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Mais tel est l'effroi que cette armée inspirait aux ennemis du Piémont, qu'ils se sont arrêtés à [vrée, dans leur marche sur Turin, parce que la nouvelle leur était arrivée de Suze qu’une première brigade de l'armée d'Italie descendait des Alpes, et qu’ils ont renoncé à s'avancer contre les Piémontais, vers Tortone et Alexandrie, parce que les bruits venus de la Méditerranée leur disaient que deux frégates françaises entraient dans le port de Gênes avec les premières troupes de débarquement. 3 |
Le cabinet de Vienne a surtout regretté amèrement que le comte François Giulay ne soit pas allé occuper Turin au moins pendant trois jours: car, bien employés, comme ceux de l'occupation de Verceil, de Novare et de Mortara, ces trois jours auraient été très-productifs pour l'Autriche. IL est vrai que, pour se rendre à Turin, l’armée autrichienne aurait dû forcer, tout d’abord, les positions de la Dora Baltea, qui auraient été vaillamment défendues, et, ensuite, les retranchements qu'on avait établis sur la Stura et sur la Doire, rivières très-rapprochées de la capitale du Piémontet qui la couvrent, presque à ses portes. Mais le nombre l'eût emporté sans doute, et les Autrichiens, vigoureusement conduits, auraient enlevé ces positions et ces retranchements, par la raison qu'ils élaient cinq contre un.
Le Dieu de la justice et du droit, le Dieu de l'indépendance et de la liberté, ne l'a pas voulu. Il a sauvé le faible d'un premier revers en aveuglant le fort, jusqu'à ce que l’armée française, entièrement arrivée et complétement armée, se trouvât sur le théâtre de la guerre, prête au combat pour arracher le Piémont des mains de l'Autriche. Mais du 2 au 18 mai seize jours vont s’écouler encore en combats d’avant-postes, en escarmouches de tirailleurs et en engagements d'avant-gardes où ne figureront que les Autrichiens et les Piémontais.
J'ai montré l'armée sarde se retirant d’abord en arrière de la première ligne militaire et ne défendant pas le passage du Tessin, puis én arriére de la seconde ligne militaire, abandonnant surtout à l'ennemi le cours de la Sésia. Les défenses de la rive gauche du Pô se trouvaient ainsi tombées au pouvoir de l’armée autrichienne depuis le Tessin jusqu'à la Dora Baltea.
Ici apparaissent les dispositions que les Piémontais avaient piises pour résister aux Autrichiens. Cette troisième ligne militaire commence à Ivrée sur la Dora Baltea, qu'elle suit en passant à Chivasso jusqu'à l'embouchure de cette rivière, sur la rive gauche du PÔ, dans lequel elle se jette,
Cette même ligne défensive s'étend ensuite de ce point qui est dans la direction de Crescentino, ainsi qu'on le sait déjà, jusqu’à Cambio ; enfin,
elle se prolonge le long de la Scrivia jusqu'à Gavi pour aboutir ensuite à Gênes par les Apennins.
Cette chaine de montagne forme avec la Serivia, à partir du point où cette rivière se réunit au Pô, la dernière partie de la ligne de défense qui part d'Ivrée.
C'est au centre de cette ligne que le Pô forme avec le Tanaro un angle qui, en traversant un espace de quarante kilomètres, aboutit par ses extrémités-vers le sud à Alexandrie, vers le nord à Casale.
C'est entre Alexandrie et Casale, à égale distance de l'une et de l'autre, que se trouve Valenza.
La situation qu'occupent Alexandrie, Casale et Valenza constituait une très-heureuse et très-forte position défensive. C’est donc dans cette position que s'étaient concentrées les forces piémontaises.
On sait que le roi Victor-Emmanuel I}, ayant quitté Turin pour aller prendre le commandement en chef de ses troupes, s'était rendu à son quartier général de San Salvatore. Cette ville est située entre Valenza et Alexandrie. Le roi de Sardaigne y arrivait le jour même où toutes les forces autrichiennes achevaient d'entrer sur le territoire piémontais.
Le choix de San Salvatore pour centre des opérations défensives de l’armée piémontaise avait été décidé d’après la certitude qu'on avait qu'à ee moment-là le comte François Giulay se proposait de forcer les lignes sardes, afin de couper la ligne de communication ét de jonction de la Dora Ballea avec Alexandrie. San Salvatore est situé sur le revers des collines de Montferrat. Cette position domine la plaine et le cours du Pô et de là on peut se porter à volonté et avec facilité soit à Casale, soit à Valenza, soit à Alexandrie. San Salvatore était donc heureusement placé pour surveiller et déjouer les mouvements de l'armée autrichienne.
J'ai laissé les troupes de François-Joseph [”, à la date du 2 mai 1859, occupant Novare, Verceil et Mortara, se maintenant surtout en force sur la rive gauche du Pô, mais marchant aussi, bien qu'en moins grand nombre, vers Stradella, sur la rive droite de ce fleuve. Le lendemain les Autrichiens laissent mieux entrevoir leur plan d'opérations. Un corps arrive à Trino, un peu au-dessus de Casale, tandis qu'à la droite de cette ville un autre corps fait des préparatifs pour forcer le passage. Évidemment le comte François Giulay se proposait alors de faire passer la plus grande partie de ses troupes sur la rive droite du P6, de se rendre maitre du cours de la Serivia et d'intercepter les communications entre Gênes et Alexandrie. Déjà maître du cours de la Sésia, 1l aurait également essayé de couper celles d'Alexandrie avec Turin, en maintenant, dans ce dessein, des forces suffisantes sur la rive gauche du fleuve,
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Mais la bravoure des Piémontais fil échouer, dès le début, l'exécution de ce plan. Les Autrichiens avaient jeté deux ponts sur le Pô : l’un entre le bourg de Cambio, situé sur la rive gauche, et le bourg de Sale, situé sur la rive droite, au-dessus du confluent de la Scrivia et au-dessous du con-
fluent du Tanaro; l'autre, entre la Serivia et le Curone, tout près des
villages de Gerolo et de Carnale. Ces deux ponts construits, ils avaient traversé le PÔô dans la soirée, passant de la rive gauche sur la rive droite ; puis ils avaient occupé CasteInuovo, Ponte-Curone, Voghera et Tortone.
Les Piémontais et les Autrichiens allaient enfin se rencontrer face à face sur le champ de bataille dans un premier engagement digne de figurer dans des annales militaires. Deux jours avant, un fait d'armes cependant avait déjà signalé la campagne de 1859, à l'honneur d'un escadron de cavalerie sarde appartenant au régiment de Saluces. Attaqué par des forces supérieures rencontrées à l'improviste, le capitaine Colli avait, à la tête de cet escadron, attendu et repoussé environ mille Autrichiens, n'ayant perdu que deux hommes et laissant sur le champ de bataille le corps de l'officier ennemi qui commandait ce détachement, traversé par le sabre d’un brigadier piémontais.
On vient de voir que les Autrichiens avaient construit sur le PÔ deux ponts qui leur servirent à traverser le fleuve dans la direction de Tortone et de Voghera, pendant la soirée du 3 mai 1859. Le même jour, soit pour protéger cette opération et masquer ce mouvement, soit dans le but réel de forcer les lignes piémontaises entre Casale et Valenza, le comte François Giulay fit engager une vive canonnade contre ces lignes dans les environs de ces deux places. Cette canonnade eut lieu, d'abord auprès de Casale, ensuite au-dessous de Valenza, à Frassinetto. Ce fut leur première attaque ; ce fut aussi leur première défaite.
Le premier bulletin officiel daté de Turin qui parle de ces engagements disait que dans la journée du 5 mai l'ennemi avait cononné dans la direction de Valenza sans aucun effet, voulant sans doute détruire la pile du pont que le chemin de fer traverse à cette hauteur, et qu'il s'était ensuite
avancé de’ Cambio dans la direction de Sale. Un autre bulletin daté du
quartier général de San Salvatore, publié par ordre du roi et signé par le chef d'état-major général de l'armée piémontaise, disait que dans la nuit du 5 au 4 l'ennemi avait construit une batterie au pont du chemin de fer, près de Valenza, et que dans la matinée du # il avait ouvert un feu très-vif contre les lignes premontaises. Ce même bulletin ajoutait que le 8° bataillon des tirailleurs et la 18° batterie de bataille, qui avaient été placés à ce poste, s'élaient vaillamment distingués par leur courage et leur intrépidité; après trois heures de canonnade, ils avaient contraint l'ennemi à cesser le feu,
On avait eu à déplorer la perte du capitaine d'artillerie Robert, tué par une balle de fusil; du caporal des tirailleurs Albini, qui, blessé mortellement, -s'était trainé encore vers une élévation de terrain pour continuer le: feu. Les Piémontais avaient eu également dix blessés sur ce pot. | |
Voici maintenant le récit complet, officiellement rédigé par les soins du chef d'état-major général de l'armée piémontaise des opérations spéciales de Frassinetto, récit dans lequel cet officier général va prendre la parole :
«Le 5 mai, vers les quatre heures et un quart de l'après-midi, l'ennemi a opéré une forte reconnaissance offensive sur la rive gauche du Po, en face de Frassinetto, avec tentative pour passer sur la rive droite. Après avoir établi ses forces à la hauteur de Terra-Nuova, derrière la levée de la rivière, il a ouvert contre nos avant-postes un feu très-vif de mousqueterie et de fusées. |
« Le 17° régiment d'infanterie, avec la 17° batterie, de garde en cet endroit, a soutenu avec intrépidité le feu vif dé l'ennemi. Le major général Cialdini, averti par les détonations du canon, s’est empressé de sortir de Casale avec le 15° régiment d'infanterie, deux escadrons de chevau-légers-Montferrat, et la 3° batterie de bataille, afin de venir en aide aux troupes dé Frassinetto et de repousser l'ennemi au delà de la rivière, s'il était parvenu à la passer; mais, avant qu'il fût arrivé sur les lieux, à la nuit noire, l'ennemi avait déjà cessé le feu et s'était replié.
-« Dans la nuit du 3 au 4, vers une heure et demie du malin, l'ennemi a tenté de construire deux ponts de bateaux en face de Frassinetto; mais, assailli par le feu de nos batteries, il a dû renoncer à son projet, et, vers les huit heures du matin, se retirer de nouveau.
« Les reconnaissances faites par les. troupes de Casale ont constaté que l'ennemi avait abandonné Balzola et plus tard Terra-Nuova et Villa-Nuova. Nous avons à déplorer la perte de 6 morts et 27 blessés, sous-officiers et soldats. »
Le lendemain, l’ordre du jour suivant était distribué dans tous les rangs de l’armée piémontaise : |
« Quartier général principal de l'armée, Alexandrie, 5 mai.
« Dans les journées des 3 et # mai, l'ennemi a songé à passer le Pô vis-à-vis de Frassinetto et de Valenza. Le 17° régiment, le S° bataillon de
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tirailleurs, la 1°, la 17° et la 48° batteries préposées à la garde de ces positions, ont soutenu avec intrépidité le feu de l'ennemi, si bien qu'ils ont fait échouer toutes ses tentatives. Sa Majesté le roi, très-satisfait de l'attitude ferme et digne d’éloges de ses troupes et de l’intelligente direction qui leur a été donnée par leurs chefs, le colonel Bozoli, le major Volpe Claudi et les capitaines Sobrero, Dho et Roberti, a donné l’ordre au chef d'état-major soussigné de le faire savoir à tous les corps de l'armée par le présent ordre du jour, le roi étant persuadé que ce premier résultat sera suivi d'autres plus grands qui accroitront la réputation et la gloire de l'armée piémontaise.
«€ D'ordre du roi :
« Le lieutenant général chef d'état-major,
« Decra Rocca. »
Dans toute cette affaire, les Piémontais n'avaient eu pi six morts el vingt-sept blessés.
Pendant que les Autrichiens étaient battus à Frassinetto et à Valenza. ils attaquaient la tête du pont de Casale. Cette démonstration avait pour but de couvrir les reconnaissances poussées le long du Pô jusqu’à Trino, à seize kilomètres de Casale, sur la route de Turin. Le double échec.que ses troupes venaient de subir à Valenza et à Frassimetto décida le comte François Giulay à donner aux corps qui opéraient ce mouvement l'ordre de se replier sur Verceil. C'est ce qu'ils firent dans la journée du 5 mai.
C'est alors que les Autrichiens commencèrent: à construire autour de Verceil des ouvrages défensifs, forçant la population de cette ville d'y travailler de ses propres mains. Dans la soirée du 5 mai, ils occupèrent momentanément Trino et Pobiello. Le lendemain, ils avaient déjà abandonné ces deux localités, qui ont été, du côté de la Dora Baltea, la limite extrême des mouvements en avant de l’armée d’invasion. Dans cette même soirée du 5 mai, une patrouille de soldats piémontais s'était emparée d’une grande quantité de bois que l'ennemi avait fait transporter sur les rives de la Sésia sé 3 construire un pe entre Terra-Nuova et Candia. #)
C'est dans cette même soirée du 5 mai que les Autrichiens s'étaient dirigés de Castemuovo sur la Scrivia jusqu’à Tortone, s'avançant ainsi sur la rive droite du Pô; mais cette expédition n'eut aucun résultat. Le lendemain, après avoir brûlé sept arches du pont en bois établi sur la Serivia, el fait sauter, à l'aide de mines, le pont du chemin de fer, qui existait sur la même rivière, après avoir extorqué des vivres et des fourrages, ils
sortent tout à coup de Tortone et vont camper hors de cette ville, à la porte Castelnuovo. |
Dans les journées du 6 et du 7 mai, les Autrichiens continuent ce mouvement de retraite précipitée et inexpliquée. Le 6, ils évacuent Castelnuovo, Ponte-Curone et Voghera, se dirigeant d’abord sur Caset et Gerola, et se préparant à incendier le pont de cette dernière bourgade. Le 7, ils abandonnent également Casei et Gerola, repassent le Pô sur ce même pont qu'ils avaient construit et qu'ils détruisent, pour aller se masser dans les bois qui bordent la rive gauche du fleuve. Derrière eux et pendant qu'ils se retirent de la contrée, les Piémontais rétablissent en bon état, sur la Scrivia, vers Tortone, le pont du chemin de fer endommagé, la veille, par l'ennemi. |
Ainsi toute l'aile gauche de l’armée autrichienne, après avoir un instant essayé de s'établir en force sur la rive droite du PÔ, dans la direction de Tortone et de Voghera, se retire à la hâte de cette position, ayant seulement poussé, pendant quelques heures, ses avant-postes jusqu à Sale et Mede, Piave del Cairo, Castelnuovo et Scrivia. :
Dans le même temps, le général Cialdini exécutait de Casale des sorties heureuses, enlevant à l'ennemi des hommes et des bestiaux. Voici dans quels termes ces différents épisodes sont officiellement racontés par le chef d'état-major général de l'armée piémontaise :
« Du quartier général principal de l’armée, San Salvatore, 7 mai 1859.
« Hier matin, le général Cialdini a exécuté une sortie de la place de Casale. 1 a pris à l'ennemi un gros convoi de bestiaux, que celui-ci avait enlevé. 1} y avait soixante-quatre bœufs, deux cent quatre-vingt trois vaches, cinquante et une génisses, cinquante-quatre veaux, deux béliers, six taureaux, dix chevaux : en tout quatre cent soixante-dix têtes de bétail. Dans cette sortie ont été blessés un officier et trois soldats.
« Une reconnaissance envoyée d'Alexandrie a constaté que l'ennemi avait abandonné, dans l'après-midi d'hier, Castelnuovo, Scrivia, Caseï, Alzano et Molino dei Tosti, se portant sur Gerola.
« Les avant-postes de l'ennemi, vers Voghera, Ponte-Curone et Tortone, se sont repliés en toute hâte quand les troupes de notre deuxième division se sont présentées sur la Scrivia, laissant cinq prisonniers entre nos mains. Le pont du chemin de fer, sur la Scrivia, à été complétement réparé par les nôtres, et le pont en bois rétabli dans la moitié de sa largeur, de manière que l’on peut y passer avec des voitures et des chevaux.
« Il résulte de source sûre que les Autrichiens ont repassé le PO sur le
pont qu'ils avaient jeté près de Gerola. Le passage des troupes a commencé à trois heures et demie de l'après-midi, le 6 mai, et il a duré jusqu'à deux heures après minuit. L'ennemi emporte avec lui les vivres et les objets qu'il avait reçus. Après le passage effectué, l'ennemi a démoli le pont. Il se maintient toujours dans Le bas, sur la rive gauche du PÔ.
« Par ordre de Sa Majesté :
« Le lieutenant général en chef d'état-major,
« DELLA Rocca. »
Après avoir manifesté l'intention de se diriger sur Turin, le comte François Giulay avait semblé modifier son plan d'invasion et vouloir menacer Alexandrie. Maintenant, il changeait une seconde fois son système d'opérations et paraissait revenir à sa première résolution de se porter sur la capitale du Piémont. Dès le 8 mai, l'armée d'invasion marche, en effet, dans la direction de cette ville, à la fois par Biella et par Saluzolla. Elle occupe d’abord ces diverses localités avec des forces considérables ; puis, comme dans les changements de décors d'un opéra, le plan d'opérations du comte François Giulay se modifie encore, toujours à l'improvisle. |
Devant une simple manifestation de la garde nationale d'Ivrée, l'armée d'invasion s'arrête en avant dé cette ville, au moment même où la population de Turm, se croyant menacée, S ‘apprêtait à recevoir vaillamment et à combattre énergiquement les troupes autrichiennes. C'est de Biella que les soldats de François-Joseph F° avaient voulu se diriger sur Ivréc ; déjà ils s'étaient mis en route pour cette dernière ville, lorsqu'un brusque mouvement de retraite les fil revenir en arrière.
En deux jours, les Autrichiens évacuent Bella, Livorno, Tronzano, Santia, Cavaglia, Saluzolla, avec une précipitation telle, qu'ils abandonnent les vivres et les fourrages dont ils se sont emparés, pour se retirer plus promptement derrière la Sesia. Dans la soirée du 10 mai, ils s'é-
{aient concentrés près de Casale, n'ayant plus à Verceil que des troupes d'arrière-garde.
L'invasion de la capitale du Piémont par les Autrichiens avait paru un instant si imminente, que le lieutenant général du royaume, le prince de Carignan, avait Lout disposé pour sa défense, dont la direction avait été confiée au général de Sonnaz, qui devait surtout compter sur le courage et le patriotisme de la garde nationale.
Ce courage et ce patriotisme ne furent pas mis à l’épreuve; le dcr
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L'ITALIE CONFÉDÉRÉE Fo qu'on prévoyait ne se produisit pas. Mais celte milice avait mis tant d'ardeur et d’élan à répondre à l'appel du prince de Carignan et du général de Sonnaz, que le gouvernement de la lieutenance générale du royaume voulut lui en témoigner sa satisfaction, en publiant l'ordre du jour suivant :
« Officiers et soldats!
« Ces jours derniers, au moment où il semblait que l'ennemi s'avançait non-seulement pour rançonner les populations sans défense, mais encore pour assaillir la capitale, le gouvernement, résolu aux fortes épreuves, s'était adressé avec confiance à la garde nationale de Turin, dans l'espoir que de nombreux volontaires accourraient pour renforcer la partie de l'armée qui se préparait à la défense.
« La garde nationale s'est présentée tout entière, pre à soutenir le choc.
« Lieutenant du royaume, je m'en félicite grandement; commandant général des gardes nationales du royaume, je ressens une satisfaction toute spéciale ; il m'est doux de vous en rendre témoignage devant le pays. Si l’obéissance à la volonté du roi et les soins de État me privent de partager les fatigues et les périls quotidiens de notre brave armée, je me console par la pensée que, pour la liberté, indépendance et l'honneur de la patrie, nous sommes tous soldats.
« Turin, 11 mai 1859.