

« Sur tous les degrés du temple du génie vous trouvez debout, doguis le douzième siècle, un fils de l'Italie. Puis, dans les âges voisins de nous, tandis que toutes les autres nations travaillent pour donner une suite à celte immortelle galerie, l'Italie de temps en temps rassemble ses forces et jetle au monde un colosse qui dépasse tout. Aujourd’hui, aujourd’ hui même, le plus grand artiste vivant, le seul peut-être qui mérite, à ce litre unique d'artiste, le nom de grand homme, n'est-il pas. Utien. n'est-ce pas Rossini? Et enfin, n'est-ce pas aussi un fils de l'Italie ce géant qui domine le siècle entier et couvre tout autour: de lui de sa lumière-ou de son ombre, Napoléon ? En vérité, il semble que, quand ia Providence a besoin d'un guide ou d’un chef pour l'humanité, elle frappe celte terre privilégiée et en fasse jaillir un grand homme.

€ Eh bien! cependant, tant de gloire n’est rien! non! Ce qu'il y a de plus grand en Italie, ce n'est pas son génie, ce ne sont pas ses bienfaits, cest son malheur; je me trompe, c'est son désespoir et sa sublime fureur pour en soir. On l'a nommée la terre des morts! Terre des morts, en effet, mais à la manière de ce sol de la Fable qui produisait sans cesse de nouveaux combattants pour les voir sans cesse engloutis !

L'ITALIE CONFÉDÉRÉE 103 Depuis quarante ans, à Naples, à Rome, à Florence, à Modène, à Parme, à Milan, la révolution sainte parcourt souterrainement toute cette contrée volcanique et s'ouvre partout de nouveaux cratères. Rien ne. les arrûte, rien ne les décourage : ni les défaites, ni les supplices, ni les exils, ni la confiscation, et, après quarante ans de luttes et de revers, ils réparais- Sent aujourd hui plus résolus et plus électrisés que jamais, et redemandant.cette fois, à la face du soleil et sur le champ de bataille, leur titre de nation ab@quel droit le leur refuser? On disait à Italie : Tu n'es pas digne de liberté, parce uetu n'as pas le courage guerrier qui la conquiert. Ellé a répondu Mers en 1848, en arrachant de ses mains

ge désarmées les armes des Autrichiens et eñ les chassant avec leurs propres

fusils. On lu lui disait : Tu n'es pas digne de la Liber té, parce que tu nas pas la éoñstaice qui la mérite. Elle a répondu à Venise, en 41849, en soutenant un siége de dix-neuf mois, sous le coup'de la famine, du choléra et du bombardement. On lui disait + Tu n’es pas digne de la liberté, parce que tu n'as pas la sagesse qui Ja conserve et que tu ne saurais pas te gouverner Elle répand en Piémont depuis dix àns en montrant à l'Europe le modèle d'une organisation libre et modérée,

démocratique el constitutionnel. I n'y a plus d’excuses contre elle, et

le gouvernement français, en’ ‘lui tendant la main, fait son devoir et acquitte la dette de l'Europe. A nous, maintenant, nation et individus, à faire le nôtre. I ne s’agit plus aujourd’hui de parti ni de dissentiments politiques; il n'y a plus qu'une chose en jeu : la cause de la France soutenant la plus sainte des causes. Ce n’est pas une guerre, c’est une croisade. Unissons-nous donc tous de cœur, de sympathie et de secours ; et, comme on ne saurait trop tôt joindre les petits éfforts aux grands, je vous propose, mon cher monsieur Havin, d'ouvrir dans vos colonnes une souscription pour aider au départ des volontaires italiens, et je vous demande la permission d'inscrire mon nom sur cette liste pour une somme de mille francs.

« Croyez à tous mes sentiments affectueux.

« De l’Académie française. »

Cette souscription dura deux semaines et produisit environ vingt mille francs. On donna également des représentations, des concerts et des fètes au profit des volontaires italiens. Un comité s'organisa, par ordré de l'Empereur, pour recueillir et distribuer tous les dons qui venaient S'offrit à la cause de l'indépendance italienne. Le comité était composé de MM; le comte de Campello, président, Ballanti, administrateur, comte

dû si S L'ITALIE CONFÉDÉRÉE | | Oldofredi Tadini, comte Gritti, “le Franchis, Pascalini,-Fossati, rébta. .Ce comité récolla une seconde somme de. vingt-cinq francs. L Emperéur, l'Impératrices le prince Jérôme, le prince Pre op de ms figurent individuellement sur cette liste de M et Le chiffre total des sommes versées au Siècle et au co) élevé à quarante-cinq milles francs. Cette somme servit à frayer tous les Italiens pus que l'exil et la persé chassés de leur patrie, et qux de sa den I dans les rangs des volontaires it que.

tribué à la formation du corps des Alpes, ©," #7 4 Ce corps avar 6 divisésén"lr tu r'ég % ents di il ifanteri Je pen: LS commandé par le général NE à omprenaf deux.. hip lun par le major Sacchi, l'autre par le major. ph : ; Je JS y 1, comMmandé par lecolonel” Medici, comprenait aussi deux De taillons dirigés, l'un paré major Ceronis l'äutre par le major Bixio ; le troisième jt mandé, par le colonel Ardoino, RE AT toujours deux#bañtaf 7 dirigés, dE un par le major Stello; l'autre sp r le major Frigiri. Orayail attaché à ce mème corpé deux cent éhyqua guides commandés p major Foresti et armés d’une lance, een: etd'un sabréz ainsi à qu'une compagnie de carabiniers “et. un Pare d'artillerie de huit pièces. Le commandant supérieur du corps des volontaires se nomimail Joseph Garibaldi, et servâit, à ce litre, dans l'armée sarde, avec le grade de major-général, dont le brevet venait de lui être délivré par Victor-Emmanuel I. Autour de sa personne il avait réuni, comme officiers d’étatmajor, le colonel Carrano; le capitaine Cenni, les lieutenants Curti, Bovi et Felici, tous jeunes, tous ardents, tous enthousiastes du chef qui, en s sa qualité de vice- pe ésident de la Société nationale italienne, dont un publiciste renommé, la Farina, était secrétaire, avait, à une date récente, donné aux membres de cette société les instructions secrètes suivantes &

« 1° Les hostilités à peme commencées entre le Ptémont et l'Autr iche, vous vous insurgerez au cri de Vivent l'Italie et Victor -Emmanuel ! Dehors les Autrichiens ! |

« 2° Si l'insurrection est impossible dans votre ville, les jeunes gens en état de porter les armes en sortiront et se rendront dans la ville la plus

voisine où l'insurreclion aura déjà réussi, où du moins aura des chances de réussir. Parmi les villes voisines, vous choisirez la plus rapprochée du Piémont, où devront se concentrer toutes les forces italiennes.

«3° Vous ferez tous vos efforts pour vaincre et désorganiser l'armée

autrichienne, en interceplant les communications, en rompant les ponts,

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en aliattant és télégraphes, en brülant les dépôts d'habillements, de vivres, 48 débris à entgardant en otages les grands personnages au service de + ennemi 'eleurs familles.

«€ 49 Yet tirez jamais les premiers sur les dut italiens et hongrois ; mèttéz fout en œuvre, au contraire, pour les engager à suivre notre banniète, et aceneillez en frères ceux qui céderont à vos exhortations.

« 5° Les troupes régulières qui embrasseront la cause nationale seront immédiatément envoyées en Piémont.

« 6° Là où l'insurrection aura triomphé, l'homme le plus haut placé dans l'estime et dans la confiance publiques prendra le commandement militaire et civil, avec le titre de commissaire provisoire pour le roi Vic. lor-Emmanuel, et le conservera jusqu'à l'arrivée du commissaire envoyé par le gouvemnement piémontais.

« 1° Le commissaire provisoire abolira les impôts qui pourraient exis-

ter sur le pain, lé blé, et en général toutes les taxes qui n’existent pas dans les États sardes.

« 8° Il fera une levée, par voie de recrutement, des jeunes gens de dixhuit à vingt ans, à raison de dix par mille âmes de population, et recevra comme volontaires les hommes de vingt à trente-cinq ans qui voudront prendre les armes pour l'indépendance nationale ; il enverra immédiatement en Piémont les conscrits et les volontaires.

«9° 1lnommera un conseil de guerre pour juger et punir, dans les vingtquatre heures, tous les attentats contre la cause nationale et contre la vie ou la propriété des citoyens pacifiques. Il n'aura aucun égard au rang, à la classe ; mais personne ne pourra être condamné par le conseil de guerre pour des faits politiques antérieurs à l'insurrection.

«10° Il défendra la fondation des cercles et journaux politiques, mais il publiera un bulletin officiel des faits qu’il importera de porter à la connaissance du public.

-« 1° I démettra de leurs fonctions tous les employés et magistrats op posés au nouvel ordre de choses, procédant pour cela avec beaucoup de mystère et de prudence, et toujours par voie provisoire. |

« 12° I mainliendra la plus sévère et inexorable discipline dans la milice, appliquant à chacun, quel qu’il soit, les dispositions militaires en temps de guerre. Il sera inexorable pour les déserteurs, et donnera des ordres sévères à ce sujet à tous les subordonnés.

€ 15° I enverra au roi Victor-Emmanuel un état précis des armes, des munitions et des fonds qu’ on trouvera dans les villes ou provinces, et if attendra ses ordres à ce sujet. |

«14° En cas dé besoin, il fera des réquisitions d'argent, de chevaux, de

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