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traqué comme une bête fauve par les Autrichiens, qui menaçaient de fusiller quiconque lui donnerait asile, quiconque lui fournirait même du pain el de l’eau, Garibaldi voulut du moins mourir en combattant pour la délivrance de Venise. Ke,
Touslles efforts de Garibaldi tendirent alors à réaliser cette magnanime pensée, qui l’arrachait aux sentiers de la Révolution pour le ramener dans les voies du patriotisme. Suivi seulement de quelques compagnons restés fidèles à sa fortune, accompagné de l’héroïque Annita, qui, bien qu’enceinte de plusieurs mois, partageait toutes ses privations et toutes
ses fatigues, il gagna, sur les bords de la mer, une bourgade du nom de
Cesenatico, où il parvint à réunir treize bateaux de pêché. Le 2 août 1849, il mettait à la voile pour Venise, à la tête de cette petite flottille. La des- Dé voulut qu’un croiseur autrichien l’aperçut et lui donna la chasse.
C'eh était fait pour dix ans de cette vie de combats et d'aventures. Des nv embarcations dont se composait la flottille républicaine, huit furent coulées ou prises par le brick autrichien : les plus petites et les plus Iéwères gagnèrent la côte. Au moment du débarquement, Garibaldi ne compta plus autour de lui que quarante personnes. IL fallut se séparer. Les adieux furent sombres et tristes. Épuisée par loutes ces secousses, Annita se mourait. |
Garibaldi prit le chemin de Ravenne avec sa femme, qui, le trompant sur son véritable état, s'efforçait de marcher pour ne point retarder sa fuite, et quelques amis qui lui restaient encore. Pendant trois jours; ou plutôt trois nuits, car ils n'osaient se montrer sur les grandes routes, ils errèrent, à l'aventure, S'arrêtant dans les cabanes isolées, où on accordait une hospitalité craintive à ces hôtes dangéreux. 2e
Garibaldi se désespérait de ne trouver nulle part un abri où sà femme püt recevoir quelques soins. En marche, il fallait la porter, car, dès qu ‘elle tentait de marcher, elle tombait en défaillance. Le troisième jour, on la crut morte; les fugitifs se reposèrent dans une chaumière. Tout à coup, on annonça l'approche des Autrichiens. Garibaldi s’apprêtait à mourir sur le cadavre de sa femme. Le maitre de la cabane avait un petit cheval et une carriole ; il attela, fit monter ses hôtes dans la voiture, et les emmena à quelques lieues. Mais il fut obligé de les quitter, et ils durent continuer à pied leur lugubre voyage. $
On était tout près de Ravenne : Annita fit un dernier effort et marcha. On arriva enfin ‘à la porte d'une espèce de chalet. En entrant, Annita s'évanouit. Garibaldi voulut la porter dans un lit; mais, aumême moment, elle expira entre ses bras. Fou de chagrin et de désespoir, il voulut se tuer; l'idée de la patrie se représenta à lui, et il se résigna à vivre. Une sorte