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L ITALIE CONF ÉDÉRÉE 11E
de lointaine cdnabe le ‘retenait sur la terre. Il enterra lui-même sa femme, atteignit Ravenne, où il se cacha chez un ami, traversa ensuite la Toscane, et revint en Sardaigne, où 1l ne put alors obtenir un asile. Le gouvernement piémontais lui fit donner l’ordre de s'éloigner du territoire sarde. Garibaldi partit d'abord pour Tunis; là, il se décida à reprendre la vie de voyageur et de marchand. Ses amis lui frétèrent un navire de commerce; et il s'embarqua de nouveau pour l'Amérique, où, à titre d'intermède, il aocepig, en 1852, un commandement dans la marme du Pérou.
Autorisé, en 1854, revenir à Gênes, où il rentra avec la qualité de négociant, Garibaldi dti ensuite du gouvernement sarde la cession de la petite île de Caprera, qu'il S'occupait de défricher él de coloniser avec ses fils, ayant perdu ses jeunes illusions et gagné des cheveux gris, lorsque la destinée vint tout à coup le rappeler sur les champs de bataille.
L'Italie du nordetl Italie du centre se levaient en armes au nom de l'in-
dépendance nationale et de la liberté publique. Garibaldi ne pouvait hé-
gifér* nouveau Cimcinnatus, il était revenu des combats aux champs ; il revint des champs aux combats et accepta de Servir, avec le grade de major général, sous l'autorité du roi de Sardaigne, à la tête des chasseurs des Alpes. L'Empereur des Français, de son côté, voulut Ini témoigner sa sympathie, en lui offrant deux magnifiques pistolets qui n'ont pas quitté sa ‘éinture, pendant toute la durée de son expédition dans la Lombardie, sr le lac de Garde et à l'entrée du Tyrol. |
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ENGAGEMENT DE FRASSINETTO a
L'Autriche n’a su faire en Italie, dans sa déplorable campagne de 1859, Sur le sol piémontais, ni la paix ni la guerre. Toutes les déclarations officielles, tous les documents diplomatiques, l'ont constaté : le jour où le cabinet de Vienne se décidait à recourir à la force des armes, la France n était pas encore prête à secourir son allié le roi de Sardaigne.
Les premiers corps de l'armée d'Italie qui ont touché le sol de la Péninsule, au moment même où les troupes autrichiennes, passant lerTessin, se répandaient dans les campagnes et dans les cités piémontaises pour y porter la ruine et la dévastation, n'avaient ni munitions de bouche, ni munitions de vivres; ils arrivaient d’ailleurs successivement, isolément; l'Empereur allait bientôt débarquer à Gênes et se rendre à Alexandrie; les vivres, les fourrages, les cartouches et les canons mariquaient {oujours, tellement on croyait peu, tellement on s'était peu préparé à la guerre. | Tout d'abord on s'étonne qu'ayant arrêté, dès le 19avril 4859, l'envoi d'un ultimatum au cabinet de Turin, le cabinet de Vienne ait retardé de lrois jours cel envoi, irrévocablement décidé. Averti par toutes les voies de la publicité de cette résolution, le Piémont a gagné à ce retard dix jours de répit; dix jours, dans la situation respective des armées autrichienne et sarde, c'était le salut.
Avec plus de fermeté dans la décision, plus de célérité dans l'exécution, puisqu'elle avait arrêté, dans sa pensée, qu’elle en appellerait au Dieu des batailles, l Autriche pouvait aisément faire occuper par ses troupes, sur le lerritoire même du Piémont, des positions qui auraient au moins eu pour elle l'avantage de contraindre la France à de puissants efforts pour l'en chasser ; elle pouvait mettre l’armée d'Italie dans la nécessité de reconquérir une partie des États du roi de Sardaigne, avant de conquérir la Lombardie,
Ainsi la route de Turin est restée quelques jours libre, entièrement libre pour les troupes autrichiennes ; il a dépendu, à coup sûr, pendant
L'ITALIE CONFÉDÉRÉE 115 au moins une semaine, de l'habileté et de l’activité du comte François Giulay de conduire son armée dans cette riche et populeuse capitale, qu'il aurail pu rançonner comme il a montré qu'il sait rançonner. Cette expédition a été un moment si facile, que déjà la population de Turin s'était patriotiquement résignée à subir momentanément les souffrances d’une invasion que l’on espérait, du reste, n'être que passagère. |
Les forces piémontaises auraient été impuissantes à empêcher ce mouvement des Autrichiens. Le comte François Giulay aurait pu, s’il eût su agir avec l'impétuosité d'un général français, prévenir l'arrivée en Piémont des premiers corps de l’armée d'Italie. Mais, même après que ces premiers corps eurent traversé Suze ou débarqué à Gênes, il pouvait encore marcher sur Turin et occuper cette ville. En effet, ils n'étaient pas assez nombreux pour engager de suite la lutte sans imprudence; les hommes, au surplus, étaient bien arrivés, mais le matériel, les chevaux, l'artillerie, ne l’étaient pas encore. Aussi les chefs de corps avaient-ils l'ordre, à ce moment-là, de ne pas chercher à défendre Turin, si Turin était menacé, et de se borner, provisoirement, à couvrir d'un côté la frontière des Alpes, de l'autre la ligne de communication entre cette frontière, Gênes et Alexandrie.
Le comte François Giulay a eu même la possibilité de faire que cette dernière mission füt difficile à remplir, et qu'il y eût tout à la fois de la
gloire et du péril à maintenir entièrement libre cette ligne de communi-
calion. S'il eût marché sur Turin, sans s'arrêter à d'inutiles pillages, s'il se fût établi dans cette capitale du Piémont, 1l pouvait, au moyen de la route royale et de la voie ferrée qui la reliaient à la place d'Alexandrie, rabattre sur cette place, en longeant la rive gauche du Tanaro.
Dès lors cette ligne se trouvait tournée. Dans cette situation, si l'armée autrichienne n’était pas parvenue à écraser l'armée piémontaise près d'Alexandrie, du moins elle aurait pu facilement l’enfermer et la bloquer dans cette place.
. Peut-être même le comte François Giulay pouvait-il réussir, avec ses cent vingt mille hommes, à couper l'armée piémontaise de la place d'Alexandrie et la contraindre de se réfugier dans la ville de Gênes.
La manœuvre de l’armée autrichienne était alors toute tracée par la science de la stratégie et la configuration du terrain : elle prenait posilion dans les montagnes du côté de Novi, entre Gênes et Alexandrie, maitresse de la ligne de communication entre ces deux villes, maitresse de la route de Turin. Là, ayant sa retraite assurée sur Plaisance et Pavie par la route de Voghera, elle attendait dans une excellente position l'armée française.